
SYNOPSISÀ cause de la trop grande violence qui fait rage un peu partout à travers le monde, de nombreux combattants professionnels ont été châtiés des tournois d'arts martiaux et autres compétitions de ce genre. Ainsi, ce groupe d'exclus, composé avant tout de combattants purs et durs, et pour qui le combat représente tout, se réunit dans les rues pour se battre. Chacun amène avec lui un drapeau symbolisant l'essence même de sa propre existance. C'est comme cela qu'est né le "Flag Fight", duel dans lequel le perdant doit remettre son drapeau à l'adversaire. Et pour couronner le tout, une rumeur dit que celui qui parviendrait à rassembler mille drapeaux gouvernerait le monde. Mais la vérité est tout autre, et c'est ce que va essayer de vérifier un certain Reppa Kagura. AVISNé de l'esprit du mangaka Masaomi Kanzaki, Flag Fighter est ce qu'on pourrait appeler un shônen manga typé par excellence. Tout (ou presque) a déjà été vu autre part, les inspirations sont nombreuses, les schémas narratifs classiques au possible. Décortiquons : nous avons un héros aux aptitudes impressionnantes mais dont le potentiel est caché, il rencontre un vieux maître pervers qui va l'aider à trouver cette force. On a bien sûr droit au type taciturne qui se la pète grave avec son style de beau gosse et qui s'alliera momentanément avec le héros, mais aussi la fille garçon manqué, etc. Vous l'aurez compris, ce n'est pas ce qu'il y a de plus original, quoi. Composé de cinq volumes seulement, certainement parce que le public japonais l'a boudé, ce manga n'a pas pu être aussi développé que prévu. Et pourtant une fois tout ça digéré, l'air de rien, il a plein de qualités qui pourraient bien séduire le public masculin (essentiellement). Les dessins sont vraiment bons, on retrouve en ce qui concerne la musculature des personnages un style proche à celui d'Akira Toriyama (vous savez, le côté "carré"), d'ailleurs à un moment il y a une référence à Dragon Ball. Tous les traits sont nets et précis, les combats sont bien construits et très rythmés grâce à un cadrage percutant et très bien découpé. De ce côté-là, c'est du grand art. On note aussi que l'auteur est beaucoup influencé par les jeux vidéo, notamment ceux de baston, les adeptes auront sûrement relevé des ressemblances entre le "Sonic Blast" d'Okamura et le "Sonic Boom" de Guile de Street Fighter, ou encore le "Black Dog" de Jinpachi avec le "Plasma Sword" combiné avec l'attaque de Poppy, le chien de Galford dans Samurai Spirits, mais bon, je dois vous ennuyer avec mes références en jeux vidéo, non ? Pour continuer dans les ressemblances, on remarquera que le héros de l'histoire, Reppa donc, a un "petit" air d'un certain Hiei dans une "petite" série nommée Yûyû Hakusho, de plus ils maîtrisent tout deux une technique de "dragon"... Enfin, outre l'aspect baston qui prédomine bien évidemment dans l'histoire, l'auteur nous interroge aussi sur un problème assez intéressant, à savoir la frontière entre l'enfance et l'âge adulte. Grâce à de très bons passages, une certaine émotion parviendra peut-être à touché le lecteur, en tout cas, c'est ce que j'ai ressenti en lisant ce manga.
Une œuvre qui certes peut être considérée comme un banal amusement pour les plus jeunes, ce qui n'est pas faux quand on lit la plupart des répliques des protagonistes, mais qui montre tout de même des bonnes choses : un dessin très maîtrisé et une certaine réflexion sur un problème de société. Maintenant il est dommage que tout s'est arrêté si brutalement, on voit bien en lisant que l'auteur planifiait d'autres bagarres à l'horizon. Enfin je ne vous mentirais pas en vous disant que ce manga est réservé plus particulièrement aux amateurs de combats, et même si ce n'est pas ce qu'il se fait de mieux, ça reste très bien fait sur ce plan-là. ADAPTATION FRANÇAISESorti depuis bien longtemps et arrêté d'être publié au moment où j'écris ces lignes, et pour cause, l'éditeur Manga Player a déposé le bilan, Flag Fighter a bénéficié d'une adaptation hasardeuse en ce qui concerne les deux premiers volumes. L'impression est ratée et rappelle les premières éditions Tonkam, c'est-à-dire qu'on ne voit pas le noir et que tout est grisé, voire pixélisé. La police de caractère n'est pas idéale pour le style de dessin de l'auteur mais reste lisible. Puis à partir du volume 3, on passe à ce qu'on connaît chez Pika (Manga Player est devenu Pika pour ceux qui l'ignoraient), à savoir un encrage bien meilleur et une nouvelle police assez bien choisie. Les jaquettes sont hideuses, notamment à cause de logo "Manga Player", mais aussi parce qu'il manque des fonds par rapport à la version originale (qui au passage a été rééditée au Japon en version Deluxe avec de plus belles couvertures). Les onomatopées sont retravaillées mais cachent une bonne partie du dessin (surtout à partir du volume 3), le sens de lecture est occidentalisé, ce qui entraîne des inversions de kanji, parfois retournés, parfois non. Et pour finir, on note que les traducteurs ne sont pas les mêmes entre les volumes, dans les premiers, les gros mots fusaient assez facilement alors que vers la fin ça s'est calmé, même s'il en reste encore ; c'est disons plus tempéré, là je ne saurais vous dire qui a été le plus fidèle parmi les traducteurs. Une adaptation qui méritait mieux... Enfin comme Pika ne se décide pas à reprendre l'adaptation de ce manga, ça ne sert à rien de revenir là-dessus.
DU MÊME AUTEUR

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RYO17/06/2002 |
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