
SYNOPSISIl fait froid. Il neige très fort. Le paysage devient immaculé. Une splendide jeune femme au visage triste et vêtue de blanc apparaît alors. Comme résignée, elle reste immobile, semblant attendre quelque chose dans le lointain. Cette personne, c'est Shirahime, la princesse des neiges de la légende. Elle pleure de toutes ses larmes, comme pour dire qu'un tragique événement vient de se dérouler... AVISAvec ce recueil teinté de blanc, Clamp nous fait effleurer l'un des personnages très usité du folklore japonais : la princesse des neiges, Shirahime. Tels des poèmes lancés dans un vent glacial, ces histoires d'amour tragiques que l'on découvre tour à tour, et dont la beauté n'a d'égal que l'esthétisme visuel du cadre dans lequel elles se déroulent, parviennent sans peine à faire ressentir au lecteur une sensation de sérénité liée à l'environnement immaculé où se produisent pourtant des drames. Très romancés, très magnifiés, ces chapitres sont extrêmement lisibles, grâce à une narration très épurée qui trouve très vite son rythme. L'ouvrage comprend relativement peu de textes, mais c'est évidemment plus sur la réalisation envoûteuse, appuyée par des dessins d'une grande finesse, au trait longiligne et semblant flotter dans la tempête de neige, omniprésente durant l'intégralité de ce manga, qu'il faut prêter attention. La matérialisation, pour ne pas dire la personnification de celle-ci reste très impressionnante (et fait penser au passage à Horus, prince du soleil d'Isao Takahata) et contribue grandement à la magnificence de cette œuvre. Les trois principales histoires du recueil sont toute de grande qualité, toutes porteuses de symboles que chacun interprétera à sa guise. En tout cas, l'essentiel est là : c'est beau, apaisant et riche à la fois. Bref, c'est intense.
Pour le côté un peu plus technique de la chose, sachez que le cadrage de ce titre est la plupart du temps extrêmement dépouillé, pour ne pas dire simpliste. Il reste néanmoins tout à fait adapté au format et au thème proposé. Le style graphique en revanche peut plaire, comme décevoir, là encore tout n'est bien sûr qu'une question de préférences. On prend tout de même bonne note que Mokono Apapa a pour l'occasion utilisé un trait plus gras (fusain), afin de mieux retranscrire l'époque féodale dans laquelle est baignée l'action.
En bref, vous tenez là un excellent manga qu'il ne faut pas se priver de lire. Graphiquement très bon, "intellectuellement" intéressant, Shirahime Syo est une bonne affaire pour tous les amoureux de la poudreuse, et plus sérieusement, pour tout ceux qui aiment les belles choses. ADAPTATION FRANÇAISEL'adaptation de Glénat est plutôt réussie. Concernant le format, l'éditeur a fait l'effort de garder celui d'origine (chose qu'il ne fait pas toujours hélas), respectant ainsi au mieux la mise en valeur des dessins. Le sens de lecture a également été conservé, ce qui contribue à préserver toute la justesse du travail de la dessinatrice. Le papier employé est bien luxueux, la reliure souple comme il faut, bref, de ce côté-là, c'est très bien. L'encrage est également très bon, l'impression des quelques pages en couleurs également, mais là où il y a un petit problème, c'est au niveau du scan. On a ainsi droit à léger manque de définition dans les contours des dessins (approchez-vous, vous verrez), mais aussi à des pages à l'origine peintes complètement "foutues". Une très belle preuve de ce qui vient d'être dit en page 85, qui constitue avec la 84 une double page. Leur différence de tramage parle d'elle-même. La traduction s'en sort très bien (une petite coquille relevée toutefois) et les notes explicatives sont vraiment pratiques. Le lettrage est satisfaisant (attention aux coupures de mots) et les retouches graphiques très discrètes.
DU MÊME AUTEUR

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RYO25/03/2004 |
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