
SYNOPSISLa vie n'est pas toujours facile quand on est encore étudiant, surtout lorsque l'on porte peu d'intérêt aux cours. Dans ces moments d'ennui, souvent, on se demande ce que l'on pourrait bien faire de ses journées. Ainsi naissent des jeux entre camarades, des jeux, toutes sortes de jeux, des plus basiques comme le mah-jong à d'autres plus stupides permettant à leurs participants de frôler à chaque fois un peu plus le seuil de la mort. Telle est la vie quotidienne d'un étudiant désorienté à l'idée de progresser dans la vie. AVISLorsque j'ai découvert ce recueil, j'ai été tenté de le feuilleter grâce à sa couverture qui, même de loin, attire l'attention. C'était à l'époque où je détestais Amer Béton, alors croyez-moi, quand j'ai vu que le nom de l'auteur était le même que sur le manga des frères "chats", j'ai un peu hésité. Finalement, je me suis décidé à l'acheter sachant pertinemment qu'il n'y avait qu'un seul volume. Comme à son habitude, Taiyô Matsumoto adopte ce style de dessins qui le caractérise tant, ce style où rien n'est droit (même les bulles), et surtout, on a l'impression que tout est sale et difforme. Un style graphique qui en rebuterait plus d'un, mais à la longue, on s'y fait. On finit même par trouver ça beau. Les histoires de ce recueil sont essentiellement basées sur des faits de la vie quotidienne, mettant en scène des jeunes paumés qui ne savent pas quoi faire de leur temps. J'ai bien apprécié la première d'entre elles, "Si t'es heureux, frappe dans tes mains", elle montre d'un certain côté à quel point le Japon souffre, que la société va mal, elle dénonce un laisser-aller de la discipline parentale. Le dénouement était prévisible. On se sent un peu bête de voir ça, de voir ces jeunes s'ennuyer... de les voir mourir. Un autre exemple de nouvelles qui m'a intéressé, c'est "Paix", très graphique celui-là (cherchez, vous comprendrez), et surtout à la fin assez déroutante. Pour en finir avec les exemples, on retrouve des personnages d'œuvres antérieures du mangaka comme "Monsieur Suzuki", le yakuza. Je pourrais continuer à vous décrire les autres histoires, mais je préfère vous laisser le bénéfice de lire tout ça par vous-même. Sinon chose amusante, vous remarquerez que l'auteur, à travers des graffitis très présents dans ce manga, parvient à exprimer des messages qui ne sont pas tout le temps dénués d'intérêt. Printemps Bleu est donc une œuvre marginale, assez personnelle selon le mot de l'auteur à la fin du recueil, et tirée visiblement de quelques expériences vécues et dont un prénom récurent n'échappera à personne, celui de "Keiko". En tout cas, si je pouvais définir ce manga en un mot ce serait : enrichissant.
Taiyô Matsumoto, qui dit lui-même avoir été influencé par Katsuhiro Ôtomo (Akira) et Minetarô Mochizuki (Dragon Head), signe ici encore une fois un bel ouvrage. Non seulement il aura le mérite d'être assez unique en son genre (du moins en France), mais en plus, c'est "beau". Aujourd'hui, l'auteur peut être heureux car Aoi Haru (Printemps Bleu) sort au cinéma au Japon cet été 2002. En espérant qu'il soit un jour disponible en France, au moins en vidéo, ce serait bien. ADAPTATION FRANÇAISEL'adaptation de Tonkam n'est pas mal du tout. La version proposée dispose de pages de bonne qualité et dont huit en quadrichromie sur papier couché au début du volume. La traduction semble très bonne, ainsi que l'adaptation du texte. De légers défauts comme le remplissage des bulles et quelques fautes typographiques mineures viennent cependant un peu "gâcher" le travail. Enfin ne nous plaignons pas, le sens de lecture est conservé, la couverture aussi, on a droit à un grand format, un bon encrage... et même les onomatopées on été travaillées pour coller au style Matsumoto.
DU MÊME AUTEUR

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RYO20/07/2002 |
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