
SYNOPSISSheeta est une jeune fille retenue prisonnière d'un certain Muska, un homme travaillant pour le compte du gouvernement dans le cadre d'une mission secrète. Pendant leur trajet, des pirates de l'air tentent de s'emparer de la fillette au mystérieux pendentif en attaquant l'imposant dirigeable dans lequel elle se trouve. Peine perdue puisqu'elle parvient à s'enfuir en se jetant dans le vide ! Et là, comme par magie, la pierre autour de son cou se met à briller en la faisant littéralement flotter dans les airs, ralentissant de cette manière considérablement sa chute. Par la suite, Pazu, un petit garçon vivant dans le village des mineurs, la recueille et se lie d'amitié avec elle. Il découvre peu de temps après que Laputa, l'île flottante qu'avait découverte son père jadis, existe bel est bien et que la clé de l'énigme vers ce monde céleste est détenue par Sheeta... AVISFilm d'animation datant de 1986, le plaçant chronologiquement ainsi bien avant les gros succès que sont, entre autres, Princesse Mononoké et Le Voyage de Chihiro qu'a connus la France, Le Château dans le ciel est à n'en pas douter une œuvre phare de son réalisateur, le mondialement (re)connu Hayao Miyazaki, puisqu'il marque notamment la création du Studio Ghibli. Comme évoqué à un moment de l'histoire, l'auteur s'est inspiré du roman du révérend Swift, Les Voyages de Gulliver pour ce qui est de l'existence du monde céleste de Laputa. On retrouve cette fois encore tout ce qui fait l'attrait de l'univers "miyazakien", comme par exemple les poursuites en voitures mouvementées qu'on a pu découvrir dans les Lupin III et autre Sherlock Holmes, ou encore l'amour envers la nature (et la belle mécanique) et le rêve qui ressort de manière apparente des décors et architectures environnants qui sont, au passage, sublimes.
Les personnages principaux sont de jeunes enfants, symbole de la pureté et de l'innocence, thème récurrent dans les œuvres de l'artiste. On retrouve ainsi Sheeta, une princesse bienveillante, porteuse de la fameuse pierre bleue qui inspirera plus tard quelques anime comme notamment le fameux Nadia et le secret de l'eau bleue de la Gainax. Le côté manichéen n'est pas de la partie comme on aurait pu s'en douter de la part de Miyazaki. Ici, personne n'est foncièrement mauvais (à l'exception presque rarissime de Muska), comme le montrent les "sympathiques" pirates de l'air. Un monde comparable quelque part un peu au nôtre, où l'individu se comporte à l'instinct, mais n'oublie pas son côté solidaire.
Une part de rêve, d'aventures, de magie et d'amour. Voilà qui qualifierait assez bien Le Château dans le ciel, une création digne d'intérêt, s'échappant de la route tracée par l'animation américaine d'aujourd'hui, dominée par Disney et autre Dreamworks, à tendance plus "commerciale" bien que toujours réussie... dans une moindre mesure, mais irréprochable techniquement parlant.
L'adaptation en anime comics, comprendre par là le film couché sur papier et découpé en frames (mouvements), perd énormément de son intérêt. Bien qu'un nombre conséquent ait été utilisé, la sensation n'est pas aussi grande (doux euphémisme) que lors d'un visionnage en "temps réel". Le découpage des planches est classique et plutôt bien acheminé. On note même quelques habiles "bidouilles" à certains endroits, permettant un meilleur suivi des événements. Et puis, l'autre énorme inconvénient de ce type d'ouvrages, c'est bien évidemment l'absence cruelle de l'exceptionnelle bande-son qui accompagne un film. Ici, elle est signée du talentueux Joe Hisaishi.
Que de compliments (mérités) à l'égard de ce film d'animation, pourtant déjà si vieux ! Il faut croire que l'intemporalité du Château dans le ciel fait bien son office. La version anime comics comprend quatre tomes au total, mais ne vaudra jamais son support original de plus 2h... ADAPTATION FRANÇAISEL'édition de Glénat souffre à certains endroits d'un moirage (effet optique obtenu par la superposition de deux trames) bien trop visible bien que la globalité de l'impression soit de bonne facture. On y déplorera tout de même le manque de netteté décelable au niveau des contours des cases, à effet granuleux. La colorimétrie et l'impression des couvertures sont par contre excellentes, la maquette de celles-ci est plus sobre que dans la version originale, mais sympathique. Les pages couleur sont sur papier couché et sont d'un rendu satisfaisant. L'âge du film n'aidant évidemment pas vraiment à un résultat "parfait". Le lettrage est bien réalisé, la traduction d'un bon niveau, le sens de lecture conservé (droite vers la gauche) et les onomatopées ne sont ni retouchées, ni traduites.
DU MÊME AUTEUR

|
RYO01/11/2003 |
|