
AVISLe 31 août, jour de la mystérieuse disparition de son père, approchant, Hiroshi ne sait plus où donner de la tête. Lui qui commençait à éprouver du plaisir à avoir retrouver son corps de 14 ans, lui qui s'imaginait subrepticement une relation avec la petite Tomoko, lui qui, petit à petit, délaissait sa femme et ses filles, a tout de même fait de son mieux pour changer son malheureux futur. Il a essayé de toutes ses forces, de toute sa personne adulte. Y parviendra-t-il ? Sera-t-il à jamais "coincer" dans sa peau d'adolescent ? Ce qui est sûr en tout cas, c'est que le temps avant la date fatidique continue de s'écouler inexorablement...
Suite et fin de cette fantastique histoire d'un père de famille qui revoit son passé, ou plutôt, qui le revit malgré lui. Grâce à ce dernier volume, on en apprend un peu plus sur les motivations de chacun, sur le passé des parents de Hiroshi, mais aussi de la vie, pas toujours évidente, de celui qui fait l'objet d'une attention particulière : son père, l'homme qui a subitement disparu du jour au lendemain. Tout comme dans le premier volume, la narration est toujours aussi agréable à suivre, on a également réellement cette sensation de pénétrer dans la vie, somme toute banale, d'une famille japonaise essayant de s'en sortir dans cette nouvelle période de paix. Rien ne prédestinait donc la rupture si cassante de ces gens, et c'est évidemment ce sur quoi on butera cette fois-ci. Chaque chose a sa propre explication, et le départ du père de Hiroshi, M. Nakahara, en possède aussi une qui tient la route et que l'on peut comprendre et respecter. La notion d'égoïsme est évoquée tout au long de cet ouvrage, et elle est confrontée ici à celle du sacrifice. Comme si, dans une moindre mesure, la vie "future" de Hiroshi n'est qu'un reflet de celle que son père a eue. Et comme si le destin, par ce voyage dans le temps, a souhaité ouvrir les yeux de notre héros afin de lui faire prendre conscience que rien n'est plus important que la famille, et que le sacrifice et les concessions sont nécessaires à l'épanouissement de son foyer. Le dénouement de l'affaire, je pense, ne déroutera personne et reste fidèle à toute la qualité globale du récit. Le dernier clin d'œil est d'ailleurs tout à fait approprié et bien vu. Maintenant si l'on parle de l'aspect extérieur du manga, ça reste du Taniguchi. Un style à part, s'éloignant d'un pas certain du style purement japonais, ou devrais-je dire purement "manga". Qu'on apprécie ou non n'a aucune espèce d'importance. Les visages sont certes un peu trop redondants (qu'ils soient masculins ou féminins), cet aspect "joufflu" qu'ont les protagonistes pourraient également en rebuter plus d'un, mais encore une fois, qu'est-ce que ça peut bien faire ? Le cadrage professionnel et la mise en scène brillante suffisent à nous prouver que le travail est recherché et soigné. Et à ce niveau-là, ça force le respect. Forcément !
Alors, que dire de plus de cette œuvre exceptionnellement humaine qu'est Quartier Lointain ? Qu'il est indispensable, apaisant, ou reposant, peut-être ? Qu'il a remporté l'Alph'Art du meilleur scénario lors du dernier festival d'Angoulême (2003) ? Un peu tout ça à la fois. Alors, vous savez ce qu'il vous reste à faire, n'est-ce pas ? ADAPTATION FRANÇAISEPas grands choses de plus à ajouter par rapport à ce qui a déjà été dit auparavant. Simplement, on constate que la reliure est cette fois un peu plus rigide (légèrement mais suffisamment pour qu'on le distingue) que la dernière fois, et qu'au niveau traduction j'ai relevé une phrase étonnante au beau milieu d'une scène où elle ne semble pas avoir été invitée. Il s'agit de la page 45 : "Ah, vous deux, vous me la copierez !", personnellement, 'pas compris de quoi il s'agit. Enfin, ceci étant, l'ensemble reste de très bonne qualité. Il n'y a que le prix qui est toujours aussi élevé. À noter qu'un coffret regroupant les deux tomes de la série est disponible, au moins vous ne payerez pas le coffret, c'est toujours ça de pris !
DU MÊME AUTEUR

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RYO23/06/2003 |
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