
SYNOPSISMais qui est cette mystérieuse femme qui attend à la sortie des écoles, tapie dans l'ombre d'un poteau électrique ? Elle porte une écharpe en plein mois d'avril et tient fermement dans ses mains une poupée amochée. Qu'a-t-elle donc à épier les petites filles qui rentrent chez elles après les cours ? Quelque chose ne tourne pas rond... À ce propos, on ne peut pas dire que la jeune Kageyo aille très fort dernièrement, elle semble de plus en plus pâle depuis qu'elle a recueilli chez elle ces espèces d'escargots qui étaient réfugiés dans un caniveau. Shizuko également n'est pas au mieux dans sa peau, puisqu'elle complexe sur son apparence physique. Elle décide par hasard d'essayer de se maquiller... AVISÀ travers trois récits de longueur inégale, Kanako Inuki nous plonge dans ce que l'on appelle communément un manga horrifique. Et à ce jeu-là, on peut dire que le trouillomètre atteint un niveau on ne peut plus satisfaisant. La première des histoires, la plus développée et la plus réussie des trois, met en scène une femme au long cheveux noirs et bizarrement couverte d'une écharpe jusqu'au nez. Elle serait en fait à la recherche d'une petite fille... de sa petite fille ? Toujours est-il que l'auteur parvient, grâce à des procédés cinématographiques, à faire monter la pression chez le lecteur. On ne compte plus les gros plans brusques sur l'affreux visage de cette monstrueuse femme (qui n'est pas sans rappeler une certaine Sadako), ni les courses poursuites endiablées qu'elle fait subir aux petites écolières sorties des cours ! C'est très bien monté, dessiné de manière expressive, dans un style qui se prête bien au thème de l'œuvre. Bref, comme diraient les Japonaises : "Kowai~iii !". La deuxième histoire, qui de toute évidence a été réalisée avant "La femme défigurée", raconte comment d'étranges escargots réussissent à prendre le contrôle de l'espèce humaine. Bien que parfaitement réussi dans son approche, préférez-lui la version de Junji Itô (Spirale) qui, selon moi, est d'un bien meilleur "goût". On y remarque également un trait moins abouti que dans le récit qui précède, aussi bien dans le cadrage que dans le trait des personnages. Enfin, dans "Possession cosmétique", ils sera question de dissimuler l'âme humaine grâce au maquillage. Le thème est typiquement féminin et l'histoire est au bout du compte décevante par rapport à ce qui précède. Le graphisme n'arrange en rien les choses puisqu'il est des plus maladroits, et tient plus de l'amateurisme de fanzinat.
Ça ne s'appelle pas La femme défigurée pour rien, c'est sûr, puisqu'il s'agit définitivement de la meilleure réalisation parmi les trois proposées dans ce recueil d'histoires horrifiques, aussi bien graphiquement, qu''au niveau émotionnel. Dans la lignée d'un Knife Senno (Sister, La fin de l'Eden), et un cran en dessous du très bon Spirale de Junji Itô, ce manga parviendra malgré tout à remplir sa fonction première : vous effrayer ! ADAPTATION FRANÇAISELe couple Delcourt/Akata nous montre une fois de plus qu'ils réussissent parfaitement à répondre aux attentes des lecteurs en matière de manga. Avec une édition proche de la VO (encrage très satisfaisant, qualité de papier convenable, bon lettrage), on note tout de même une incohérence au niveau de la traduction, malgré le fait que dans l'ensemble elle reste tout à fait compréhensible et adaptée (même si c'est toujours bizarre de voir des noms japonais francisés : "Sékigutchi", "Kaguéyo", etc.). Dans la première histoire, au début, la femme dit "Vous ne connaissez pas ~ko ?", or on parle par la suite d'un prénom commençant par "sa". C'est à ne plus rien y comprendre ! Le manga a également subi la légère hausse de prix.
DU MÊME AUTEUR

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RYO25/01/2004 |
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