
SYNOPSIS2010, la Terre est dévastée par une guerre atomique provoquée par l'Homme. La nature ainsi que l'humanité ont quasiment disparu de la planète. Seuls de malheureux rescapés tentent de vivre, ou plutôt de survivre, dans ce vaste détritus d'écosystème. Les plus forts y règnent en maîtres et les faibles subissent comme des esclaves. Alors que la justice est enterrée et que la notion de bien écartelée, le mal et le vice s'emparent du reste des hommes. Pourtant, il y a 2000 ans de cela, deux arts martiaux destructeurs ont été créés pour préserver l'équilibre du monde : le Hokuto Shinken, basé sur les chocs internes et le Nanto Seiken, porté sur des techniques de déchirures externes. L'un ne devant jamais s'opposer à l'autre, car les conséquences en seraient désastreuses. Mais dans un monde comme celui-là, les plus vils disciples du Hokuto et du Nanto profitent de leurs pouvoirs pour semer le désordre. Seul Kenshirô, le dernier héritier du Hokuto, est resté sur le droit chemin. Il est sans doute le dernier espoir... AVISKen le survivant (Ken) est de prime abord un manga violent., voilà qui est dit. C'est vraiment la première chose qu'on découvre en lisant ce manga : des combats se terminant par de hecto-litres de sang qui coulent de part et d'autres de l'anatomie des personnages, ça explose de partout, bref, c'est dur de faire plus violent. Pourtant, malgré ce constat peu ragoûtant, Buronson et Hara signent là l'un des chef-d'œuvres les plus marquants de la bande dessinée japonaise.
De la violence gratuite, me direz-vous ? Je ne pense pas que ce soit à 100 % le cas. L'un des intérêts de ce manga réside justement dans la manière – originale – qu'a Ken de gagner ses combats. Et son art, le Hokuto Shinken, est vraiment l'excuse toute trouvée pour pouvoir oser montrer de telles superbes monstruosités ! Dans la même continuité, notons que l'affrontement de Ken contre Raoh, le "méchant" charismatique de l'histoire, est, par la force des choses, vraiment devenu mythique. Il faut dire que le charisme des personnages est tel dans ce manga qu'on aimerait bien qu'ils existent en vrai (mais je délire, là). Vous imaginez quelqu'un d'aussi fort que Ken ? Il nous débarrasserait de la racaille qui vit chez nous en un rien de temps ! On peut toujours rêver, non ? C'est d'ailleurs l'une des raisons invoquée par Tetsuo Hara pour justifier toute la puissance de son héros. Mais revenons aux personnages, qui sont tous à leur manière vraiment surprenants de par leur gabarit (taille / musculature hors-normes). Car oui, dans le monde de Ken, tout est disproportionné. On imagine bien que c'est pour amplifier la terreur des combats... mais c'est on ne peut plus réussi ! Pourtant, quand on voit avec quelle facilité notre héros arrive à se débarrasser de ses adversaires, on ne peut qu'être admiratif et se mettre doucement à rêver pouvoir s'identifier à cet apollon des arts martiaux. Non franchement, il a la classe, et ceux qui disent le contraire (et il y en a) sont sûrement ceux qui ne jurent qu'en leurs héros androgynes. Évidemment, ce n'est qu'une question de goût, mais de temps en temps, un héros bien "macho", c'est rafraîchissant. Outre l'aspect baston spectaculaire qui émane de cette œuvre, on peut également ressentir tout le côté humain et limite "larmoyant" de l'épopée de ce héros au grand cœur, mais impitoyable avec la vermine. Bref, un équilibre idéalement réglé.
En ce qui concerne la réalisation, il s'agit d'un manga qui date des années 80, alors question dessin, on ne peut pas dire que ce soit parfait dans les premiers volumes. L'auteur se rattrape cependant très vite vers les tomes 5, 6. Les proportions ne sont pas toujours gardées, le tramage assez peu utilisé et le découpage pas toujours assez percutant (mais on s'en fiche), le style comics est facilement décelable chez Tetsuo Hara, ce qui n'est pas plus mal en fait : ça nous donne des héros bien musclés et surpuissants. Sinon on remarque, histoire de dire quelque chose, que les bulles du mangaka sont vraiment... bizarrement faites. En tout cas le travail d'ensemble est tout de même admirable.
Pour conclure, on va faire simple : ce manga est une tuerie (elle était facile). Ça a du style, c'est franchement bourrin la plupart du temps, ça ne conviendra certes pas aux plus sensibles d'entre vous, mais qu'est-ce que c'est prenant ! Certainement l'une des œuvres les plus jouissives en matière d'arts martiaux spectacle ! ADAPTATION FRANÇAISELe titre du manga est repris de la série diffusée en France, à savoir "Ken le survivant", soit. La couverture est respectée, rien à signaler de ce côté-là. L'impression de celle-ci est un moins bonne que la VO, mais ne chipotons pas, comme dirait l'autre. On note un effort pour les tranches de jaquettes. L'éditeur a eu la bonne idée de garder les illustrations originales, ce qu'il ne faisait pas avant (cf. Fly). Le sens de lecture est japonais, la traduction me semble bonne, mais n'étant pas (encore) familiarisé avec le japonais, je ne pourrais pas m'étendre sur le sujet. Je note également qu'ils ont arrêté de numéroter les cases, ce qui était insupportable dans Fly (encore lui) par exemple. En ce qui concerne les onomatopées, J'ai Lu fait vraiment très fort : ils ont traduit ces dernières mais de façon vraiment discrètes pour ne pas gâcher le dessin, vraiment bien de leur part. Sinon un truc pas bien, mais alors vraiment pas bien du tout : la qualité des pages ! C'est vraiment du recyclable leur truc ! Et l'encre y adhère très mal... Vraiment dommage ! Et hop, un dernier "vraiment" !
DU MÊME AUTEUR

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RYO02/11/2001 |
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