
AVISAprès un combat acharné mené par Dino contre le monstre responsable de la mort du père du petit John, l'entente entre l'enfant et Meyer est de nouveau à l'ordre du jour. Par la suite, le chasseur revient grièvement blessé auprès de la princesse Sonia qui, entre temps, se fait littéralement agresser par un mystérieux homme débarquant de nulle part et recherchant de toute évidence quelque chose de précis. Il semble de plus connaître Dino...
En arrivant à la dernière page de ce quatrième volume, sans crier gare, on tombe nez à nez avec un "Fin de la première saison" qui en dit long. Eh oui, malgré ce qu'on a bien pu vous dire jusqu'alors, Hunter, ce n'est pas terminé, même si pour l'instant aucune nouvelle d'une éventuelle reprise de la série n'a été annoncée, laissant ainsi en plan plusieurs pistes soulevées par Dae Chung Yun, l'auteur de ce manhwa à l'histoire qui se base sur une intrigue assez simple et très peu avancée pour le moment, mettant en scène un héros chasseur de monstres dans des combats violents et sanglants. La partie action prend d'ailleurs une large part dans le récit (le volume 3 est presque intégralement dédié à l'affrontement contre l'espèce d'Alien), même si quelques séquences plus "douces" surviennent de temps en temps en la personne de Sonia, le principal personnage féminin de ce manhwa. Le mélange aurait pu être savamment dosé si on n'avait pas cette désagréable impression que l'auteur tente bien malgré lui d'explorer trop de chemins différents, sans pour autant être clair dans sa démarche. Par exemple, juste avant d'avoir stoppé la série – provisoirement ou non – on se retrouve avec une séquence "enfant maltraité" tombée de nulle part, puis avec un nouveau personnage semblant sortir, à voir son accoutrement, d'une autre époque que celle instaurée depuis le tout début, à savoir l'ère moyenâgeuse. Bref, ça manque de toute évidence un peu de cohérence à ce niveau-là.
Mais le vrai problème de ce titre vient, à mon sens, essentiellement de sa réalisation. C'est bien simple, soit le manhwaga est un admirateur de Kentarô Miura et Hiroaki Samura, soit c'est un pur voleur. Remarquez, les deux solutions sont possibles. Explications : dans le premier volume, l'"inspiration" Berserk était palpable (héros ténébreux, châteaux, salles des tortures, etc.), dans le deuxième, c'est encore plus flagrant à cause d'un certain personnage "squelettique". Et puis que dire du combat contre le monstre du troisième tome, où la ruse employée par le héros et la manière dont il transperce le monstre sont similaires à celles utilisées par Guts dans son affrontement contre Wyald ? Les similitudes ne s'arrêtent pas là, même les situations et les comportements des personnages sont semblables ! On finit en beauté avec le volume 4 dont la séquence du massacre de début est une flagrante repompe des scènes de tueries du berserker de Miura dans ses moments... de berserker ! Toujours dans le même volume, de manière peut-être plus "discrète", Yun ne se prive pas de plagier ouvertement Samura. Comparez donc les planches où Sonia prend son bain à celles où Lin (L'habitant de l'infini) prend le sien (volume 7). C'est saisissant. Décors, visages, peignoir, cadrage, tout y passe. Bien sûr, ce n'est pas "exactement" trait pour trait, mais le plagiat est très net, le style graphique de l'auteur change d'ailleurs assez radicalement dans ce quatrième tome (même si ça a commencé à se voir vers le tome 3). On peut aussi citer le nouveau personnage de l'histoire qui ressemble énormément à Uruma (un des Itto-Ryû). Si ça se trouve Yun ne s'est pas privé de copier d'autres œuvres, maintenant, reste à savoir lesquelles. Pitoyable.
Au départ bien parti pour être quelque chose de relativement intéressant, Hunter sombre dans le ridicule et la honte à cause du pillage dont son auteur est coupable. Un manhwa qui, bien sûr, a bénéficié d'un travail certain de la part de son créateur qui, on n'en doute pas, a mis toute son énergie et sa volonté dans sa tâche, mais son manque de maîtrise et de style ne l'excuse pas pour autant de s'être servi comme il l'a fait chez ses collègues japonais. À oublier. ADAPTATION FRANÇAISEAlors que les jaquettes des trois premiers volumes étaient fidèles à la V.O., on note que Tokebi a fait une entorse à la règle pour ce quatrième tome en n'employant pas le même logo "Hunter" qu'en version coréenne. Et pire, son placement est mauvais et recouvre le cou de la jeune fille (Sonia). Hormis ce détail, on constate tout de même que la traduction est un peu étrange à certains endroits, on a l'impression presque d'une traduction littérale tellement c'est assez bas au niveau réplique. Remarquez c'est peut-être la faute du manhwaga. L'encrage n'est pas mauvais même si un brin maculé de manière générale, la reliure a gagné en souplesse, ça c'est bien, la qualité du papier reste la même, à savoir satisfaisante. Les onomatopées sont par contre un peu grosses et pas adaptées au graphisme. Mais globalement, c'est tout de même du bon boulot.
DU MÊME AUTEUR

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RYO28/04/2004 |
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