
SYNOPSISCette histoire se déroula au Japon durant l'Antiquité. Le shogun y régnait alors en maître. Malheureusement, c'était aussi l'époque des grandes famines qui s'abattirent comme la peste dans les villes comme Kyôto. Les taxes étant des plus élevées, près de 60 % des récoltes étaient retirés aux paysans. Ces derniers se révoltaient sans cesse en volant, notamment, les prêteurs sur gages dans le but d'obtenir gain de cause. L'"édit de grâce" leur était donné si la situation était vraiment désastreuse. Il s'agissait d'une époque de trouble absolu. Des quartiers des plaisirs, aux monastères corrompus, en passant par la le théâtre du Nô, le Japon connut un grand bouleversement dans son existence. En janvier 1394, naquit Sengikumaru, fils illégitime de l'empereur Gokomatsu et de la princesse Teruko, Iyono Tsubone. Sa mère souhaitait qu'il entrât au monastère Angokuji afin de devenir un bonze estimé. C'est donc très jeune qu'il devint Shûken, apprenti bonze maltraité par ses collègues aux crânes rasés. Et ce ne fut que bien plus tard, une fois l'éveil spirituel atteint, qu'on lui donna le nom d'Ikkyû (nom donné par son maître du moment, maître Kasô). Par la suite, il devint un vagabond et erra dans le vide, se créant ses propres chemins en prêchant les paroles de Bouddha, même si parfois, tout peut porter à croire qu'il n'était qu'un moine raté (il allait voir les prostituées, il buvait du saké...). Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il marqua à jamais les gens qui l'ont connu. AVISAh là là, Ikkyû ou la voie du Zen... Déjà pour commencer, rendons hommage à l'auteur de cette œuvre, M. Hisashi Sakagushi qui hélas, est aujourd'hui décédé. Enfin, parlons à présent de l'aspect technique de ce manga. Honnêtement, la réalisation est de bonne facture, le style graphique est soigné sans pour autant être sublime. La mise en page ainsi que le cadrage font très "propre", pas d'extravagance ici, pas de débordement de dessin ou de bulles. Les bulles sont d'ailleurs faites avec un certain style, il y a des effets de relief rendus avec quelques traits, ce qui donne un aspect "sale" aux bulles contrastant ainsi avec le cadrage impeccable. Simple hasard ? De toute façon, ce n'est pas là l'essentiel. Bon, maintenant en ce qui concerne la trame de l'histoire, contrairement à ce que dit le titre, tout n'est pas centré sur le personnage, même si c'est assez souvent le cas. C'est dommage car certains passages sont vraiment bien réussis, je pense particulièrement aux scènes surréalistes contre son "karma" représentée par une araignée, la peur et l'incertitude du protagoniste sont très bien représentées. Hélas, la lecture de ce manga destinée clairement à un public "adulte" on va dire, n'est pas très aisée. En effet, entre les histoires des différentes querelles entre les seigneurs, les ambitions de pouvoir des moines supérieurs, et la dramaturgie du Nô, tout est fait pour vous embrouiller l'esprit, surtout que les noms sont très difficiles à retenir. Il m'est arrivé de revenir en arrière à maintes reprises pour vérifier ma compréhension de la lecture. Ce côté historique ne m'a pas plu je dois bien l'admettre, même si la dénonciation des moines corrompus pratiquant le Zen m'a bien fait rire, avec également un soupçon de moquerie envers les pratiques de l'époque et des différentes écoles pratiquant le Zen "pur". C'est certes intéressant, il y en aura sûrement qui trouveront ça bien, mais franchement, la lecture n'est pas fluide et c'est ennuyeux à mourir parfois... on dirait un cours d'histoire ! N'est-ce pas un manga ? Certains rares moments d'humour sont tout de même présent, ce qui n'est pas un mal quand on sait qu'un volume avoisine les 350 pages. D'autre part, dans les bons côtés, sachez que certaines scènes sont vraiment touchantes (même si on va pas jusqu'à en pleurer), c'est aussi l'un des rares points positifs de ce manga. Croyez-moi, lire Ikkyû sans souffrir (se lasser), c'est presque mission impossible, heureusement que vers la fin, l'auteur met l'accent sur le changement brusque du caractère de Ikkyû dépité par la mort de son maître, car les premiers volumes sont vraiment un calvaire pour les yeux et je pèse mes mots. Je sais que certains trouvent cette œuvre grandiose, comme celui qui a fait la préface dans l'édition de Glénat par exemple. Je ne sais pas ce qu'il a trouvé de si puissant en Ikkyû, mais je vous le dis sans détour : c'est un manga vraiment lourd à lire. Dans le genre (même si c'est pas trop dans le même contexte), lisez Bouddha de Tezuka, qui peut se targuer d'être un manga pour le moins captivant et éducatif !
Pour conclure je dirais que ce manga est vraiment pour les curieux en mal d'aventures (?) et pour ceux qui aiment souffrir en lisant (ce qui n'est pas mon cas). Les autres, passez votre chemin, vous y perdriez votre temps, temps (et argent) que j'ai déjà perdu(s) à votre place. ADAPTATION FRANÇAISEQuatre énormes pavés forment cette collection aux allures très sobres. Un prix somme tout correct pour le nombre de pages, quelques défauts d'impression de temps en temps, une reliure qui laisse à désirer car trop rigide pour les volumes 2 et 3, du moins ceux que je possède (le 1 et 4 sont parfaitement souples) : impossible de ne pas abîmer le dos de couverture en feuilletant. Les couvertures sont très belles même si assez simples, par contre la teinte de couleur varie à chaque volume (ça fait pas pro) ! Le sens de lecture est bien évidemment occidentalisé créant ainsi des erreurs dans les planches : certains kanji sont laissés retournés (volume 1), mais par la suite tout est parfaitement adapté. Enfin, des notes explicatives relativement précises et une chronologie à la fin de chaque volume sont gardées. Une adaptation dans l'ensemble réussie.
DU MÊME AUTEUR

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RYO06/01/2002 |
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