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Chroniques Manga & Manhwa

BECK

Après le volume 1


SYNOPSIS

Le jeune Yukio Tanaka sauve malgré lui une grand-mère aux prises avec deux voyous prêts à tout pour lui soudoyer de l'argent. Bien amoché, le garçon s'apitoie à présent sur son sort de collégien banal aimant en secret la plus jolie fille de l'établissement. À peine le temps de se remettre de ses émotions qu'il croise par hasard le regard d'un chien pas comme les autres, littéralement rapiécé de partout ! Il apprend qu'il se nomme Beck et qu'il a pour maître un type aux cheveux longs et au look rebelle, un certain Ryûsuke Minami, un guitariste qui fait partie d'un groupe de rock amateur qui cherche désespérément un producteur. Ainsi commence le "voyage initiatique" de Yukio dans le vaste monde de la musique...

AVIS

Ce dont on peut être sûr, car statistiquement prouvé, c'est que ce manga de Harold Sakuishi aux allures d'un shônen des plus banals à la lecture de ce premier volume – ce qui n'enlève rien au fait qu'il puisse être amusant et intéressant à lire – est un franc succès au Pays du Soleil Levant. Précédée d'une belle réputation avant sa sortie française auprès du public d'initiés, cette série traitant du monde de la musique a "forcément" quelque chose de spécial... maintenant reste à savoir quoi. Le héros peut-être ? Un vrai-faux courageux qui ne se donne aucun mal pour faire quelque chose de sa vie si "paisible" ? Pas pour l'instant. La jeune fille de toutes les convoitises alors ? Sorte d'"idol" accessible à la plastique bien faite ? Non plus. Mais alors quoi ? Une partie de la réponse se trouve pourtant dans ce premier opus dans le personnage attachant, mais néanmoins anodin, de Ryûsuke, celui qui comme le dit Yukio dès le début sera le "déclencheur" de l'aventure Beck. Bon, inutile d'entretenir plus longtemps ce suspense minable, l'intérêt de ce manga réside bien entendu dans l'ascension future du groupe de rock dans lequel va évoluer Koyuki, des déboires et autres désillusions qui s'accapareront certainement une place de choix dans cette entreprise ; bref, une image à des années-lumière de celle des groupes et autres chanteurs pré-formatés qu'on nous sert aujourd'hui à toutes les sauces. D'une part, on peut comprendre la démarche de l'auteur qui semble s'évertuer à nous faire apprécier ce qui est, pour lui, de la bonne musique. Mais d'autre part, malgré toute sa bonne volonté, il est évident que ce manga ne s'adresse avant tout qu'à un certain public "fan" de la génération rock. Un exemple "dérangeant", si l'on peut dire : la séquence où Koyuki dit à Izumi qu'il écoute une chanteuse de j-pop lambda, qu'il aime ça et qu'elle lui répond, l'air attristé : "T'écoutes pas beaucoup de musique alors...", comme si cette musique-là, justement, est à bannir. Malgré sa pauvre culture musicale, pourquoi enlever à Koyuki, censé représenter le type moyen de l'adolescent pré-pubère, le fait d'aimer ce qu'il entend à travers ses sens, sa propre sensibilité ? Pourquoi, quand on lit ce manga, a-t-on l'impression qu'écouter de la musique issue du monde populaire, c'est mal ? Si Chiemi Kuniyoshi c'est sa tasse de thé, c'est son problème après tout. Le choix doit rester libre.
Graphiquement parlant, ce premier tome des tribulations musicales de Yukio s'en sort avec les honneurs. Certes, des imperfections notables au niveau morphologique sont visibles, mais l'auteur prouvera au fil des volumes qu'une certaine maîtrise à ce niveau-là sera atteinte. Le cadrage quant à lui, bien que classique, est très travaillé et témoigne d'un travail rigoureux, à défaut d'être toujours très bien adapté.

Apologie sans conteste de la musique rock, Beck de Harold Sakuishi se présente avec son premier volume comme étant un manga prenant à lire, car simple, et d'un intérêt élevé de par certains personnages plutôt décalés (Ryûsuke, Maho). Reste à voir comment va évoluer le discours de l'auteur concernant les autres "produits" musicaux, et bien sûr l'ascension du personnage principal. À titre de comparaison, ça reste beaucoup moins fendard qu'un Bremen de Haruto Umezawa, manga traitant également de rock, il faut dire aussi que l'approche musicale est loin d'être la même.

ADAPTATION FRANÇAISE

L'édition française est soignée, il n'y a pas vraiment de reproche à émettre. On aurait évidemment préféré que l'encrage soit parfait, ce qui n'est pas le cas sur certaines pages un peu fades, et que les textes anglais d'origine soient intégralement conservés, même si le fait des les avoir traduits permettra une meilleure compréhension chez les anglophobes. Le format B5 a été laissé en l'état, la reliure est d'une bonne souplesse et la jaquette bien travaillée (logo-titre). Le choix de son illustration est plutôt compréhensible (voir jaquettes originales). Le lettrage est très bon, police d'une grande lisibilité, bien adapté à l'univers manga, les onomatopées par contre manquent un peu de style, mais restent sympathiques. Niveau traduction, on sent du très bon travail, même remarque concernant les clés de compréhension disponibles en fin de volume. Et on finit par une petite gueulante contre les écriteaux retouchés qui perdent énormément (si si) de leur "charme" en version française. Sens de lecture original conservé, mais était-ce besoin de le signaler ?

DU MÊME AUTEUR



  • Harold Sakuishi :
    - Beck
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RYO
07/08/2004

Fiche Technique

Titre :

Beck

Titre original :

Beck

Auteur(s) :

Harold Sakuishi

Éditeur :

Akata / Delcourt

Nombre de volumes :

En France :

27 (en cours)

Au Japon :

34 (fin)

Prix indicatif :

7,50 €

Type d'ouvrage :

Manga

Titre couverture

Édition française (28)
Édition originale (34)
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fondEn bref

Dessin : 15/20

Un style graphique assez déroutant au départ, mais qui s'avère travaillé et très clean.

Scénario : 15/20

Beck ou comment un petit gars paumé entre dans le monde du rock.

Fun : 15/20

Une lecture divertissante et prenante.

Adaptation : 15/20

Beau bouleau... euh, boulot.

Intérêt : 80 %

Le premier volume de cette série est pour le moment bien parti pour consolider ce qui semble être un manga de grande qualité, bien que ce soit loin d'être si révolutionnaire qu'on semble l'entendre un peu partout.

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