
SYNOPSISLe petit Neru n'ira pas au collège, ainsi en a décidé son père qui n'arrive pas à joindre les deux bouts avec son métier de lutteur professionnel. Résigné et pensant au devenir de sa famille, le garçon doit maintenant trouver sa voie alors que ses camarades de classe, ainsi que ses frères et s?urs, continueront à étudier. Peu auparavant, suite à un violent accrochage avec un certain Yagami, un garçon intelligent et hautain, Neru s'est juré de se venger de lui par quelque moyen que ce soit. Il découvre par hasard un jeu vidéo de combat dernière génération appelé "MBZ" dont Yagami est champion. Au début réticent à l'idée de s'essayer à ce type de divertissement, il change vite d'avis lorsqu'il trouve par terre une disquette lui permettant de jouer gratuitement. Sa décision est prise, c'est au "MBZ" qu'il va laminer son ennemi juré ! AVISDans le monde futuriste de cette série, où les innovations technologiques poussent comme des champignons, où le virtuel se rapproche de plus en plus du réel, il existe un jeu vidéo révolutionnaire appelé "MBZ". À travers lui, Hiroya Oku nous raconte l'histoire d'un garçon dont la famille est sans le sou, et qui doit faire preuve de beaucoup de courage et d'esprit de sacrifice pour grandir. Lui qui ne peut plus, faute d'argent, aller au collège, il doit déjà assumer à son âge le fait d'entrer dans la vie active. Son refuge dans le jeu vidéo, au-delà du simple fait de se venger de l'arrogant Yagami qui bien sûr est son parfait contraire, témoigne certainement d'une envie d'évasion, d'un moyen de fuir la réalité bien cruelle dans laquelle il vit. Jour après jour, il squatte la borne d'arcade du fameux jeu, et acquiert ainsi de l'expérience au fil des combats virtuels qu'il livre. On peut y voir là comme une sorte de dénonciation d'un mal-être de la société japonaise qui se modernise peut-être trop rapidement, et qui petit à petit perd son âme, même si on décèle une pointe d'ironie dans le discours de l'auteur, notamment en ce qui concerne l'apparence de certains.
Malgré un premier volume intéressant à suivre, aussi bien dans le déroulement des événements (mise en place du récit, présentation des protagonistes, cause des problèmes, etc.) que dans la psychologie attendrissante et forte des personnages, Zero One déçoit plus qu'il ne fascine dans les deux derniers volumes. En effet, on a la désagréable impression que l'auteur, après avoir envisagé l'exploration de plusieurs pistes pour sa série, dont la principale tout de même était l'affrontement avec Yagami, laissé©© depuis à l'abandon et qu'on ne retrouve qu'en toute fin de l'histoire, a dû en catastrophe mettre fin à son manga suite à des impératifs commerciaux. On se retrouve ainsi face à une multitude de scènes inexploitées convenablement (le tournoi par exemple), inachevées, qui contrastent énormément avec certaines trop longues et pas vraiment utiles au point de vue de scénaristique. On citera les fameuses scènes torrides dont Oku semble être un fervent amateur, impression confirmée à la lecture de Gantz, une autre œuvre de l'auteur. C'est dommage car de nombreux personnages ont été intégrés à la trame du récit. Encore une fois, un plus long moment en leur compagnie n'aurait pas été un luxe.
Côté réalisation, on note l'utilisation abondante de dessins faits sur ordinateur. Pas vraiment esthétiques (pas toujours habilement réalisés), on avouera tout de même qu'ils collent bien à l'ambiance si particulière de cette série. Pas de problème au point de vue cadrage qui appuie aussi bien les moments calmes que vifs. Le design du mangaka est plutôt "réaliste" et relativement détaillé et peut plaire comme repousser. En revanche, les amateurs de formes généreuses ne seront pas déçus du voyage. "Rebondissements" garantis !
C'est vraiment dommage encore une fois que ce manga laisse derrière lui un goût si amer d'inachèvement. Partant au départ réellement pour être un très bon titre, à l'arrivée, c'est face à une œuvre confuse et inexploitée que le lecteur se retrouvera. L'auteur est tout de même parvenu à retomber plus ou moins habilement sur ses pieds en ce qui concerne la fin de ce Zero One, même si c'est très "ouvert"... ADAPTATION FRANÇAISELa version française de Génération Comics semble de toute évidence être tirée de l'édition italienne (merci de me corriger dans le cas contraire) sortie un peu auparavant. La traduction reste malgré tout d'un bon niveau, compréhensible et sans accroc. En ce qui concerne l'adaptation graphique des onomatopées par contre, c'est pas beau à regarder. Je suis d'ailleurs toujours étonné de voir que ça ne semble choquer personne, ces monstruosités de pâtés de lettres entassées les unes sur les autres pour former d'affreux "shuuuum" et autre "krrsh". Bref. Il y a un autre point faible important selon moi qui se situe au niveau de la reliure (dos carré-collé). Le problème c'est qu'elle est très rigide, ce qui ne facilite pas la manipulation du manga (c'est dû en partie au grammage du papier). Les jaquettes bénéficient d'un gaufrage, ce qui expliquerait (hum) le prix élevé de l'ouvrage, c'est d'autant plus vrai qu'à l'époque, les titres à ce prix-là étaient rares. L'impression est assez satisfaisante et le sens de lecture est conservé, c'est déjà ça.
DU MÊME AUTEUR

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RYO28/10/2003 |
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