
SYNOPSISTobe est mort depuis 300 ans par décapitation. Le jeune homme a tué plus d'une centaine de personnes avant de rejoindre le gouffre de l'enfer. Aujourd'hui encore, il décide de s'évader, mais Ose, l'un des gardiens, se charge une fois de plus de le corriger comme il se doit. C'est alors qu'Emma, le Seigneur des Enfers, intervient et propose à Tobe une alternative pour sortir rapidement de sa prison infernale. Il devra en moins de 108 jours, éliminer 108 crimes (ou fautes) matérialisés à chaque fois en une espèce de spectre ectoplamisque nommé "Toga". Pour se faire, il devra exclusivement utiliser l'épée qu'on lui a confié, la puissante "Togari", qui visiblement cache un terrible secret... AVISPour commencer, il faut savoir que ce manga est récent puisqu'il ne date que de 2001. L'auteur, Yoshinori Natsume, signe ici ses débuts de professionnel avec Togari. Ce titre traite, entre autres, de la volonté prodigieuse qu'a le héros, le dénommé Tobe, à vouloir vivre. Prisonnier des enfers depuis des centaines d'années, car oui, l'enfer n'est apparemment pas un mythe ici, il veut retrouver sa liberté, et peut-être, qui sait, recommencer sa vie qui jusque là n'était constituée que de crimes, de désespoir et de désillusion. Ce qui est dommage, je trouve, c'est que ce manga soit destiné à un public relativement jeune (les adolescents), ainsi certains côtés noirs de l'homme n'ont pu être dévoilés pleinement, ou du moins de manière assez édulcorée seulement. Un côté plus "réaliste" aurait eu un meilleur impact. L'idée des "Toga" en est un parfait exemple. La violence et la haine s'expliquant par une enfance très difficile sont les moteurs qui font vivre aujourd'hui Tobe, et ça contraste très fortement avec l'envie qu'a l'auteur de mettre sur le "droit chemin" les lecteurs du manga. "Vaincre la violence avec encore plus de violence refoulée", c'est peut-être avec cette phrase qu'on pourrait qualifier la façon d'être de notre berserker de 16 ans. En effet, plus on regarde le style graphique de Natsume, plus on s'aperçoit que ce dernier est proche, d'une certaine manière, de celui de Kentarô Miura (Berserk), ou si l'on remonte encore plus loin, à celui de Go Nagai (Devilman), notamment lors des scènes de "rage subite" de notre héros. Les traits des dessins sont volontairement grossis et les yeux de Tobe n'ont plus de pupilles visibles (p.46-47 du tome 1 par ex). Même constat pour les couvertures dont le côté "toile" ressort, ce qui est aussi le cas pour l'œuvre de Miura. Natsume doit apparemment beaucoup apprécier les péripéties de Guts dont l'enfance est assez similaire à celle de Tobe. De plus, ils sont tous les deux "blessés" au cou. Enfin, la comparaison du style graphique s'arrête là, car bien sûr, même si les efforts et le soin sont évidents, certaines maladresses sont au rendez-vous. Le cadrage par contre est plutôt maîtrisé et recherché. Même si ça reste classique, c'est efficace (gros plans, angles de vue variés...). Donc au niveau visuel, c'est globalement très agréable à regarder. Ce qui est maintenant aussi très intéressant de noter en ce qui concerne le cadre de l'action, c'est le fait que Togari soit imprégné de références liées à la croyance, par exemple avec le nombre 108, représentation sacrée dans le bouddhisme utilisée dans d'autres manga comme par exemple Saint Seiya ou encore Shaman King. Preuve que le Japon est très croyant, du moins le vieux Japon, car celui d'aujourd'hui, comme celui décrit dans Togari, montre une société qui se modernise, et où le stress peut rendre dément. À ce propos, on en vient à la place non négligeable que prend l'humour dans la série, la situation veut que Tobe, en mode veille depuis plus de 300 ans, découvre le Japon "high-tech" d'aujourd'hui. Ce qui nous donne de ce fait des situations bien cocasses (repris dans bien des films au cinéma), comme par exemple le moment où Tobe découvre la télévision. Une vraie initiatition au monde s'offre à notre héros qui ne sait pas où est le mal ni même où est le bien. Il apprend aussi un sentiment qui lui était inconnu jusqu'alors, la gentillesse. Va-t-il évoluer du jour au lendemain grâce à ces découvertes ? Tout ce qu'il sait à priori, c'est qu'il doit vivre, vivre car il n'a plus rien d'autre...
Après deux volumes, on peut dire pour l'instant que ce manga est accrocheur. Désolé de vous soumettre encore cette comparaison, mais dans de nombreux points, Togari ressemble à Berserk. C'est du moins ce que j'ai noté. Et croyez-le ou non, l'intérêt à lire la suite de la quête de Tobe, si l'on peut appeler ça comme ça, est grandissant. Car outre cette formidable envie de terrasser sa faiblesse, notre bonhomme défie les démons de l'enfer, et ce, avec détermination et bravoure. Très touchant n'est-ce pas ? À découvrir. ADAPTATION FRANÇAISELe titre est proposé par Akata et distribué par Delcourt. L'adaptation globale est d'un bon niveau, ne serait-ce déjà rien qu'au niveau du prix qui est l'un des plus bas sur le marché. Ensuite la jaquette est fidèle à l'originale, la quatrième de couverture n'est pas mal non plus, même chose en ce qui concerne le dos. Les onomatopées sont retravaillées avec plus ou moins de réussite, mais ne gâchent pas (trop) le dessin. Le lettrage est par contre excellent. La traduction quant à elle semble bonne et cohérente. Peut-être que le niveau de langage de Tobe est parfois trop soutenu pour être crédible, par contre... Ensuite, techniquement parlant, l'encrage est très satisfaisant, bien réparti et les pages sont d'un grammage plutôt faible, dommage. Mais on ne peut hélas pas tout avoir. Sens de lecture original conservé, bon point.
DU MÊME AUTEUR

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RYO25/10/2002 |
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