
SYNOPSISÀ peine entré au collège qu'Umeo Masaki est déjà au centre d'une bagarre ! Qualifié d'enfant à problèmes, ce dernier devient très vite la bête noire de ses petits camarades, malgré les recommandations de sa grande s?ur bienveillante. Un jour, Umeo découvre par hasard le club d'aïkido d'à côté. Impressionné par cet art martial, il décide de s'y inscrire, bien décidé à devenir plus fort que jamais. Mais quelle est donc la raison de ce penchant vers la violence ? Serait-ce lié à ce fait divers marquant qui dit qu'une femme a poignardé son fils, un jeune homme violent et sans emploi ? AVISTomo Taketomi signe avec Evil Heart un manga racontant l'histoire d'un petit garçon comme il en existe plein à travers le monde, dont la vie pas facile va réveiller chez lui des pulsions bestiales au départ incompréhensibles, mais qui trouveront vite un semblant d'explication en fin d'ouvrage. Une série qui ne paie pas de mine, mais qui parvient malgré tout à prendre aux tripes.
Si le début très classique fait penser à un shônen manga sur l'aïkido, notamment à travers la narration assez enjouée et les mimiques rigolotes des protagonistes, la suite, bien plus sombre et dramatique, permet au lecteur un moment de réflexion sur la vie du jeune Umeo et sur la réalité de son traumatisme. On comprend ainsi, après lecture de ce premier tome, les raisons qui font que l'histoire d'Evil Heart s'adresse avant tout à un public adulte, du moins mature. Ça paraît commun à dire comme ça, mais le fait divers qui s'est déroulé chez les Masaki, aussi tragique soit-il, n'a rien d'exceptionnel en soi, compte tenu de la multiplicité des horreurs rapportées quotidiennement dans les colonnes de la presse écrite. Ce qui est intéressant en revanche, c'est de voir le regard porté par les autres sur cet incident, d'assister au changement de comportement progressif du petit héros de l'histoire, de voir comment, par le biais d'un art martial qui prône le contrôle du corps et de l'esprit, il parviendra (si tant est qu'il y parvienne) à se contenir face à des situations extrêmement difficiles. Chaque évolution prend du temps, c'est pourquoi il ne sera pas rare d'assister dans ce volume à quelques bagarres pleines de haine (un peu trop chorégraphiées pour être réalistes, cela dit) faisant état du mental rageur d'Umeo. Tout l'intérêt est maintenant de savoir comment va se dérouler le dénouement de cette courte série, en espérant tout de même qu'il parviendra à surprendre un minimum.
Les dessins de Tomo Taketomi se dévoilent pour la première fois au grand jour pour le public français. Même si son style n'a rien d'extraordinaire, on note qu'il s'éloigne pas mal du graphisme nippon, se rapprochant de par certains détails au trait de Naoki Urasawa (Monster, 20th Century Boys), et donc un peu de la BD européenne. Les visages des personnages sont très expressifs, à défaut d'avoir du charisme (même ce n'est pas à priori l'effet recherché), le découpage des actions est percutant et le cadrage très agréable à suivre.
Voilà un manga surprenant, offrant au lecteur quelque chose d'assez poignant et prenant, largement suffisant pour parvenir à susciter chez lui une attente réelle jusqu'à la sortie du deuxième volume. Une bonne surprise. ADAPTATION FRANÇAISEKana signe là une édition qui, comme à son habitude, est des plus soignées. L'impression, la reliure, etc., ne souffrent pas de défaut particulier. Côté prépresse, le lettrage maintenant habituel de l'éditeur garde sa place, avec un soin visible accordé à cette tâche. La traduction est convenable, on déplore un peu cependant un manque de naturel assez flagrant de certaines répliques (d'Ume en particulier), peut-être un peu trop "correctes" pour être crédibles (a-t-on déjà vu un gosse de 6e dire "désormais" de son plein gré ?) et trop littérales parfois (les fameux "Toi..." en suspension, très typique de la langue japonaise). Sens de lecture japonais, à noter qu'il y a quelques pages en couleurs en début d'ouvrage.
DU MÊME AUTEUR

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RYO23/11/2006 |
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