
AVISAprès ce qui semble être la conclusion du duel opposant L à Kira, plusieurs années se sont écoulées. La cellule d'enquête dirigée par Sôichirô Yagami est toujours active mais l'enquête piétine bel et bien. Parallèlement à cela, de nouveaux protagonistes entrent en scène pour contrecarrer les plans du nouveau "dieu" du monde moderne. Les desseins de Light Yagami seront-ils menés à bien ? Parviendra-t-il à manipuler avec l'habileté qui le caractérise tous les nouveaux facteurs qui l'ont propulsé au statut qu'il occupe aujourd'hui ? La partie (re)commence...
Attention, risque de spoiler. Nous voici arrivés au dénouement de cette incroyable série. Après une douzaine de volumes où stratégies, manipulations et combats psychologiques se sont mêlés, ça y est, l'affaire Kira s'achève d'une bien belle manière. Un final tout ce qu'il y a de plus logique avec son lot de rebondissements. Quelques bémols, toutefois.
Alors que le premier round a été assez magistralement mené, même si quelques longueurs sont survenues de temps en temps, principalement à cause du côté trop explicatif des raisonnements des différents protagonistes, le seconde, en revanche, malgré une belle finition d'ensemble, propose parfois des solutions vraiment improbables, voire même carrément irréalistes pour tromper la vigilance de Kira (l'explication finale de Near). Dans cette partie aussi, on n'échappe pas aux textes un brin tarabiscotés des deux camps, avec des effets de suspense superflus qui n'en finissent pas. Ce "remplissage" est clairement le point négatif du manga, car la lecture s'en retrouve pour le coup assez fastidieuse par moments. Mais hormis ce défaut et paradoxalement le côté un brin expéditif de certaines situations, Death Note confirme son statut de manga culte. Le personnage de Light, anti-héros par excellence, se révèle on ne peut plus fascinant, si l'on devait reprendre les paroles de Ryûk, le Dieu de la mort. Il est à lui seul quasiment le seul centre d'intérêt de l'ouvrage. Assister au développement de sa face la plus sombre, voire crapuleuse, donne aux lecteurs un sentiment étrange qui se situe entre admiration et dégoût. Voir avec quelle froideur et légèreté il parle de la vie de ceux qui l'entourent fait toujours son petit effet, ça marche d'autant mieux que ce grand malade au visage d'ange joue son rôle d'hypocrite à la perfection. Les moments clés où son vrai visage se dévoile font toujours un peu froid dans le dos, le premier L l'a ainsi découvert dans les circonstances que l'on connaît. Sa suffisance, mais aussi sa fourberie (car il est tout sauf fairplay) lui ont permis d'atteindre des sommets, à ce moment-là, rien ne semblait plus pouvoir l'arrêter, même si l'on se doutait bien que ça ne pouvait pas se terminer si facilement. On ne regrette pas d'avoir attendu, une descente aux "enfers" assez épique en soi.
Pour ce qui est du côté graphique, on peut dire qu'Obata aura réussi à être d'une constance assez remarquable du début à la fin. On note tout de même quelques moments de paresse (sûrement qu'il fallait boucler les planches au plus vite), où certains détails vraiment "complexes" disparaissent d'un chapitre à l'autre (les cheveux de Near notamment). Le cadrage est toujours aussi sommaire (la rigueur n'est cependant pas parfaite), et permet une lisibilité adéquate pour un manga de ce genre. On apprécie aussi le soin accordé aux décors, et la variété des séquences avec Near (un jeu différent à chaque apparition !).
Death Note se termine et ne déçoit pas. Un manga intelligent qui permet de se poser des questions sur l'importance accordée à la vie dans la société moderne. Une grande série un peu ternie par une lecture pas toujours très limpide, mais qui aura mis en scène de grands moments d'affrontement à distance. ADAPTATION FRANÇAISEPas moins de trois traducteurs se sont succédé dans cette édition signée Kana. On se demande bien pourquoi. Le travail n'a pas dû être facile, vu la quantité de textes à chaque volume, on note cependant des réajustements entre les volumes (comme le "Monde des morts" qui devient le "Monde des Dieux de la mort"), des phrases qui n'ont sensiblement pas la même nuance (ce qui dit Ryûk à Light dans le premier et le dernier volume). L'ensemble reste cependant bien tourné, pas de faute majeure rencontrée. La qualité matérielle est globalement constante (quelques ratés d'encrage de temps en temps). Le prix a un peu augmenté entre les volumes, mais rien de faramineux non plus. Sens de lecture japonais inchangé.
DU MÊME AUTEUR

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RYO28/02/2009 |
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