
SYNOPSISCes deux destins se passent au Japon, Nana Komatsu et Nana Ôzaki, deux jeunes femmes de 19 ans, n'ont visiblement rien en commun, si ce n'est leur prénom et leur âge. Néanmoins, à travers leur tranche de vie, on découvrira que les deux demoiselles, chacune à leur façon, essayeront tant bien que mal d'aimer le garçon qu'elles dont elles sont amoureuses du plus profond de leur être, même si cela ne se passe pas toujours comme on le souhaiterait. AVISAvec ce shôjo manga, Ai Yazawa, auteur que nous découvrons pour la première fois en France, nous dévoile l'intimité de deux jeunes femmes répondant au doux prénom de Nana, et dont les personnalités sont diamétralement opposées. La première, Nana Komatsu, est plutôt rêveuse, désinvolte et naïve, un véritable cœur d'artichaut. Tandis que l'autre, Nana Ôzaki, est plus rebelle et mature, elle a connu une enfance difficile et semble s'être forgée un caractère à tout épreuve, mais en fin de compte elle est tout aussi sensible que Komatsu intérieurement.
Bon, on ne va pas tourner autour du pot, les amateurs du genre seront aux anges, entre les scènes d'amour joliment tournées, les dialogues résolument moins "sages" que dans un Marmalade Boy par exemple, il ne faut pas s'étonner que Nana soit l'un des plus gros cartons du moment au Japon. L'auteur nous décrit avec beaucoup de raffinement la tristesse éprouvée par l'une ou l'autre des Nana, à cela s'ajoute une réelle impression de vécu, tendant à renforcer le réalisme du récit. Le contraste entre les deux filles est remarquablement bien dosé, personnellement je préfère la seconde histoire, mais est-ce dû à la lecture de la première ? C'est tout à fait possible, car c'est bien ça qui contribue à donner ce petit "plus" à ce manga. Attention, je ne dis pas que l'histoire de Komatsu est moins "bonne", je dis simplement qu'elle me paraît plus légère, et moins sophistiquée que le second récit - même si le contexte "groupe de rock" me semble secondaire - qui possède un layout général très beau, grâce à la neige notamment qui tombe page après page. Une certaine mélancolie apparaît alors, rendant les scènes vraiment très belles et les sentiments des protagonistes presque palpables.
Si on en vient maintenant au style graphique, bien les corps soient vachement étirés, il faut admettre que les dessins ne sont en rien simplistes. Il faut se focaliser sur l'expressivité des visages, qui sont vraiment joliment dessinés. Les décors, quant à eux, sont la plupart du temps inexistants et sont remplacés par des trames "fleuries" et "lumineuses" (comme dans tout bon shôjo qui se respecte, après tout). Niveau cadrage, c'est résolument très "libre", mais ça n'entraîne pas de difficulté de lecture, les enchaînements sont logiques et les petites doses d'humour par-ci par-là sont bien intégrées. C'est très fort.
Finalement, que dire de ce premier volume pour conclure ? Bien sûr que c'est un très bon manga pour les plus "sentimentaux" d'entre vous, qu'il apporte un côté peut-être un brin plus mûr du shôjo manga en France par rapport à d'autres titres sur le marché, qu'il n'est peut-être pas le meilleur du genre (Peach Girl veille), mais en tout cas, qu'il vaut la peine d'être lu, surtout si c'est pour découvrir la mangaka Ai Yazawa, dont le talent de narration est vraiment très bon. ADAPTATION FRANÇAISEAkata / Delcourt, encore eux. Tout est très fidèle à l'esprit de la version originale. On commence par le sens de lecture à la japonaise, la jaquette nickelle, un lettrage excellent et un encrage qui n'est pas en reste. On a même droit à des explications de certains termes typiquement japonais en fin de volume. La traduction semble très bonne et cohérente (quelques mots francisés mais bon, ça ne gêne pas). Concernant maintenant les mauvais points, on citera la qualité un peu faiblarde du papier...
DU MÊME AUTEUR

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RYO15/11/2002 |
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