
SYNOPSISFive est recherché par le Conseil Rainbow auquel il appartient. Il a enfreint la loi en s'attachant à une femme qu'il aurait de plus mise enceinte. La sanction est sans appel : il est condamné à mort par ses pairs. Le premier à le prendre en chasse est Nine, mais la différence de puissance est telle que ce dernier meurt immanquablement, tué d'une seule balle par son adversaire, dans le désert aride. Même châtiment pour Eight qui lui a tout de même donné plus de fil à retordre. Mais qui arrêtera Number Five ? AVISManga étrange pré-publié dans le marginal magazine Ikki (Shôgakukan), Number Five de Taiyô Matsumoto est ce qu'on appelle un ovni. L'histoire, dans ses grandes lignes, est plutôt simple, puisqu'elle ne se résume qu'à des affrontements entre Five et les autres membres du Conseil Rainbow, qui le traquent à cause d'une faute grave qu'il a commise. Rien de surprenant à première vue, mais c'est sans compter sur la fibre artistique de Matsumoto. Réussissant à doter sa série d'un univers incroyablement riche en bizarreries animalières et autres éléments graphiques complètement en décalage avec le propos, l'auteur nous balade littéralement d'une planche à l'autre, nous mêlant à des situations parfois très troubles, pour ne pas dire confuses, dont le seul moyen d'en réchapper est de tourner la page. Ainsi, même si les combats qui mettent en scène Five et les autres sont construits et non dénués de cohérence, il faut admettre que par un découpage osé, limite rédhibitoire, bien souvent, il sera très difficile de tout "comprendre" du premier coup. Cet ensemble surprenant, renforcé par un design original et dépaysant (le costume de lapin du père), réussit sans peine nous faire reconnaître toute l'ampleur du travail dont ce manga a bénéficié. Mais au-delà de cet aspect farfelu, Number aborde un thème important, celui de le mort. L'épisode de Number Six en est une très belle illustration.
Avec des dessins d'un trait tremblotant et d'un aspect global "sale" et jamais régulier, ce manga pourra facilement trouver ses détracteurs, qui ne jurent que par la magnificence d'un coup de crayon ferme et propre. Et dans un sens, on peut leur donner raison, si ce n'est qu'il est difficile de ne pas trouver de qualités dans le style graphique de Matsumoto qui, même s'il ne correspond pas aux standards de ceux d'un "beau dessin", reste vigoureux et propice aux délires les plus fous.
D'un esthétisme indiscutablement incomparable dans sa forme, Number Five peut cependant rebuter quant à son fond. Ça peut paraître simple en lisant le résumé, et pourtant, une fois à l'intérieur du manga, il est difficile d'appréhender tous les niveaux de lecture que l'auteur s'est amusé, comme à son accoutumé, à éparpiller. Bref, une série pour le moins... surprenante. ADAPTATION FRANÇAISEQue dire de l'adaptation de Kana si ce n'est qu'un soin évident a été apporté ? Il n'y a qu'à voir la couverture qui bénéficie d'une jolie sérigraphie au niveau du titre et des éléments principaux de l'illustration, la qualité du papier de la page de garde, celle des pages intérieures, du très bon encrage qui les recouvre, des pages en couleurs d'une excellente impression, ou encore de la traduction appliquée et des divers "bonus" en fin de volume. Les retouches graphiques sont plutôt discrètes, et l'espèce d'ovale qui indique la signification des idéogrammes sur les vêtements des personnages est bien pensé. Sens de lecture japonais et prix élevé qui s'explique en partie par le grand format de l'ouvrage.
DU MÊME AUTEUR

|
RYO01/07/2004 |
|