
SYNOPSISÔgami Ittô est l?exécuteur du shôgun. C?est lui qui est chargé de trancher la tête des seigneurs qui se font seppuku. Mais ce poste privilégié intéresse fortement le clan Yagyû qui décide donc de se débarrasser de Ôgami en lui tendant un piège. Le traquenard fonctionne parfaitement, et le résultat est sans appel : le clan d?Ôgami est dissout, sa femme assassinée, son honneur bafoué. Il ne reste plus à lui et à son jeune fils, Daigoro, qu?à se faire seppuku. Néanmoins, plutôt que de se suicider, l'homme décide de devenir un rônin assassin pour pouvoir plus tard reprendre son dû et se venger des Yagyû? AVISLone Wolf & Cub aka Kozure Ookami est un manga qui se sera bien fait attendre dans nos contrées. En effet, l'œuvre de Kazuo Koike et Gôseki Kojima date de 1970 et n'est arrivé chez nous que l'année dernière, en 2003. Manga culte au Japon (il a fait l'objet d'une série de films sous le nom de BabyCart), ce manga nous conte l'histoire d'un tandem d'assassins peu commun : un homme et son fils. L'un des points intéressants de cette œuvre est sans aucun doute la relation entre Ôgami et Daigoro. Relation hors norme puisque Ôgami n'hésite pas à utiliser son fils pour commettre ses assassinats (!). Celui-ci a totalement confiance en son père et malgré son jeune âge (3 ans), il comprend parfaitement la situation dans laquelle il se trouve. Mais plus qu'un simple second rôle, Daigoro est aussi le héros de ce manga. S'échappant parfois de son côté à l'une ou autre des occasions, il lui arrive de vivre de petites aventures qui nous le rende encore plus attachant. On comprend très vite le lien intense qui lie le père et le fils, lien tout en nuance : pas de paroles, un signe, un regard suffisent pour que les deux protagonistes se comprennent.
En ce qui concerne l'histoire, elle est composée des divers "emplois" qu'Ôgami se voit confier. Ça peut paraître un peu redondant, mais les auteurs arrivent à innover à chaque chapitre (un fil rouge se met en place à partir du volume 5). Que ça soit venger un proche, assassiner un leader religieux, se débarrasser d'un gang de voleurs, tuer un seigneur corrompu, chaque chapitre arrive à rester captivants. De plus, ces histoires permettent de brosser un portrait de plusieurs classes sociales de ce Japon du XVIIe siècle tels que les yakuza, geisha, samurai, seigneurs, marchands, paysans, ninja, armuriers, artistes ambulants, religieux, et bien d'autres. On en apprend plus sur les mœurs de l'époque et sur le fonctionnement complexe de la société japonaise sous le règne des Tokugawa. On retrouve beaucoup de termes japonais et d'allusion d'ordre religieuse (bouddhisme et shintoïsme) qui rend le manga plus vrai mais aussi par moment moins accessible (bien qu'un lexique soit présent à la fin des volumes).
En ce qui concerne le dessin, force est de constater que malgré son âge, le style du manga n'est pas si dépassé que ça. Loin d'un Tezuka tout en rondeur, Lone Wolf & Cub fait dans le trait incisif et détaillé. Seul petit bémol : le mangaka a du mal à se renouveler niveau visages (en particulier les femmes), mais dans l'ensemble visuel est très travaillé et est en parfaitement harmonie avec l'ambiance (souvent noire) du manga. Parfois même on se retrouve avec des pages sans texte où l'on profite uniquement des dessins. Les combats menés par Ôgami sont bien dessinés même si par moments on a du mal à comprendre ce qui se passe tant ça va vite.
Lone Wolf & Cub est un manga culte au Japon. Et on peut sans trop se tromper lui prédire le même destin dans nos contrées. Certes nous n'en sommes encore qu'au début de l'aventure, mais la suite réserve encore bien des surprises ! ADAPTATION FRANÇAISEGénération Comics a opté pour une adaptation très proche de celle de l'éditeur américain Dark Horse (hormis le format qui est plus grand chez nous). On conserve le sens original de lecture. Les couvertures sont celles de l'édition américaine (designées par Frank Miller) ainsi que les onomatopées. La reliure est très souple et au niveau du prix, c'est toujours pareil (donc 10 euros), ce qui peut en décourager certains. On notera aussi le lexique utile mais pas très pratique, tous les mots typiquement japonais n'y sont pas, et dans les bulles il n'y a pas de petit astérisque pour nous prévenir si le mot y est ou non. Ce qui fait qu'à chaque mot japonais qu'on ne connaît pas, on doit retourner au lexique pour voir si le mot y est expliqué ou pas (rendant parfois la lecture un peu pénible). Toujours en fin de volume, on a droit dans certains tomes à un petit article sur un point particulier de l'histoire du Japon de l'époque. Un plus non négligeable de la part de GC. En bref, on obtient une assez bonne adaptation dans l'ensemble.
DU MÊME AUTEUR

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KENSOU02/08/2004 |
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