
SYNOPSISIl est agent secret pour les forces américaines. Il a été prisonnier lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il revient aujourd'hui au Japon, son pays natal, pour retrouver sa famille. Il s'appelle Jirô Tenge et découvre que durant son absence, la petite Ayako, sa nouvelle petite "s?ur" âgée de quatre ans, est venue au monde. Durant son séjour chez lui, Jirô est sollicité pour une mission délicate qui requiert beaucoup de sang-froid. L'étonnement sera d'autant plus grand chez lui lorsqu'il découvrira le degré d'implication de certaines personnes dans cette affaire... AVISOsamu Tezuka, dit le "Dieu du manga", raconte, à travers cette œuvre intitulée Ayako, une histoire pour le moins complexe mettant en scène moult protagonistes, parfois touchants, parfois haïssables, mais toujours profondément humains. Comme d'habitude, l'auteur s'évertue à créer des situations fortes, souvent injustes, créant ainsi des victimes innocentes dont, bien sûr, le personnage éponyme, cette petite fille de quatre ans "qui était là au mauvais moment". Doté d'une narration digne d'un documentaire, ce titre démontre le formidable tour de force qui consiste à mêler éléments fictifs et faits historiques. Très instructif sur sur l'ambiance qui régnait après la Seconde Guerre Mondiale, sur les conflits qui avaient lieu entre le prolétariat et les dirigeants du pays, mais également sur les complots et autres magouilles gouvernementaux, ce manga met en avant la rancœur envers ceux qu'on appelle les "traîtres", autrement dit, ceux qui ont pactisé avec l'ennemi, les Américains. Il dénonce également le mauvais traitement infligé aux femmes (à l'époque faibles et soumises), notamment à travers le personnage de celle qu'on appelle la "simple d'esprit", celle qui est considérée comme une moins que rien, et dont la souffrance sera inéluctablement amplifiée au fur et à mesure qu'avancent les événements. Tragique. Parallèlement à ces affaires, Tezuka dépeint aussi un drame familial, un sujet tabou, responsable de la déchirure des Tenge. On se prend à épier les moindres de leurs faits et gestes, nous reléguant ainsi à l'état de témoins d'atrocités en tout genre.
Graphiquement parlant, bien qu'ancien, le style du maître est d'un bon rendu. Très expressif, et surtout d'une grande force visuelle, les dessins ne manqueront pas pour autant d'être exposés aux critiques acerbes des certains lecteurs. Pour ces gens-là, je dirais que le trait est tout de même bien plus mature que dans les précédentes œuvres de Tezuka. Le cadrage et le découpage de l'action, bien que parfois un peu "hachés" et confus, restent agréables à suivre.
On va faire simple et concis, ce manga mérite toute votre attention. Il s'agit bel et bien là d'un petit chef-d'œuvre réalisé par le regretté Osamu Tezuka. Un témoignage déjà poignant, alors que ce n'est que le premier volume (sur une série de trois). À lire absolument ! ADAPTATION FRANÇAISEUne belle édition signée Delcourt/Akata, bénéficiant d'une jaquette très "design", d'une excellente reliure (très important, ça), d'un papier de qualité et d'un encrage conséquent. La traduction est à la hauteur, malgré une "francisation" des noms (manquent les voyelles longues, accents sur les "e", etc...). Le sens de lecture est conservé, comme tous les titres chez l'éditeur d'ailleurs. Le prix par contre aurait mérité d'être un peu moins élevé, ne serait-ce que pour "démocratiser les Tezuka".
DU MÊME AUTEUR

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RYO16/10/2003 |
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