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Chroniques Manga & Manhwa

MW

Après le volume 1


SYNOPSIS

Cadre modèle dans son travail au sein d'une grande banque, Michio Yuki est en réalité un assassin qui n'en est pas à son premier coup d'essai. Qu'est-ce qui peut bien expliquer les raisons d'un tel comportement ? Pour le savoir, il faut sans doute se tourner vers le père Garai, un homme au passé tumultueux qui noue des relations profondes avec lui. Torturé dans son envie de dénoncer ce tueur sanguinaire à la police qui, depuis longtemps maintenant, suit ses traces, l'homme ecclésiastique se force au-delà de ses limites à garder le silence par égard envers son métier...

AVIS

Avec son sang froid impressionnant et son visage d'ange, Michio Yuki fait immanquablement penser à un certain Johann Liebert, un autre grand manipulateur et assassin de son état, découvert par le public français dans Monster, le manga de Naoki Urasawa paru bien des années après MW. Dès le début de l'ouvrage, on découvre ce tueur en série dans son horrible passe-temps, avec une scène qui pourrait choquer les lecteurs les plus sensibles. Par la suite, presque "heureusement", des explications commencent à se montrer, notamment en la personne du père Garai (dont les traits ont été empruntés de toute évidence à Golgo 13 de Takao Saitô), l'autre protagoniste de cette série décidément à ne pas mettre entre toutes les mains. La relation "ambiguë" que mènent les deux hommes surprend, et reste très en retrait à ce que nous avait habitué celui que l'on surnomme le "Dieu du manga". L'autre raison de ces agissements atroces trouve également une réponse qu'il va vous falloir élucider par vous-même dans le titre énigmatique de l'ouvrage, bien que l'on pourrait penser qu'elle n'est que prétexte à Tezuka de démontrer une nouvelle fois le côté animal et le plus vil qui se terre chez le genre humain. Il dénonce de plus, comme à son habitude, le pouvoir et la laideur des hommes haut placés, laissant le lecteur prendre conscience des situations d'injustice auxquelles il assiste.
Découpée à la manière d'un film, la narration de l'auteur s'en retrouve ainsi plus attractive à suivre. Le cadrage est osé par moments, mais reste cependant plus expérimental que réussi. Au niveau graphique, le mangaka est fidèle à lui-même, toujours cette même expressivité dans l'action et le mouvement, et un soin évident est apporté au détails des décors environnants. Hélas, et même si certains (les fans, les "connaisseurs") y trouveront toujours quelque chose à redire, le style graphique, bien que ne manquant pas de charme, reste bien en deçà de ce qu'on peut découvrir dans les séries actuelles. L'écart des "générations" fausse sans aucun doute ce jugement, mais ça reste légitime.

Œuvre noire et peu conventionnelle – on a affaire à un Tezuka après tout – MW est un manga de qualité et d'un intérêt certain. Moins dérangeant qu'un MPD Psycho d'Ôtsuka et Tajima qui aborde un chemin similaire, moins passionnant qu'un Monster d'Urasawa, MW ne démérite évidemment pas, et saura vous prouver que le papa d'Astroboy reste un auteur sachant changer de registre avec brio, et c'est rare.

ADAPTATION FRANÇAISE

L'édition de MW proposée par Tonkam fait plaisir à voir. Très réussie en ce qui concerne l'extérieur (mini sérigraphie au niveau du titre, même si je ne suis pas sûr qu'on peut qualifier ça comme tel), l'intérieur est tout aussi pro. On constate avec joie que l'éternelle police de l'éditeur a été remplacée, on passe ici à quelque chose de plus adapté à un manga. En fait, si vous êtes un peu observateur, il s'agit ni plus ni moins que de la font utilisée dans Racaille Blues (Masanori Morita, J'ai Lu). Un très bon choix en tout cas. La traduction semble des plus cohérentes et bien travaillée, même constat en ce qui concerne la travail d'adaptation graphique qui reste vraiment esthétique sans être encombrant (les retouches d'un contenu de journal, écriteaux, onomatopées, etc.). Ce qui est maintenant un peu dommage, c'est que le sens de lecture soit inversé, eh oui, Tonkam se plaît à éditer ses œuvres de Tezuka de telle sorte à ce qu'un public "moins porté" sur le manga puisse jouir de son acquisition. Personnellement, je ne sais pas si c'est une bonne chose, mais reconnaissons que ça ne gêne pas vraiment, en fin de compte, vu que les dessins d'un Tezuka ne sont pas primordiales, contrairement à d'autres séries ! Le papier est un peu trop fin mais permet une reliure souple, l'encrage quant à lui est de bonne facture dans l'ensemble. Enfin, le prix défie toute concurrence, ce qui est un point non négligeable à prendre en compte.

DU MÊME AUTEUR



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RYO
18/04/2004

Fiche Technique

Titre :

MW

Titre original :

MW (Mû)

Auteur(s) :

Osamu Tezuka

Éditeur :

Tonkam

Nombre de volumes :

En France :

3 (fin)

Au Japon :

3 (fin)

Prix indicatif :

6,25 €

Type d'ouvrage :

Manga

Titre couverture

Édition française (3)
Édition originale (3)
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fondEn bref

Dessin : 11/20

Des dessins qui rébuteront certains, une fois l'habitude pris, ils se digèrent sans difficulté.

Scénario : 16/20

Un serial killer qui agit sous l'effet d'un événement qui s'est produit bien des années auparavant.

Fun : 16/20

Zéro lourdeur, c'est vraiment d'une fluidité exemplaire.

Adaptation : 16/20

Mention très bien.

Intérêt : 88 %

Une affaire sombre à suivre dans les prochains volumes, mais qui s'annonce grande. Un très bon Tezuka.

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