
AVISL'instigateur du haka-mairi, Chinpi, est le premier à pouvoir se recueillir sur la tombe de sa défunte mère. Une fois arrivée sur les lieux, la petite troupe en profite pour aller se baigner dans la mer, sous le ciel ensoleillé de ce bel été. Le voyage continue non sans quelques petits imprévus, puis, c'est au tour de Natane d'arriver sur les terres de son enfance. Pendant ce temps-là, Asajirô est de retour à maison longue Karakuri, et y rencontre le mystérieux rônin...
Pas mal de points obscurs commencent à s'éclaircir avec ce quatrième volume des aventures de Shichimi et Natane et, de toute évidence, ils sont liés à ce mystérieux rônin du nom de Furon. Après quelques épisodes plus ou moins indépendants (l'acteur fourbe, le type qui voulait se suicider, etc.), destinés à montrer de manière plus solide les caractères de chacun des protagonistes, entre finalement en scène celui dont Natane ne cesse de vanter les mérites à longueur de temps : le grand-frère Asajirô. Une entrée pour le moins fracassante, ponctuée cependant d'un ton assez léger, qui confère une sorte d'indolence à ce personnage. Mitsuru Adachi nous entraîne aussi de manière récurrente dans le passé de Natane, à travers ses rêves. C'est une façon plutôt adroite de dévoiler certaines clés de l'intrigue de ce manga, tout en mettant un gros voile de mystère par dessus. Il continue évidemment de parsemer de son humour décalé, plus ou moins subtile selon les instants, les planches du récit, et parvient toujours à instaurer au moment voulu cette impression de plénitude et de sensibilité dont il semble le créateur exclusif. Et même si les chapitres sont de qualité inégale dans leur intérêt et leur accroche, on passera finalement aisément outre, tant le charme global de l'œuvre est attractif.
Au niveau de la réalisation, on ne note pas de changement particulier depuis le premier volume. Le maître semble avoir trouvé le pied sur lequel danser, et propose dès lors un travail régulier et soigné. Le style graphique peut un brin décontenancer, mais à force de voir les mêmes traits se répéter sur la rétine, on en finit par le trouver élégant et charmant. Là où par contre tout le monde sera sans difficulté du même avis, c'est au niveau du découpage des différentes actions. Le cadrage est en effet à chaque fois vraiment bien adapté à la situation, ce qui montre, comme s'il était besoin de le préciser, qu'Adachi est loin d'être un mangaka amateur.
L'histoire continue d'avancer et captive toujours autant, si ce n'est davantage. Le personnage de Furon restera certainement celui qui intrigue le plus. Et après lecture de ce quatrième tome, une hypothèse plus que probable a germé dans l'esprit de chacun des lecteurs. Bref, un manga très réussi, à défaut d'être le chef-d'œuvre de son auteur. ADAPTATION FRANÇAISEIl est assez dommage que certains en-têtes de page (normalement en fond perdu) soient si visibles. Le résultat fait donc très "sale", ce qui attire inévitablement l'attention lors de la lecture. Hormis ce petit détail, l'édition de Glénat est vraiment très soignée. Le travail de traduction et ce qui en découle (notes explicatives) est d'un très bon niveau, les onomatopées sont discrètement traduites à côté des originales à partir de ce volume 4, ce qui est une très bonne chose. Le lettrage est sympathique, ce qui est moins vrai pour certaines retouches graphiques un peu trop "apparentes" (notamment dans les pages titres). Sens de lecture original conservé.
DU MÊME AUTEUR

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RYO17/05/2004 |
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