
SYNOPSISLe cheminot : c'est l'histoire d'une vie, c'est l'histoire d'un homme qui pour son métier a tout rejeté... Oto est cheminot depuis très longtemps sur la ligne Horomai, ligne que plus personne ne prend il y a de cela un moment maintenant. En cette journée enneigée à Hokkaido, il fait son dernier jour de travail pour un train toujours aussi vide et se prépare à passer le réveillon avec son ami Sen. Mais cette nuit il va faire une rencontre plus qu'inattendue...
Love Letter : Goro, un petit truand du quartier a été appréhendé par la police pour une histoire de cassettes pornos. Résultat : il a moisit dix jours en cellule. Il apprend en sortant que "sa femme" est décédée. Femme qu'il n'a jamais vue puisqu'il s'agit d'un mariage arrangé par les yakuza pour qui il travaille. Elle serait devenue prostituée pour eux en échange d'une carte de séjour lui permettant de rester au Japon. Mais maintenant pour Goro, la loi lui demande d'aller récupérer le corps de sa femme... AVISCe manga est une belle surprise puisque, déjà, je ne connaissais cet auteur, Takumi Nagayasu, que de nom dans Mother Sarah, de Otomo et Nagayasu que je n'ai fait que feuilleter. La découverte d'un nouveau mangaka, ça veut dire découverte d'un nouveau style, d'un nouveau découpage, d'une nouvelle narration... et rien que pour ça, c'est très enrichissant. Rappelons tout de même pour commencer qu'il s'agit de l'adaptation en manga du roman de Jiro Asada. L'histoire du cheminot est très belle en soi il est vrai, pourtant j'ai trouvé que, parfois, certaines scènes étaient exagérées... trop larmoyantes pour être crédibles. Cette histoire de l'homme qui renonce à tout pour son travail, ça ne m'a pas trop touché en fait. En revanche les dessins sont d'une précision incroyable, les détails fourmillent sur les visages, les décors sont surprenants de vérité. Le cadrage est très propre et dévoile un mangaka très rigoureux dans son travail... Un peu comme Oto ! Bien sûr, je suis humain (euh...), et à la fin, j'ai eu un petit pincement au cœur. Sans trop en dévoiler, on peut dire que le final métaphorique est pour le moins très beau. Parlons à présent de la deuxième histoire, il s'agit de Love Letter qui a été dessinée un peu avant Le cheminot. Les dessins sont, malgré tout, toujours aussi beaux et soignés. Rien a dire de ce côté-là donc. Je dois avouer que cette histoire m'a vraiment fait quelque chose. Pai Lan, la jeune Chinoise victime des Yakuza et de leur trafic de femmes, est vraiment bouleversante. Ses lettres adressées à un mari qu'elle ne rencontrera jamais sont très touchantes et blessantes à la fois. Le courage de cette femme qui réussit à surmonter son fardeau pour un amour impossible, c'est très beau. Goro le découvre, il tombe amoureux de cette femme et s'insurge de la cruauté de ces proxénètes qui ne sont que des êtres immondes, prêts à tout pour l'argent... toujours l'argent. Une grande histoire qui nous aidera à prendre conscience (si ce n'est pas déjà fait) de la monstruosité des hommes qui peuplent encore la planète. La dernière page est d'ailleurs superbement réussie que ce soit au niveau esthétique que symbolique.
Pour conclure, deux très belles œuvres que je ne peux que conseiller à tous. Très poétique mais à la fois blessant (les deux sont bien sûr associables), Le cheminot est un manga universel de par son thème général : la vie. ADAPTATION FRANÇAISEGénération Comics a su soigner l'adaptation de ce manga à merveille. Les pages couleurs sont gardées excepté pour l'une d'entre elles dans Love Letter, le format est respecté également (B5). Malgré le sens de lecture occidentalisé, on n'est pas trop déstabilisé par l'éventuel déséquilibre des dessins dans les cases. Certaines d'entre elles sont d'ailleurs inversées (i.e. telles qu'elles le sont en VO) à cause de certains écriteaux en japonais. On a de plus droit à un encrage très uniforme et de bonne qualité, ainsi qu'à une reliure qui n'est pas en reste. Quelques bémols au niveau des pages de couverture qui se composent d'un carton assez "tranchant" pour les doigts et des onomatopées parfois peu esthétiques (alors que le lettrage est très bien choisi), c'est d'autant plus remarquable du fait que les dessins de Nagayasu sont magnifiques. Mais excepté ces quelques détails, c'est du tout bon.
DU MÊME AUTEUR

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RYO03/02/2002 |
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