
AVISMalgré le peu de moyens qu'elle a, la troupe du cirque Nakamachi a réussi à monter son premier spectacle. Sur une idée de Masaru, le charme semble s'installer progressivement au sein du public qui finit par applaudir franchement le numéro présenté. C'est donc un nouveau départ pour le jeune garçon et sa charmante garde du corps, qui n'arrivent toujours pas à oublier le terrible événement qui s'est déroulé quelques mois plus tôt. Entre temps, à des milliers de kilomètres, en France, une machination se prépare doucement dans l'ombre...
À vrai dire, on s'en doutait un petit peu. Il faut cependant avouer qu'un brin de suspense en plus n'aurait pas été de refus. Mais si, rappelez-vous, à fin du volume 3, on a perdu quelqu'un de la bande. Toujours pas ? Bon, et le type sur la couverture de ce tome 7, il ne vous dit toujours rien ? Ah, ben voilà, c'est pas trop tôt. Ce n'était pas mon but de vous gâcher la surprise, mais comme l'auteur n'a pas vraiment fait le maximum pour le cacher... Eh oui, Narumi est de retour ! Et là, on arrête de rigoler.
Après quelques épisodes tumultueux servant à l'introduction de nouveaux protagonistes dans la série, d'un intérêt parfois assez faiblard il faut le reconnaître (cf. Beast le tigre), on rentre cette fois-ci dans un nouvel acte où la vedette n'est autre que le pratiquant d'arts martiaux, devenu comique malgré lui à cause d'une maladie rare, et qu'on croyait tous, jusqu'à ce fameux tome 3 donc, être le héros de ce manga. Ledit épisode venant à peine de commencer, il est assez difficile de se prononcer tout de suite, mais avec lui, on a la sensation que l'auteur, après s'être aventuré dans des choses sortant du carcan "shônenien" habituel, retrouve le chemin caractéristique de ce genre de "littérature", à savoir celui des combats de marionnettes, certainement le début d'une longue série d'ailleurs. On espère juste qu'il fasse très vite se recroiser Narumi et Shirogane, car leur tandem fonctionnait vraiment bien. Quoi qu'il en soit, malgré un dynamisme incontestable dans la réalisation et un effort évident pour proposer un contexte original et peu (pas) vu dans une bande dessinée japonaise (le cirque), on s'aperçoit qu'au fil des volumes, l'intérêt de Karakuri Circus n'est pas si évident que ça. Si la mystérieuse Shirogane reste un personnage d'un haut degré de charisme, que l'humour du duo de zigotos que forment Hiro et Nori détendent assez bien, on n'en dira pas autant de Masaru qui, de par sa pseudo maturité, agace plus qu'il ne plaît. C'est d'autant plus embêtant qu'il tient le premier rôle de cet interminable manga. Eh oui, ça va se savoir maintenant.
Le style graphique de Kazuhiro Fujita est assez atypique de ce qu'on a l'habitude de côtoyer avec ce genre de manga. En fait, le résultat est inégal selon les planches, le cadrage manque de rigueur. Parfois, on a l'impression d'avoir affaire à du travail bâclé au vu de la maladresse du coup de crayon, mais la plupart du temps, le talent du mangaka ne se dément pas, on l'apprécie par exemple à travers le détail engendré par des débris tout droit sortis d'une séquence mouvementée.
Sur ce, on peut dire que Karakuri Circus reste une lecture pleine de fraîcheur. Si au départ, on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un très bon titre, notamment grâce à son ambiance si particulière, il en ressort après 7 tomes qu'on a en réalité affaire à quelque chose d'assez peu attractif, dont le héros est insipide. Peut-être que la suite changera la donne, mais pour le moment, on reste un peu sur sa faim. ADAPTATION FRANÇAISEL'édition française est très satisfaisante. Il n'y a pas vraiment de quoi critiquer. Le rendu matériel est bon et le prix reste l'un des moins chers du marché. Les adeptes des onomatopées d'origine (dont je fais partie) seront certainement déçus, mais le travail du graphiste est plutôt pas mal. La traduction, bien que réalisée par différentes personnes selon les tomes, ne choque pas et semble à priori bien négociée. Sens de lecture "japonais" conservé.
DU MÊME AUTEUR

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RYO21/12/2004 |
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