
SYNOPSISHiroshi Nakahara est un homme ordinaire de 48 ans, marié et père de famille. Le voilà qu'il rentre d'un voyage d'affaires et après une bonne cuite, se retrouve sans le savoir, dans un train en direction de sa ville natale, Kurayoshi. Est-ce un hasard ? Toujours est-il qu'aujourd'hui il a l'âge où sa mère a trouvé la mort. Il décide alors de se recueillir devant sa tombe au temple Genzen. À ce moment précis, l'atmosphère change du tout au tout, et l'homme se retrouve étrangement dans son corps d'adolescent de 14 ans, en uniforme d'école. Il redécouvre son quartier tel qu'il a été durant sa jeunesse, et lorsqu'il rentre chez lui, il ne peut retenir ses larmes devant sa mère qui l'accueille... AVISAyant vécu à la préfecture de Tottori, l'auteur, Jirô Taniguchi, aime à nous raconter des histoires dans cet endroit qui lui est si cher. Avec Quartier Lointain, tout comme dans son autre œuvre créée quelques années auparavant, le Journal de mon père, l'intrigue se situe dans les décors de son enfance. L'ambiance est très particulière dans ses manga, on a toujours l'impression en les lisant qu'ils renferment une grande force apaisante. Hors des sentiers battus, Taniguchi nous propose une vision d'un homme dans sa peau d'enfant, un peu comme pour Shinichi dans la série Détective Conan, mais dans un autre registre, ou encore, si vous voulez une autre comparaison, comme dans l'un des Retour vers le futur. Ce qui est très fort ici, c'est que notre "héros", si on peut appeler ça comme ça, comprend tout ce qu'il ne comprenait pas avant, imaginez-le en train de résoudre des équations du premier degré, ou encore lire parfaitement sa leçon d'Anglais devant ses petits camarades. Avouez que ça doit faire tout drôle de maîtriser tout ce que les autres ont du mal à apprendre. Même en sport, il surclasse les autres ! On dirait que la joie de sentir de nouveau son corps si léger d'antan lui a poussé des ailes... Cela attire bien évidemment les regards de la plus belle fille de la classe qui ne lui avait jamais adressé la parole "auparavant". Car oui, en partant de ce fait, l'idée folle de pouvoir changer l'avenir vient caresser Hiroshi. Ça commence par de petits détails comme des bagarres qui n'ont jamais eu lieu, mais là, après la déclaration de son amie, il s'est mis en tête de changer le destin de sa famille qui tristement, s'était brisée autrefois. Oui, de toutes ses forces, une grande volonté l'envahit, il allait changer son futur ! Je pense que j'en ai assez dit comme ça, pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris, ce manga est tout simplement une perle parmi les perles. Doté d'un graphisme "humain", en effet le trait de Taniguchi ne ressemble à celui d'aucun autre mangaka, mais surtout de décors incroyablement détaillés (l'auteur est parti en repérage pour croquer tout ce dont il avait besoin), dont il s'amuse apparemment à nous en dessiner les moindres facettes, le quartier de Hiroshi paraît incroyablement vivant, les paysages respirent la verdure. C'est beau. Le découpage des cases du mangaka est très classique, très régulier, et correspond tout à fait à sa narration au demeurant excellente. On a l'impression que tout s'écoule paisiblement chez cette famille de nouveau réunie et dont seule une terrible vérité cachée pourrait perturber ce bonheur. Visiblement une deuxième chance offerte par... les dieux ?
Ce n'est que le premier volume (sur deux) d'une grande histoire, pleine de sentiments et d'émotion comme seul Taniguchi sait les faire, mais déjà le ton est donné. Reposant à lire, très japonais dans les événements (normal me direz-vous) malgré un style de dessin plutôt européen. En tout cas, ne me dites pas qu'on ne vous aura pas prévenus, Quartier Lointain est l'un de ces chef-œuvres à posséder sans attendre. Un indispensable. ADAPTATION FRANÇAISECasterman a confié la tâche d'adapter ce manga à Frédéric Boilet, et on peut dire que c'est tout à fait réussi. Conforme au découpage de la version japonaise, malgré le sens de lecture français, et selon les dire du concerné, avec l'accord de Taniguchi lui-même. Que voulez-vous dire après ça ? On note tout de même que certains espacements entre les cases ne sont pas tout le temps réguliers, même si ça provient peut-être de la VO après tout. Les onomatopées sont très propres, mais pesonnellement une police me dérange (Comic sans MS), il s'agit de celle qui a été choisie pour raconter l'histoire, celle qu'emploie le narrateur. Enfin peut-être était-ce pour créer un style "écrit" ? Toujours est-il que selon moi, il existe mieux en la matière. Maintenant en ce qui concerne l'encrage, c'est excellent, même chose pour le papier qui, même s'il est plutôt jaune, reste d'une bonne qualité. La couverture par contre semble avoir subi un changement radical, d'après ce que j'ai vu de celle en VO. Tout le décor de fond a été enlevé, laissant ainsi le personnage tout seul, même si quelque part, ça reflète plutôt bien l'idée de quartier "lointain" et du suréalisme de l'histoire. La traduction est très bonne, tout coule naturellement, on a vraiment l'impression d'entendre des gens parler, citation : "le paternel, y s'était l'vé du pied gauche". Et on finit par le prix qui, même s'il peut paraître exubérant, reste convenable dans la mesure où la série ne compte que deux volumes et que la qualité d'adaptation est presque parfaite.
DU MÊME AUTEUR

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RYO15/10/2002 |
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