
SYNOPSISIl s'appelle Kazuya Kagami et il a vingt ans. Ancien chef de motards dominant la région du Kantô, le jeune homme est aujourd'hui un agent de police qui tente à sa manière de résoudre les affaires de son quartier. Et bien qu'étant assez peu apprécié de ses collègues de travail, contrairement à un certain Hôjô, pourtant issu de la même promotion que lui, il reste toujours respecté par ses anciens sbires. En effet, lorsqu'il s'agit d'aider un ami, "Kagami senpai" est toujours là ! AVISAvec ses cheveux décolorés, son passé de voyou, son grand sens de la justice, son petit faible pour les filles, et son pucelage de vingt ans, l'ami Kazuya Kagami ressemble à s'y méprendre à un autre de ses célèbres confrères "héros de manga" exerçant en milieu scolaire : un certain Eikichi Onizuka, surnommé le "Great Teacher". Si Keiichi Suzuki, l'auteur de cette série, semble jouer sur les plates-bandes de Tôru Fujisawa, on peut néanmoins dire qu'il réussit avec brio à retranscrire l'ambiance excentrique dégagée dans un GTO, bien que ça reste moins impressionnant et "osé" aussi bien au niveau visuel, qu'au point de vue de l'histoire (tout du moins pour le moment). Dans Flic à Tokyo, vous y verrez des arrestations musclées, des choses que la morale réprouve (surtout dans un commissariat !), et enfin un personnage haut en couleur qui ne recule devant rien lorsqu'il s'agit d'aider quelqu'un, le fameux "flic à Tokyo". Sa personnalité n'a rien d'original dans le sens où dans bon nombre de manga, le lecteur aura pu voir ce genre d'individu. Doté d'une sensibilité "extrême", un peu à la manière d'un Maeda de Racaille Blues (on va dire qu'il se laisse facilement attendrir), aussi droit et naïf qu'un Kawato de Rookies avec la cruauté d'un Onizuka, le héros qu'est Kagami est en fait un mélange des personnages précités et n'apporte donc pas grand chose au genre, si ce n'est qu'il incarne une profession assez peu représentée dans le manga en France : policier. Le côté "tous les moyens sont bons pour que justice soit faite" pourrait faire rire, car contradictoire, en principe, avec les fondements même de la police, et n'être qu'un prétexte de cadre d'action, où finalement l'importance de ce milieu resterait relatif. Oui, mais lorsque l'on lorgne du côté des personnages secondaires comme le lieutenant Hôjô ou le chef de la police, on se dit que finalement il y a tout de même une volonté d'authenticité de la part de l'auteur.
Au niveau technique, on voit un trait de dessin qui est somme toute élégant à regarder, pas très détaillé et plutôt rond, on ne peut pas dire pour autant que le style graphique décontenance par sa forme. On peut même y voir quelque ressemblance avec le trait de Masanori Morita dans certaines expressions du visage. Le cadrage est adapté en fonction des besoins de l'action, et reste ce qui se fait de plus classique dans le genre, contribuant à une lecture facile et rapide.
Enfin voilà. Pour tout dire, ce manga ne déchaînera pas les foules, bien qu'il soit très amusant et facile à lire. Série relativement courte de huit volumes, Flic à Tokyo, de par ses faits divers légers (parfois ridiculement trouvés), réussit le pari d'associer à l'image de la police un personnage hors du commun dont la débilité n'a d'égal que son courage. À lire un jour de platitude au niveau loisir. ADAPTATION FRANÇAISEL'édition proposée en France ne souffre pas de défauts majeurs, si ce n'est les quelques fautes d'orthographe grossières qui traînent par-ci, par-là, une traduction qui gagnerait à être plus affinée au niveau des termes employés, il faudrait en effet se mettre d'accord : c'est soit "senpaï", soit "sempaï" (francisation) comme il aurait peut-être fallu traduire "hentaï" comme c'est fait dans la plupart des séries, plutôt que d'en faire une note explicative. La qualité globale du livre, matériellement parlant, est bonne et respectueuse de la version originale (sens de lecture, encrage, papier, etc.).
DU MÊME AUTEUR

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RYO15/02/2004 |
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