
SYNOPSISHojô a choisi le métier de yakuza dans un objectif bien particulier : celui de "faire en un jour ce qui prend trente ans au commun des mortels". Avec des pratiques peu orthodoxes, il réussit à mettre la main sur des photos compromettantes du député Sakura, l'obligeant ainsi à démissionner de la vie politique. Quelles sont les véritables intentions de Hojô dans cette affaire ? La police piétine dans son enquête, mais découvre qu'un lien unirait le yakuza à un certain Asami, le secrétaire général de Sakura. Une simple coïncidence ? AVISDans un Japon moderne, les auteurs de ce manga nous montrent la face cachée de la politique japonaise, telle qu'ils semblent la percevoir, c'est-à-dire un milieu de vieux croulants qui ne pensent qu'à s'en mettre plein les poches et à forniquer. Le scénariste, Buronson – aussi connu sous la plume de Shô Shimura (et même Fumimura) – dénonce d'une certaine façon ce Japon qui vieillit, et tente de manière romancée de changer les choses à travers les deux principaux personnages de l'histoire. Avec le charismatique Hojô, yakuza "par défaut" de son état, il nous plonge également dans l'univers de la mafia japonaise, milieu ultra puissant étroitement lié à la politique du pays, où le oyabun (l'équivalent du parrain italien) reste une institution crainte et respectée en même temps, avec tous ses agissements violents qui en découlent.
L'une des grandes forces de Sanctuary réside aussi dans sa narration bien conçue qui d'un côté dévoile des agissements radicaux de la part de Hojô, et de l'autre le travail plus en finesse dans le milieu politique mais non pas moins crasseux d'Asami, son grand ami. Les situations semi-réalistes et très cinématographiques de cette œuvre, résolument destinée à un public adulte, captivent à chaque instant. Le bras de fer qui s'engage entre ceux qui tentent de "rénover" ce Japon inactif avec ses grabataires au pouvoir assure véritablement bien tout l'intérêt de ce manga qui, pour le moment, promet encore de très bons moments de lecture. Et ce n'est pas l'entrée en scène de nouveaux éléments de l'histoire telles que l'imposant Tokai qui va le démentir.
Vous n'êtes pas sans savoir que ce manga date relativement. Ikegami a beau être un excellent illustrateur et mangaka, il n'a pas échappé à la tradition "old school" de l'époque qui consistait à créer des planches avec un nombre de cases important. Ceci étant, le style graphique de cet auteur reste d'une grande force et d'une grande justesse. Les visages sont très réalistes et contribuent à merveille à crédibiliser le thème et l'ambiance de cette série.
Duo exceptionnel pour une série qui ne l'est pas moins. Ce premier volume de Sanctuary donne le ton. Entre manigances haut placées et crimes prémédités, le lecteur de polars et d'action à la "honkongaise" trouvera son bonheur à plus d'un titre. Tout bonnement excellent et vivement recommandé. ADAPTATION FRANÇAISEKabuto a repris le travail abandonné par Glénat il y a de cela maintenant quelques bonnes années. Rappelons que l'édition de l'éditeur grenoblois s'est interrompue après le volume 2 et a bénéficié d'une prépublication au sein du magazine Kaméha. La traduction diffère un peu dans la version actuelle de Kabuto, mais semble plus soignée et plus fluide à lire (les voyelles longues sont gardées par exemple). Côté retouche graphique, on constate avec plaisir que les enseignes des établissements ne sont pas modifiées et que les onomatopées sont très discrètes à l'image de leurs homologues japonais. Fait important aussi : le sens de lecture a été conservé (de droite à gauche donc), ce qui confère une meilleure restitution de l'image qu'a voulu donner Ikegami. Le format serait le même que celui proposé au Japon, et le lettrage d'un bon niveau (attention aux bulles inversées), et l'encrage ne souffre pas de défaut particulier dans la majeure partie du manga. En effet, la seule ombre au tableau, outre la jaquette à l'impression douteuse (car c'est une reprise d'une planche en noir et blanc), vient de l'impression mal étalonnée des premières pages coloriées par le mangaka, et de sa numérisation. Regardez bien attentivement le contour des cases de ces pages, et constatez par vous-même, certains bouts ont... disparu ! On chipote, mais le reste de cette adaptation française est vraiment de bonne qualité.
DU MÊME AUTEUR

|
RYO26/02/2004 |
|