
SYNOPSISC'est par une matinée comme les autres que Johnson, un cadre commercial, part dépenser les quelques crédits qu'il a durement gagnés chez le marchand de rêves du coin, histoire de s'évader un peu de son morne train-train quotidien. Une fois sur place, il fait un rêve exceptionnel où il est Cobra, l'invincible pirate de l'espace qui va de planète en planète à la recherche de trésors cachés, aux côtés de Lady, sa fidèle partenaire armoroïde. De retour chez lui, il fait la rencontre d'une vieille connaissance apparemment bien décidée à en finir avec lui. Mais contre toute attente, Johnson dégaine instinctivement ce qui semble être une arme dissimulée dans son bras gauche. C'est alors que la mémoire lui revient, plus de doute possible, il n'est autre que Cobra, l'unique utilisateur du psychogun de l'univers. Sa vie trépidante peut de nouveau recommencer ! AVISRares sont ceux qui ne connaissent pas Cobra, le héros emblématique du dessin animé qui a bercé l'enfance de beaucoup de personnes, quand il passait à la télévision sur Récré A2 ! C'est donc par le biais de la version animée que l'engouement pour ce "James Bond de l'espace" a commencé à naître en France. Mais qu'en est-il du manga originel créé par Buichi Terasawa ? Cobra y a-il toujours autant la classe ? Les Cobra-girls sont-elles toujours aussi sexy ? Autant de questions qui au final n'aboutissent qu'à une seule et même réponse : oui !
Grâce à ses muscles d'acier, son air arrogant et son psychogun qui vise juste dans 100 % des cas, Cobra incarne le héros invulnérable par excellence, à l'image de ses successeurs que sont entre autres Ryô Saeba et Kenshirô, pour ne citer que les plus connus. L'une des spécificités qui rend notre personnage attachant, c'est le sang-froid avec lequel il parvient à se sortir des situations les plus folles et les plus incroyables qui aient jamais existé dans un manga (avouez que se battre contre le Créateur des humains, ce n'est pas donné à tout le monde !). Mais contrairement à d'autres qui agiraient sans esquisser le moindre sentiment tel un ténébreux renfermé, notre blondinet de près de 2 mètres de hauteur, lui, trouve toujours le mot pour rire, des répliques qui font mouche, et qui, par la même occasion, parvient à "détendre" comme il se doit l'atmosphère de mort dans laquelle il se trouve à chaque fois embarqué. Preuve d'une parfaite maîtrise de la situation ou moyen délibéré de cacher ses véritables pensées ? Toujours est-il que ça a l'air d'attirer les filles, vu le nombre impressionnant de sublimes créatures qu'il a côtoyées durant l'ensemble de la série. Souvent (pour ne pas dire tout le temps) dans des tenues plus que légères, il faut tout de même avouer que ces charmantes demoiselles sont la plupart du temps reléguées à des rôles de potiches ou de femmes objets, ce qui a pour effet de mettre automatiquement en exergue le côté macho et puissant de Cobra. Et pour ne rien gâcher, les différentes aventures sont toutes sans exception (ou presque) mémorables, pleines de rebondissements et se déroulant dans des univers riches, empruntés à droite à gauche au cinéma (western, SF, etc.). On notera bien entendu l'épisode marquant, pour ne pas dire mythique, du rugball où Joe Gillian fait montre de toute sa grandeur.
Côté réalisation, on ne peut que rester admiratif devant les progrès impressionnants que l'auteur a faits tout le long des sept années de publication. Le volume 1 bénéficiait déjà d'un style particulièrement percutant, avec un trait plus grossier, mais un soin indéniablement présent, même si on voit que Terasawa cherchait encore le style graphique des visages (Cobra notamment). Par la suite, la patte réaliste prend le dessus, et le graphisme adopte des allures de comics pas désagréables pour un sou. Les angles de vue tournent un peu en rond, notamment en ce qui concerne les excitants derrières de ces dames, mais on pardonnera facilement à l'auteur ce pêché mignon. Le cadrage en revanche manque parfois un peu de précision, mais il faut bien trouver quelque chose à dire...
Pour conclure, Space Adventure Cobra est ce qu'on peut appeler un classique de la bande dessinée japonaise. Un titre bizarrement publié à l'époque pour une cible assez jeune, bien que l'hyper violence et le côté sexy soient tout de même clairement revendiqués. Certes, c'est plus ou moins édulcoré, mais ce côté assez cru du manga existe bel et bien, et ce pour notre plus grand plaisir. Un manga culte tout simplement qui continue d'ailleurs toujours dans une nouvelle édition couleur inédite en France. ADAPTATION FRANÇAISEDybex, ou plutôt Dynamic Visions, a fourni un travail plus ou moins constant pour cette édition française. On n'explique pas vraiment le fait que le nombre de volumes ne corresponde pas à celui de l'édition japonaise, mais qu'importe, puisque ça nous permet d'avoir de belles illustrations en plus. On zappe assez vite fait sur la qualité matérielle qui s'en sort avec les honneurs : bon papier, encrage plutôt correct et reliure robuste qui aurait gagné à être un peu plus souple. En revanche, on peut trouver que les onomatopées manquent d'esthétique dans les premiers volumes. Ceci étant, ça change à un moment donné. Résultat : un léger mieux. Le lettrage, bien que lisible, ne convient pas très bien au dessin d'ensemble. De plus, le travail de remplissage laisse parfois à désirer. On note aussi quelques petits problèmes de traduction (des noms qui changent, des fautes d'orthographe) et surtout que le sens de lecture ait été inversé, ce qui a son importance (le psychogun se retrouve ainsi au bras droit). À noter enfin que certains volumes sont assez difficiles à trouver aujourd'hui, l'éditeur semble en effet avoir totalement déserté l'édition du manga.
DU MÊME AUTEUR

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RYO12/06/2005 |
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