
SYNOPSISL'histoire commence en Malaisie, un pays comme tant d'autres qui n'est pas épargné par les syndicats du crime. Pour Mayo dit le "cheval", un tueur professionnel, la vie ne vaut pas plus que 5 dollars, c'est d'ailleurs somme qu'il demande à ses clients pour faire son boulot. Il sera un jour sollicité par une dangereuse organisation pour exécuter la mère de la jeune Shion, une prostituée encore mineure. Contre toute attente, Mayo a apparemment eu pitié de ces deux dernières proies et s'en retourne contre l'organisation. Évidemment, la riposte risque d'être plutôt violente, et c'est en la personne d'Angel, un flic corrompu aux tendances pour le moins masochistes que le jeune homme va trouver à qui parler. AVISÀ travers ce récit de Buronson (Ken le survivant, Sanctuary) servi par des dessins de Ryôichi Ikegami (Sanctuary, Crying Freeman, Nouvelles de littérature japonaise), on est plongé dans l'univers terrible et malsaine de la pègre et autres organisations mafieuses. Rappelant pour ainsi dire certains films HK (Le Syndicat du Crime, The Killer), du moins en ce qui concerne l'ambiance, ce premier volume de Strain nous présente un type du nom de Mayo, un tueur professionnel très charismatique mais qui visiblement niveau expressivité est aussi froid qu'un glaçon. C'est un caractère trempé bien typique de ce genre de personnage qui abat machinalement sa victime, sans état d'âme, que les amateurs du genre ont l'habitude de voir. Le scénario, tournant autour du pouvoir et de l'argent, semble bien partie pour nous montrer, entre autres, de bons affrontements entre Mayo et des experts dans l'art de tuer. Ce qui donnera une bonne occasion à Ikegami de montrer tout l'étendu de son art dans les scènes d'action. Maintenant, en ce qui concerne la trame de l'histoire en elle même, on ne peut pas dire qu'elle brille d'originalité. Car même si la mise en scène est très accrocheuse et soutenue, ça n'en reste pas moins très classique. Les effets de surprise sont assez facilement décelables, mais n'empêche pas que la narration se développe bien au fur et à mesure que l'histoire avance, avec de bonnes transitions, visuelles notamment. Entre les scènes (ultra)violentes et les scènes de sexe, car oui il y en a, et de manière assez explicite même, on peut tout de même retrouver des moments doux de par le regard de ce tueur qui n'avait apparemment plus foi en l'homme, allant même jusqu'à estimer la vie de chacun, et par la même occasion la sienne, à un petit billet vers, depuis sa rencontre avec la jeune Shion. Bon d'accord, on a toujours du mal à voir dans le visage de Mayo un quelconque changement d'expression, car il reste malgré tout sérieux et taciturne. Justement en parlant de ça, bien que le manga date un peu, force est de constater que les dessins d'Ikegami sont de toute beauté, et pour ainsi dire photoréalistes. Même remarque en ce qui concerne les décors, particulièrement les paysages urbains qui sont vraiment très réussis. Le cadrage est classique, très facile à suivre, dans la lignée des manga de ce type. Les plans sont très bien choisis et tout s'enchaîne naturellement pour un plaisir de lecture nettement plus renforcé.
Pour résumer un peu, Strain est un manga réservé à un public averti (adulte) à cause de l'ambiance générale qui s'en dégage. Les situations peuvent s'avérer assez "choquantes" pour les plus sensibles, mais si l'on sait à quoi s'attendre, ça devrait aller à ce niveau-là (on a déjà vu plus choquant). Les dessins sont très beaux, et le scénario bien que classique, tient la route. Pour ce premier tome que j'ai littéralement dévoré, je vous recommande chaudement cette courte série. ADAPTATION FRANÇAISECe nouvel éditeur commence avec un très bon titre. Dommage qu'Akuma (c'est son nom) ait repris l'édition américaine de Viz. Le sens de lecture est donc occidentalisé, l'impression est assez moyenne, on approche plus des 3/4 de ton que du noir 100 % en ce qui concerne les aplats. Le format est bien plus grand qu'un manga classique, il respecte donc celui de la VO à ce niveau, la jaquette aussi d'ailleurs qui est très belle (mieux que celle de Viz), identique à quelques détails près à celle parue au Japon. La reliure est bonne, ce qui de plus ne se fait pas aux détriments de la qualité des pages également robuste. Le plus gros défaut vient surtout des cases inversées, pour les écriteaux en kanji par exemple (et d'ailleurs pas tout le temps) mal positionnnées (espaces non respectés) sur les planches, ternissant ainsi le travail professionnel d'Ikegami. Vraiment dommage. La traduction quant à elle est bonne apparemment, du moins j'ai trouvé les phrases très naturelles. Le prix reste élevé mais de par le nombre de pages et le format, c'est à "relativement" justifié.
DU MÊME AUTEUR

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RYO20/06/2002 |
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