
SYNOPSISKi-itchi est un bambin de trois ans, mais qui se distingue des autres enfants de l'école maternelle par sa "virilité", et accessoirement ses grandes oreilles. Plus habitué à agir qu'à parler, le petit bonhomme mène la vie dure à son entourage, et ce ne sont certainement pas ses parents qui diront le contraire. Pourtant, au-delà d'un simple comportement perturbateur qu'on jugerait de prime abord comme étant enfantin, les raisons de l'agressivité de Ki-itchi cachent une profonde soif de justice... AVISComment réussir à s'affirmer alors que l'on est encore qu'un petit garçon de trois ans ? Comment vaincre l'injustice avec les petits poings que l'on a à cet âge-là ? Et puis, comment arrive-t-on à supporter le regard méprisant des grandes personnes lorsqu'elles ne vont pas au fond des choses ? Ki-itchi, c'est une incroyable fable urbaine dans laquelle la société est la principale actrice. À travers le regard sombre de Ki-itchi, qui semble comme ça empli de haine, on peut y voir, peut-être, le reflet du sentiment de révolte dont fait preuve Hideki Arai, l'auteur de ce manga, à l'égard du Japon, voire du monde lui-même. Une dénonciation d'une société de plus en plus en crise, remplie de gens égoïstes et sournois (comme le père de Masaru), mais aussi de déments et de sans abris, largement représentés à travers les planches des deux premiers tomes sortis. Après avoir planté le décor dans le premier volume de la série grâce à une présentation originale et efficace des divers protagonistes comme la "maîtresse Rika", une femme à l'image de la fragilité du monde dans lequel elle vit, mais aussi par la biais d'histoires touchantes comme celle du petit chat, le deuxième volume, lui, marque un grand tournant dans la vie de Ki-itchi. Sa quête initiatique commence dès lors. Un drame va surgir, et le parallèle "amusant" que l'auteur fait avec une autre grande catastrophe qu'a connue l'humanité est bien vu. Comme pour dire que le degré et l'intensité des émotions de chacun, sont les mêmes, quelque soit l'importance de la tragédie. L'émotivité gagnera sans doute les plus sensibles d'entre vous, tout en dévoilant parallèlement au fur et à mesure toute l'étendue de la "force" de notre jeune ami fugueur qui, malgré les circonstances désastreuses, parvient encore parfois à sourire devant l'adversité...
En terme de réalisation, on remarque, avec plaisir ou non selon les goûts, que le trait de Hideki Arai fait parfois penser à celui de Taiyô Matsumoto (Amer béton, Ping Pong...), c'est très flagrant sur certains personnages (masculins en l'occurrence). Les planches peuvent paraître surchargées, mais sont remplies de détails comme par exemple des messages sur les murs, représentatifs de l'état d'esprit de l'auteur, ou du moins de ce qu'il a voulu insuffler. Un cadrage donc professionnel et dont les plans sont la plupart du temps bien pensés.
Humain et original dans son développement, ce manga mérite vraiment que l'on s'y attarde. Une lecture qui ne peut pas laisser insensible, le comportement de Ki-itchi est tellement surprenant par moments, que relire la scène en question peut s'avérer utile. Une curiosité de plus pour vous, lecteurs, qu'il faut absolument satisfaire. ADAPTATION FRANÇAISEL'édition française a vraiment été bien négociée, le format ainsi que tout le côté technique tel que par exemple l'encrage, la qualité du papier, reliure, est bon. La traduction sonne juste avec une francisation des noms des personnages qui peut sembler légitime ("itchi" au lieu de "ichi", les "é" à la place des "e") pour ceux qui ne seraient pas encore habitués à lire ces noms asiatiques. L'ensemble de l'ouvrage offre un bon rapport qualité-prix. Et le sens de lecture est conservé !
DU MÊME AUTEUR

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RYO08/11/2003 |
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