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Chroniques Manga & Manhwa

LE SOMMET DES DIEUX

Après le volume 1


SYNOPSIS

C'est en fouinant dans des boutiques de bric-à-brac népalaises, à Katmandou, que Makoto Fukumachi découvre par hasard un vieil appareil photo susceptible d'avoir appartenu à George Mallory, le grimpeur légendaire qui a emporté avec son équipier Andrew Irvine le secret de la première ascension de l'Everest, après avoir disparu mystérieusement il y a de cela près de 70 ans, le 8 juin 1924. Son investigation va l'amener de fil en anguille à rencontrer le fameux Jôji Habu, l'homme qui ne vivait que pour la montagne...

AVIS

Le Sommet des dieux (Kamigami no Itadaki) est à l'origine à roman de Baku Yumemakura qui est paru en 1997, traitant du milieu méconnu de l'alpinisme, sur les bases d'un fait réel : le mystère de l'ascension de l'Everest en 1924 de G. Mallory et A. Irvine. En 2000, il en confie avec joie l'adaptation manga à Jirô Taniguchi, celui qu'il considère, à raison, comme l'un des mangaka les plus à même de pouvoir représenter à sa juste valeur le milieu montagneux dans lequel se déroulent les exploits vertigineux de Jôji Habu. À travers les quelques 300 pages de ce premier volume – sur une série de cinq – on assiste, en flashback, à la présentation du personnage de Habu, celui qui, sur un coup de tête, a décidé de s'inscrire à un club d'alpinisme. Par la forces de choses, et surtout grâce à un don inné pour cette discipline, il entre dans la légende en gravissant un jour l'une des montagnes les plus dangereuses qui soit, en plein hiver. Homme complexe et très taciturne, Habu nous apparaît au premier abord comme quelqu'un d'égoïste et rude, ne vivant que pour la montagne dont il est tombé de toute évidence "amoureux". Pourtant, grâce à sa rencontre avec un certain Kishi, un "fan" qui s'est également mis à l'alpinisme pour suivre ses traces, on découvre la face cachée du bonhomme. Le manga s'attarde de plus sur d'autres personnages comme Fukumachi, qui sert pour le coup de lien entre le fameux grimpeur et le lecteur (lui aussi est torturé par un événement qui l'a marqué), ou encore le talentueux Hase, l'antagoniste par excellence de Habu. En somme, on a droit à une espèce d'initiation de l'alpinisme (de nombreux termes techniques sont employés) à travers des personnages intéressants, où l'on ne prône ni plus ni moins que le dépassement de soi à travers la souffrance et l'effroi.
La narration maîtrisée de Yumemakura confère assurément un rythme soutenu tout au long de la lecture de ce pavé, mais n'est rien en comparaison de l'impression de grandeur procurée par les dessins de Taniguchi au niveau des décors impressionnants de détails. Outre un cadrage irréprochable, son style graphique concernant les personnages reste égal à celui que l'on connaît via ses œuvres plus anciennes (Le Journal de mon père, L'homme qui marche), penchant donc plus vers un design "franco-belge", ce qui lui permet d'être mieux appréhender par un lectorat plus diversifié.

Pour faire bref, il s'agit d'un premier volume très intéressant, où l'"effet Taniguchi", combiné au talent d'écriture de Yumemakura, fait mouche. Pas aussi touchant qu'un Quartier lointain et autre Le Journal du mon père, Le Sommet des dieux parvient néanmoins à transporter le lecteur dans un univers encore inédit dans le milieu de la bande dessinée japonaise.

ADAPTATION FRANÇAISE

Il s'agit là d'une édition "deluxe" signée Kana qui inaugure avec ce titre son nouveau label "Made in Japan". Le format de l'ouvrage est plutôt grand, et surtout très épais (plus de 300 pages) et rend hommage aux dessins de Taniguchi. Si le manga est si volumineux, c'est également à cause (ou plutôt grâce) à la qualité appréciable du grammage employé pour le papier (un peu jaunâtre, certes). La reliure n'en est heureusement pas moins souple et reste agréable à manipuler. Le lettrage est comme d'habitude très bien réalisé, les onomatopées traduites aux côtés de originales (pas toujours de manière discrète ceci étant dit), la traduction est visiblement à la hauteur, on note à ce sujet que le traducteur place les noms avant les prénoms, comme au Japon. Soit. Maintenant là où ça ne va pas, c'est que sur la couverture, qui au passage ne bénéficie pas d'une définition parfaite (léger effet de flou), le nom du mangaka est placé après son prénom, soit "Jirô Taniguchi" (comme le traduisent généralement les traducteurs de manga), alors que pour celui du romancier, c'est le contraire qui s'est produit ! Le lecteur peu familiarisé avec les noms japonais n'y verra évidemment que du feu et va ainsi croire que "Baku" est le nom alors qu'il s'agit du prénom ! À mon sens, il s'agit là d'une belle coquille qu'il faudra corriger pour les prochains volumes (et rééditions). Autres petits défauts relevés, histoire de faire la fine bouche : les retouches graphiques sont parfois trop visibles, notamment lors des textes de narration, et certaines trames sont mal passées au niveau impression (p. 107 par exemple), mais l'ensemble est on ne peut plus méritoire.

DU MÊME AUTEUR



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RYO
05/04/2004

Fiche Technique

Titre :

Le Sommet des dieux

Titre original :

Kamagami no itadaki

Auteur(s) :

Jirô Taniguchi / Baku Yumemakura

Éditeur :

Kana

Nombre de volumes :

En France :

5 (fin)

Au Japon :

5 (fin)

Prix indicatif :

18 €

Type d'ouvrage :

Manga

Titre couverture

Édition française (5)
Édition originale (5)
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fondEn bref

Dessin : 17/20

Un dessin d'une grande finesse et flatteur pour le thème abordé dans cet ouvrage.

Scénario : 15/20

L'alpinisme en manga !

Fun : 15/20

Lecture prenante et sans accroc.

Adaptation : 16/20

C'est très bien dans l'ensemble.

Intérêt : 88 %

Une œuvre puissante, mais qui pourrait peut-être quelque peu réfréner à cause du milieu dans lequel elle évolue. La suite fera pencher la balance.

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