
SYNOPSISShô est un petit garçon comme il en existe tant au Japon. Un jour, il se dispute violemment avec sa mère et décide sur un coup de tête de ne plus jamais revenir chez lui. Mais une fois arrivé en classe, il regrette déjà son geste et pense sérieusement à aller s'excuser pendant la pause déjeuner, lorsque, brusquement, un terrible tremblement de terre surgit, ne manquant pas au passage d'affoler les élèves. Le calme revient quelques instants après, mais pour un laps de temps réduit seulement, puisqu'une vision cauchemardesque s'offre aux occupants de l'établissement. C'est bien simple : tout semble avoir été anéanti autour de l'école primaire Yamato. Ne reste qu'un paysage de désolation sablonneux? AVISKazuo Umezu est un mangaka qui jouit d'une grande renommée au Japon. Il fait en effet partie des auteurs avant-gardistes spécialisés dans les récits horrifiques. Il nous arrive pour la première fois en France avec L'école emportée (Hyôryû Kyôshitsu), une histoire fantastique réalisée dans les années 70, qui narre l'incroyable expérience qu'ont vécue le petit Shô et ses camarades de classe : leur école s'est vue du jour au lendemain comme "emporter" dans un autre monde. Afin de conserver un minimum de suspense, on taira le pot aux roses, qui ne tarde pas pour autant à être dévoilé durant ce premier tome. La peur de l'inconnu s'installe rapidement chez le lecteurs, à travers ces enfants et ces adultes déboussolés par ce qui leur arrive. L'isolement et le huis clos créent un sentiment d'oppression permanent chez l'individu qui, immanquablement, craque psychologiquement. Et pour Umezu, c'est d'abord du côté des adultes que ça se passe. Malaise garanti pour un début d'ouvrage qui s'évertue pour le moment à déblayer le terrain avant de le miner.
Bien qu'on reconnaisse sans sourciller que la réalisation n'est pas vraiment le point fort de ce manga d'un âge avancé, comme le prouve le graphisme "old school", on trouvera cependant des qualités évidentes du côté de la narration. Le narrateur de l'histoire n'est autre que Shô lui-même, mais un Shô différent du petit garçon que l'on suit tout le long de ce premier opus, plus mûr et adulte. À bien analyser son message en début d'ouvrage, on devine en un sens la conclusion de cette inquiétante aventure. Une "astuce" qui fait bien son effet et qui renforce d'une certaine façon le côté désespéré de cette œuvre qui ne manque décidément pas de ressources.
L'école emportée est un manga qui débute de manière très convaincante, d'une part pour l'originalité de son histoire qui fait bel et bien peur, et d'autre part pour l'ambiance étrange et mystérieuse qu'a su créer son auteur, dont s'est probablement inspiré Minetarô Mochizuki dans son fabuleux Dragon Head. Si le dessin n'aidera vraiment pas à convaincre les plus regardants en terme d'esthétisme, il fait tout de même état d'une rigueur et d'un soin indéniables. On attend avec impatience la suite. ADAPTATION FRANÇAISEGlénat s'essaie pour la première fois au format bunko (150 x 105) et on peut dire que le résultat est à la hauteur de nos espérances. Pour simplifier, tout ce qui relève de la qualité matérielle à bonne (reliure, papier) sauf l'encrage qui fait des siennes de temps en temps. Les retouches graphiques sont faites de manière convaincante, on note un effort de coller aux onomatopées d'origine qui sont parfois laissées en l'état, quand elles sont trop grosses. Le lettrage est très bon et la traduction n'a pas l'air de souffrir d'incohérences. On a droit à quelques "bonus" en fin d'ouvrage, comme un essai de Saburô Kawamoto qu'il ne vaut mieux cependant pas lire (spoilers). Manga à découvrir dans son sens de lecture original.
DU MÊME AUTEUR

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RYO27/12/2004 |
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