
SYNOPSISLe Cadeau de l'Ange est le premier volume d'une trilogie de recueils de Tsukasa Hôjô, célébrissime auteur des incontournables City Hunter et Cat's Eye. Pour composer ce recueil, le mangaka a sélectionné cinq des neuf nouvelles composées lors de ses débuts en tant que professionnel, nous offrant un ensemble de récits brefs dessinés sur huit ans, sans aucun lien les uns par rapport aux autres. Si ceux-ci ne forment pas un tout cohérent, ils ont toutefois été recueillis en fonction de leur thème commun : l'amour, raconté sur un fond humoristique bien caractéristique de l'auteur. De 1980 à 1988, il y en a pour tous les goûts ! AVISInutile de chercher un ordre logique ou même chronologique des nouvelles dans ce recueil qui s'ouvre sur la plus récente – à l'époque – enchaîne sur la toute première du mangaka, continue sur un conte aux allures de Cendrillon avant de s'achever sur les (deux) toutes premières apparitions de Ryô Saeba, plus connu du grand public sous l'appelation de "Nicky Larson" dans nos vertes contrées. Autant de nouvelles, autant de genres différents ou presque puisque outre les deux apparitions de Ryô et Kaori nous avons le droit à un récit totalement inscrit dans la réalité avec Je suis un Homme !, tandis que Le Cadeau de l'Ange et Histoire de Chats sont entâchés de merveilleux, investies par l'imaginaire et se rapportent plus au conte qu'à la nouvelle. Tous ces éléments nous amènent de manière logique à un recueil de nouvelles inégales, autant sur le plan graphique que sur le plan scénaristique : en effet en 8 ans, on évolue ! Et c'est tant mieux, parce que quand on lit le second récit de ce volume, reconnaissons qu'il est difficile de croire que c'est bien l'auteur d'Angel Heart qui en est le reponsable : si l'on passe outre son dessin lamentable, il nous reste une histoire banale à la fin de laquelle des "coups de théâtre" téléphonés s'enchaînent sans grande crédibilité pour faire triompher l'amour... mouais, "peut mieux faire", et on comprend le mangaka quand il nous dit avoir "un peu honte d'avoir gagné des sous avec". D'ailleurs, "mieux", c'est bien ce que fait Hôjô dans le reste du recueil à travers des récits tous plus touchants les uns que les autres. Si l'humour qui en émane reste un élément plutôt subjectif à évoquer – c'est du Hôjô, on aime ou on n'aime pas – le talent narratif de l'auteur n'est quant à lui plus à prouver et chaque nouvelle a son originalité, si bien qu'on enchaîne leur lecture avec intérêt sans arriver à se lasser et c'est plutôt bien, même pour un récit qui n'excède pas les quarante pages. "Mieux", c'est également ainsi qu'on pourrait qualifier le dessin qui évolue considérablement au fil des années, car même si l'on est encore terriblement loin de l'esthétique d'un Family Compo, le charme de Hôjô est bien présent ; voire trop présent parfois puisque lorsque qu'on y prête attention, les protagonistes masculins ont bien (trop) souvent des airs de Ryô Saeba...
Pour conclure, je ne peux que conseiller ce manga à chacun, d'autant plus que le genre de la nouvelle est relativement absent de la bande dessinée japonaise – ou du moins en France. Sa lecture n'est certes pas indispensable, et j'ai envie de dire qu'il y a bien mieux à lire dans le genre, ne serait-ce que le second recueil de Tsukasa Hôjô et plus particulièrement le troisième qui mérite une place d'honneur dans votre bibliothèque, mais faire l'impasse sur ce premier volume serait une erreur surtout si vous avez décidé de vous intéresser à City Hunter. Si vous êtes bon public et que vous aimez rire ou être ému, ce titre est pour vous. ADAPTATION FRANÇAISEUne adaptation signée Tonkam fidèle à ses habitudes : sens de lecture oriental, lettrage agréable et clair, onomatopées pas vraiment discrètes et parfois ridicules mais tout à fait dans l'ambiance du recueil, encrage contestable, qualité de papier plus que contestable... mais pas de quoi crier au scandale, sans oublier que de nos jours les manga à moins de 5 € sont une denrée rare ! Concernant la couverture j'aime toujours aussi peu le très discret "Edition française" dont l'intérêt m'échappe encore, tout comme le bandeau publicitaire tout en bas : "Inédits les 2 premiers épisodes de City Hunter de TSUKASA HOJO". Mais bon, il était déjà présent pour la version originale... Le "Petit commentaire de l'auteur" suivant la première nouvelle a été conservé, et il est toujours agréable d'en apprendre un peu plus sur le "pourquoi du comment" des récits présentés. Seul un détail m'intrigue, une phrase en page 3 : "Spécialement présenté uniquement exprès pour vous par Tsukasa Hojo". Le moins que l'on puisse dire c'est que la syntaxe de cette phrase est bizarre, mais n'est-ce pas également dans l'ambiance du recueil ?
DU MÊME AUTEUR

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OKO20/02/2004 |
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