
SYNOPSISMaki est une lycéenne passionnée par la photographie, à tel point qu'elle n'arrête pas de prendre des clichés de ses copines à longueur de journée. Mais derrière cette apparente et saine activité se cache un business bien particulier, dont la jeune fille s'adonne en secret. Un jour, elle fait la rencontre d'un photographe professionnel qui lui propose de participer à un concours qui serait, si elle venait à le gagner, un bon tremplin pour rentrer dans le milieu du métier de ses rêves. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que l'homme en question tente en réalité de la confronter à sa petite amie, elle aussi photographe? AVISAh, la passion. C'est ce qui fait vivre la plupart des hommes et des femmes peuplant ce monde "merveilleux" dans lequel on vit, n'est-il pas ? Cette émotion si forte et si intense qui, parfois, domine la raison et pousse à faire l'impensable, du moment que la jouissance est au bout. C'est tellement beau. Est-ce que pour autant elle est indissociable de ce qu'on appelle la vie ? Peut-on vivre sans passion ? La question se pose... et ne se pose pas.
Mari Okazaki, mangaka débutante s'il en est, signe avec sa première œuvre intitulée Shutter Love, qu'on a passablement rebaptisée chez nous par Déclic amoureux, une histoire fort simple, mettant en exergue une lycéenne qui se passionne pour la photographie et qui, au fur et mesure des pages qui se tournent, trouve sa voie, sa voie dictée par son instinct et sa raison de vivre. Elle a trouvé à travers son appareil photo la raison de son existence, ce qu'elle aime faire par dessus tout ! Ça tient du détail, mais c'est ainsi. Et en ça, on peut dire que le discours tenu est merveilleux, un rêve qu'on attrape au bout de sa main, un rêve qui se réalise dans un monde où le mot utopie n'a plus cours. On nous permet de nous "évader" un instant dans la peau de cette fille à l'apparence rebelle, mais dotée d'une bonne sensibilité créatrice. Parallèlement à elle, on suit l'histoire de sa copine, une fille futile qui, par contre, est un peu paumée. Le contraste provoqué est certainement voulu, et s'entrechoque avec le destin d'une autre des protagonistes du one-shot qui, elle, arrive à la fin de sa fougue passionnelle avec un garçon, qui est pour ainsi dire le personnage "déclencheur" de l'histoire.
Tout ce mélange attractif est servi par des dessins d'un style assez mature qui plaira sans doute très facilement à la gent féminine grâce à sa finesse et son expressivité, comme il pourra rebuter de par le faciès des personnages. On pourra toujours trouver à redire aux certains décors des fois bien pauvres, et le découpage assez osé, parfois plutôt bien vu, parfois un brin chaotique, que propose l'auteur, mais l'ensemble est très digeste et n'a pas réellement d'incidence sur le suivi de l'action. On saluera par ailleurs une recherche d'esthétisme de la part de Mari Okazaki tout au long de son ouvrage, même si c'est loin d'être tout le temps convaincant.
Au final, on a quoi ? Un manga qui raconte les prémices de l'envolée d'une jeune fille vers la vie qui l'attend ? Le triste sort d'une autre qui ne parvient pas à trouver sa place en ce bas monde ? Un peu de tout ça à la fois, saupoudré d'une dose de maturité qui ne peut pas faire de mal. C'est plutôt bien raconté, ça se lit sans déplaisir, et le thème de la photographie est quelque chose de rare dans le manga en France. On approuve ! ADAPTATION FRANÇAISEHormis le fait que la numérisation de la couverture et des premières pages peintes dégueulasses (mais en noir et blanc) manque un peu de netteté, l'ensemble de l'ouvrage s'en sort bien à ce niveau-là. L'encrage est de plus bien réparti, sur un papier d'un grammage un peu faible cependant. Le travail d'adaptation graphique est plutôt vilain en ce qui concerne les onomatopées, dont la police fait plutôt peine à voir, mais peut-être se rapproche-t-elle de ce qui a été fait en VO ? Ça on ne le saura jamais à moins d'ouvrir l'édition japonaise. Toujours pour rester dans les polices, on peut dire que celle optée pour le "Mari Okazaki" de la jaquette, aussi sophistiqué soit-elle, n'est pas du tout en osmose avec l'esprit de l'œuvre, car un brin trop fantaisiste. La traduction par contre a l'air de bien tenir la route, avec de nombreux points de compréhension à la fin du manga. Sens de lecture japonais.
DU MÊME AUTEUR

|
RYO25/07/2004 |
|