
SYNOPSISAu 31e siècle, un dictateur du nom de Crâne d'Œuf (4e du nom) est parvenu à dominer le monde. Il est à la tête de l'Empire Chauvekipeut, dont le but est d'arracher les cheveux de tous les humains d'un coup sec, et ce jusqu'à qu'ils soient totalement chauves ! La situation est de plus en plus critique, lorsqu'arrive un beau jour Bobobo-bo Bo-bobo, un pratiquant du Hanage Shinken (L'Art Ancestral des Poils de Nez) venu défendre la paix des poils ! Secondé par ses compagnons aussi bizarres que déchaînés, il part défaire un à un tous les généraux de l'Empire dont la puissance démesurée en effraierait plus d'un ! AVISAvec un titre aussi débile qu'imprononçable, il était évident que ce manga de Yoshio Sawai allait proposer quelque chose de loufoque. Pourtant, alors qu'on croyait avoir tout vu en la matière avec Kimengumi ou Dr Slump, pour ne pas les citer, le verdict tombe très rapidement après la lecture des 10 premiers tomes de Bobobo-bo Bo-bobo : on n'avait encore rien vu !
Yoshio Sawai est un grand malade, mais un malade génial. Dès le premier volume, le ton est donné : les gags fusent case après case avec zéro logique... pour notre plus grand bonheur ! Déroutant au départ, perturbant même parfois, ce manga mise tout ce qu'il a sur son humour, ce qui peut paraître assez risqué compte tenu de son absurdité quasi totale. Très logiquement, il ne plaira pas à tout le monde, ce qui n'est pas peu dire. En effet, il faut avoir l'esprit assez ouvert (voire tordu) pour se prendre au jeu et rire à gorge déployée de l'humour très souvent parodique de l'auteur. Car oui, l'une des choses qu'il faut savoir, c'est que Bobobo-bo Bo-bobo parodie la plupart du temps d'autres manga, allant du plus évident (Ken le survivant, Dragon Ball, Olive et Tom) au moins connu pour nous, public occidental. Ça ne s'arrête évidemment pas là, puisque d'autres éléments de la "sous-culture" sont exploités (les shows TV, les jeux vidéo, etc.). Il faudra donc faire preuve d'une solide culture générale en la matière pour déceler – et du coup comprendre – les délires de Bo-bobo et sa clique, des notes explicatives sont heureusement parfois là pour nous aider. Pourtant, n'allez pas croire que ça ne se limite qu'à ça, car ce n'est pas la première fois qu'un manga en parodie un autre, on est tous d'accord. Non, la force de Bobobo-bo Bo-bobo réside dans le fait que le délire est non stop. Littéralement non stop. Jamais dans un manga sorti en France les gags ne se sont enchaînés avec une telle frénésie. C'est à 99 % sans temps mort ! C'est d'ailleurs tellement sans interruption que ça en deviendrait presque fatiguant. Eh oui, il faut tout de même émettre un petit bémol à toute cette ribambelle de compliments. Quel que soit le talent de l'auteur, il est évident que le niveau des gags ne sera jamais vraiment constant d'une planche à l'autre. Ceux dits à répétition fatiguent doucement lorsqu'ils sont employés de manière abusive, c'est d'autant plus vrai lorsqu'on se tape plusieurs manga d'un seul coup. Le mieux est donc de savourer comme il se doit chacun des volumes de façon espacée pour apprécier au plus juste le travail de Sawai.
Si le dessin du mangaka ne fait pas partie des plus brillants qu'on ait pu voir (Sawai se moque lui-même de ses dessins à travers ses personnages), on note qu'ils sont tout de même soignés dans le tout premier volume de la série, il n'y a qu'à voir le nombre hallucinant de traits consacrés à Bo-bobo. Il y a du laisser-aller par la suite, mais le style plus "épuré" convient finalement très bien à l'ensemble, même s'il faut reconnaître que le character design est vraiment vilain pour ce qui est des personnages dits "normaux", limite dessin amateur. On remarquera enfin que l'auteur ne fait pas trop d'effort pour ce qui est du cadrage de ses actions, qui reste pour ainsi dire identique quel que soit l'événement décrit.
Yoshio Sawai est un malin. Après s'être imprégné de pas mal de situations qu'il a pu découvrir dans d'autres séries de son enfance, il nous les ressert à sa façon dans un manga à se tordre de rire où chaque instant est bon pour placer un gag, moisi ou non. Qu'il soit compréhensible ou non, chacun des combats que se livre Bo-bobo est "spectaculaire". Et puis, comme le dit l'un des personnages de la série : "'Faut pas chercher à comprendre." Bobobo-bo Bo-bobo, ça tue, c'est tout. ADAPTATION FRANÇAISEFélicitons déjà le traducteur de la série qui a dû se donner un mal de chien pour traduire et adapter certaines situations du manga. Le travail est d'un haut niveau, les phrases sont très naturelles avec un langage familier très actuel. On relève tout de même quelques petites coquilles à droite à gauche, mais rien de bien préjudiciable (une erreur notable sur le nom de la technique des frères Derrick). À part ça, on constate que Casterman a fait quelque chose de propre en ce qui concerne les jaquettes, avec un fond plus épuré que dans la version d'origine, ce qui n'est pas plus mal, même si le côté "barré" ressort moins, pour le coup. Le détail qui tue : les poils sortant du logo titre. Bien vu. Côté lettrage, c'est également bien rendu, même si on déplore la constance assez approximative du lettreur ; ainsi, les écriteaux sur le front des protagonistes sont parfois changés, parfois oubliés, les personnages "en forme de lettre" au début sont laissés en l'état (le "Waaa"), alors que d'autres sont complètement modifiés (le "Sérieux"). Papier et encrage assez bons (made in Aubin). Sens de lecture japonais et prix actuellement parmi les plus bas du marché.
DU MÊME AUTEUR

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RYO10/03/2009 |
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