
SYNOPSISDans un futur assez lointain, le monde n'est plus constitué que de dunes de sable et d'habitations précaires. Seuls les plus forts, les plus malins et les moins scrupuleux arrivent à survivre. C'est par exemple le cas d'un certain Sunabôzu, dont la petite taille et l'apparence fragile ne sont pourtant pas à prendre à la légère. Il s'agit en effet d'un mercenaire de premier ordre qui mène toujours à bien les missions qu'on lui confie. Sa série de succès s'arrête toutefois le jour où il fait la rencontre d'une dénommée Junko Asagiri, une femme aux formes généreuses auxquelles il ne reste visiblement pas insensible. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est qu'il n'a pas fini d'entendre parler d'elle... AVISAu premier abord, c'est-à-dire en voyant la jaquette du manga, on ne se doute pas une seule seconde que Desert Punk est une série truffée d'humour. Bon, bien sûr, ce n'est pas l'essentiel dans l'œuvre de Masatoshi Usune, mais ce premier volume dédramatiserait presque l'ambiance post-apocalyptique dans laquelle sont plongés les personnages. Agréablement surprenant.
Qui est donc ce fameux Sunabôzu ? C'est la question qu'on se pose tout au long de la lecture de ce manga. Notre attente est heureusement assez vite récompensée au chapitre 4. Mais avant de découvrir la vérité sur son compte, il faut dire que les premières présentations avec lui ont fait leur effet, c'est le moins qu'on puisse dire. Pas vraiment taillé pour être un héros à la Kenshirô, et pourtant, l'univers dans lequel il évolue aurait pu donner des idées à son auteur, ce drôle de bonhomme fait montre d'un ingénieux savoir-faire militaire, en envoyant valser des adversaires plus costauds que lui grâce à d'habiles stratagèmes (intéressant lorsqu'on sait qu'ils sont expliqués à la fin). Les différents récits sont plus ou moins indépendants les uns des autres, pas véritablement d'intrigue à proprement parler, du moins pour le moment, même si on se doute que l'histoire avec la drôle de clé en possession de Junko va se poursuivre encore un moment. Si ces missions non dénuées d'humour sont plaisantes à suivre, c'est avant tout grâce à la personnalité de Sunabôzu qui, en plus d'être un subtil petit insolent (les dialogues qu'il échange avec ses ennemis sont assez savoureux), montre ses penchants pervers à la vue de la première jolie fille venue, ce qui ne manquera évidemment pas de lui jouer des tours. Les coups de théâtre ne sont pas rares d'un chapitre à l'autre, même si prévisibles dans la plupart des cas, ils ne manqueront pas en tout cas de vous faire passer une bon moment en compagnie de Sunabôzu. Une lecture plutôt adulte certes (catégorie Seinen Manga), mais finalement très bon enfant pour le moment...
S'il y a bien une chose de réussie dans ce manga, ce sont les dessins de Masatoshi Usune. D'une belle précision, ils font penser à un croisement entre ceux de Yukito Kishiro et Masamune Shirow, ce qui n'est pas un mince compliment que de le dire. Les différentes actions de l'ouvrage sont pour leur part habilement orchestrées, bien que le cadrage paraisse parfois peu adapté à la dynamique générale, car trop sage, trop régulier. Un mangaka à suivre de près, qui semble adorer les armes à feu comme Kenichi Sonoda. Un signe ?
Sympathique et divertissant, voilà les bons adjectifs qu'on pourrait accoler à ce manga très vite lu. Grâce à un graphisme intéressant et un personnage principal qui ne l'est pas moins, Desert Punk saura vous faire plonger dans son univers peu ragoûtant, mais finalement très accessible. ADAPTATION FRANÇAISEL'illustration de la couverture choisie par Glénat n'est en fait qu'une des cases du manga (p. 62) qu'un infographiste s'est chargé de colorier. Le résultat est plus lisible que dans la couverture originale, mais le rendu n'a plus autant de charme, dommage. Matériellement parlant, le travail des presses d'Hérissey est à la hauteur, le papier est de qualité, l'encrage également, la reliure suffisamment souple, et la jaquette revêtue d'un toucher "granuleux" de circonstance. L'adaptation graphique a été confiée à GBone, qui n'est plus un débutant en la matière. On n'évite cependant pas quelques boulettes, comme des inversions de bulles dans le lettrage. Les onomatopées sont sous-titrées et adaptées à certains moments (quand c'est plus simple pour le graphiste, en fait). La traduction n'est quant à elle pas aussi bonne qu'on aurait pu l'espérer. Les phrases sont parfois assez mal tournées, des points d'exclamation manquants, une orthographe du nom du héros assez étrange "Sunabo-zu" (pourquoi ce tiret à cet endroit-là ?). Bref, de petites pétouilles assez désagréables à la lecture. Évidemment et heureusement, l'ensemble reste tout de même satisfaisant. Sens de lecture japonais, format moyen.
DU MÊME AUTEUR

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RYO24/06/2007 |
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