
SYNOPSISTenko est une collégienne de 14 ans qui vit seule avec son père depuis la disparition de sa mère. Un jour, elle reçoit de sa cousine Nanari un cadeau de Noël banal : une peluche en forme de dinosaure ailé. Ce qui est moins commun, c'est que l'objet en question s'avère être... vivant ! Le petit monstre vole, crache du feu, et mange des onigiri ! Il suit Tenko partout et va même tenter de lui donner un coup de pouce lorsque cette dernière rencontre le beau Madoka pour qui elle semble avoir quelque sentiment... AVISAvec ce shôjo manga gentillet, Kumiko Kikuchi fait découvrir à son lectorat un bout du monde des jouets et des contraintes marketing qu'il représente. Le clin d'œil est d'autant plus intéressant lorsqu'on sait, d'après ses propres aveux, qu'elle a autrefois baigné dans ce secteur d'activité "impitoyable" et qu'une de celles qui travaillaient avec elle ressemble étrangement à la méchante directrice d'Ange, mode d'emploi. À ce propos, ce personnage caricatural permet d'obtenir la dose d'humour réglementaire à cette comédie sentimentale qui n'en est encore avec ce premier volume qu'à ses balbutiements.
Comme d'habitude, la héroïne est une personne pure et assez naïve qui va de surprise en surprise lorsqu'elle met un pied dans "le monde extérieur". Pour information, Tenko a passé sa scolarité loin des garçons, elle est même tombée amoureuse de sa tante Yûki, personnage svelte et élégant assimilable au prince charmant pour la jeune fille. Toute cette mièvrerie donne un ton bon enfant à la lecture générale de ce titre qui, du coup, perd en maturité et en finesse. L'idée de l'ange gardien "réincarné", si l'on peut dire, en peluche est assez séduisante et plutôt originale, elle permet d'explorer des terrains peu connus dans le monde du manga, du moins en ce qui concerne les gags et autres situations burlesques qui pourraient en découler. L'occasion également de faire perdurer la part de rêve que sommeille en chacun de nous et qui nous pousse à croire au fait que les objets inanimés ont une âme. Un peu à la manière d'un Toy Story de Pixar, si vous ne voyez toujours pas l'allusion. Mais <i>Ange, mode d'emploi</i>, c'est évidemment et surtout l'histoire d'amour qui se crée (en train de se créer) entre Tenko et son beau Madoka, l'être adulé de toutes les filles en effervescence à la vue de ce mâle imberbe. La rencontre se fait de manière assez brutale mais les liens s'installent petit à petit, ce qui laisse supposer bien d'autres nouvelles stratégies inventées par cet ange gardien perturbateur à ses heures, mais également responsable du bonheur de sa "maîtresse".
Le dessin de Kumiko Kikuchi plaira sans trop de mal aux lecteurs fanatiques de shôjo. Ils ne seront en plus pas vraiment décontenancés par le cadrage cassant et très éparpillé de cet auteur qui, comme ses collègues de travail, n'hésitent pas à tramer ses planches à outrance. De l'air, de l'air... !
Pour conclure, Ange, mode d'emploi est un manga comme il s'en fait beaucoup dans son genre. C'est une courte série qui n'apporte pas réellement grand chose au lecteur, si ce n'est la petite touche sympathique "kawaii" de ce dinosaure ailé, et le caractère de la femme active hiérarchiquement peu élevée, obligée de faire des courbettes toute la journée, en la personne de Nanari qui, pour le coup, supplante le personnage principal de l'histoire. ADAPTATION FRANÇAISEL'édition proposée par Soleil (et Vegetal Manga Shoten) s'en sort avec les honneurs sur bien des plans. Le plus important bien sûr, et ça va commencer à se faire savoir, c'est au niveau de l'impression des pages qui sont définitivement d'un (très) bon rendu. C'est enfin net ! La qualité du papier est toujours aussi bonne, la reliure un peu trop rigide mais reste facilement maniable. Le lettrage par contre est à revoir à quelques endroits, non pas qu'il soit raté, juste qu'il est très facilement perfectible (pas assez d'aération dans les bulles). Et puis pour finir, on dira que la traduction semble très correcte, attention juste aux quelques fautes d'orthographe (évidentes) qui traînent à droite à gauche.
DU MÊME AUTEUR

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RYO27/10/2003 |
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