
SYNOPSISLe Black Lagoon est un bateau regorgeant de pirates aux tempéraments bien trempés. Rokurô Okajima, simple employé d'une grande firme japonaise, en sait quelque chose, puisqu'il a été entraîné malgré lui dans une affaire tumultueuse, où ses patrons semblent être de près ou de loin impliqués, le tout sous la domination de Dutch le costaud, Levi la folle de la gâchette et Benny le crack en informatique... AVISPrincipalement orienté action / baston, ce manga fraîchement signé Rei Hiroe, un auteur dont on a l'occasion d'admirer ici pour la première fois les capacités, parvient à sa manière à allier graphisme relativement élaboré et scénario accrocheur, piochant allègrement dans le déjà-vu hollywoodien... ce qui n'est tout de même pas une si vilaine comparaison en soi ! Ce qui marque le plus les esprits à la lecture de ce premier tome de Black Lagoon, c'est évidemment le personnage de Levi (cf. couverture). D'un tempérament de feu et d'une plastique largement comblée par la nature, celle-ci représente l'élément central des scènes d'action dont ce manga est généreusement parsemé. Cadrées de façon dynamique, même si pas tout le temps de manière appropriée, ces dernières sont pour l'instant ce qui fait l'intérêt de cette histoire à la trame simple mais non dénuée de quelques interrogations gravitant autour, en particulier concernant le principal client de ces pirates des mers chevronnés, la charismatique Balalaïka, la femme balafrée qui se trouve en haut de l'échelle mafieuse. Les autres protagonistes ont également leur mot à dire, comme Dutch le boss de la bande, ce grand black au tempérament calme et posé, ou encore celui qui, à priori, est le héros de ces aventures, un salaryman banal qui, avec son attitude de soumis et naïf, réussit à créer une bonne complémentarité avec l'espèce de Lara Croft criarde et tatouée qu'est Levi.
Personnages hauts en couleurs, bien que tous stéréotypés, scènes d'action réussies, notamment grâce à l'impact et à la vivacité des mouvements réalisés (mention spéciale pour la séquence avec Roberta), quota d'humour réglementaire et plutôt bienvenu, ce manga a donc en principe tout pour plaire au lecteur recherchant quelque chose de vivant et d'agréable à lire. Naturellement, on sent malgré tout que quelques réglages sont encore nécessaires à l'auteur pour qu'il trouve complètement ses marques, plus précisément au niveau de son dessin pas toujours abouti, mais surtout des situations qu'il met en scène (le cadrage).
Avec cette série qui commence sur les chapeaux de roue, Rei Hiroe tente de jouer dans la cours des grands en termes de scènes d'action, avec de bonnes idées mises en pratique par la déjantée Levi. On reste tout de même bien en dessous de ce que proposent les maîtres du genre comme Ken'ichi Sonoda, mais le résultat est plutôt réussi à la lecture de ce premier volume de Black Lagoon qui, s'il ne parvient pas tout à fait à fasciner, aura au moins le mérite de faire passer sa fonction première : divertir. Et pour un tome 1, c'est bien. ADAPTATION FRANÇAISEMême si les onomatopées réalisées par Kabuto sont d'un style discutable et gâchent du dessin, que certaines pages sont mal passées à la numérisation, laissant transparaître ainsi un tramage peu élégant, on peut dire que le travail effectué pour cette édition française de Black Lagoon est bien négocié, que ce soit au niveau du lettrage, de la traduction qui semble bien adaptée (attention tout de même aux fautes d'orthographe), ou même de la qualité matérielle de l'ouvrage (encrage, grammage papier, format, etc.). Sens de lecture conservé et prix standard sont de rigueur.
DU MÊME AUTEUR

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RYO18/09/2004 |
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