
SYNOPSISYle est le fils de Philippe Grynt, l'un des plus redoutables chevaliers parmi les Croisés, et le neveu de Stan Swain, un homme qui jadis a combattu pour l'Église, et qui se retrouve aujourd'hui dans le camp des Musulmans. Un choix cornélien apparaît alors à ses yeux : avec qui doit-il prêter serment ? La réponse est venue d'elle-même, suite à de fâcheuses circonstances. Il prend en effet la décision de défendre Jérusalem aux côtés de son oncle, lorsqu'une idée saugrenue l'effleure et le fait embarquer pour l'Europe, avec la ferme intention de devenir le chevalier Grynt? AVISAu départ, on sent bien que Knight Gunner se veut être un titre ambitieux et complexe. Abordant le thème épineux des Croisades sous des graphismes soignés, ce manhwa de Jun-Uk Koh et Ki-Ho Chun a donc en principe tout pour plaire. Mais il va s'avérer qu'en définitive les mots "déception" et "frustration" prendront l'ascendant sur le reste, et ce pour plusieurs raisons. La première, peut-être la moins grave, c'est le traitement fantaisiste de cette partie de l'Histoire, avec des personnages au look branchouille et aux flingues imposants. D'une manière plutôt lointaine, ça rappelle Testarotho, le manga de Kei Sanbe, lui aussi pourvu de héros à l'apparence anachronique. Curieux mélange entre Devil May Cry (le célèbre jeu vidéo de Capcom) et Chonchu de Song-Jae Kim et Byong-Jin Kim en ce qui concerne le côté graphique, on ne peut pas dire que ce titre fasse dans le dépaysement radical. Les nombreux combats de la série sont d'ailleurs d'un bon esthétisme, à défaut de montrer quelque chose de foncièrement ahurissant. Là où le bât blesse, c'est au niveau de la minceur du scénario qui n'a visiblement pas vraiment eu le temps de se développer. Alors que de nombreuses pistes ont été soulevées tout au long de ces trois volumes, on n'en verra finalement aucune aboutir réellement, une impression de gâchis regrettable se fait ainsi palpable. Là, on a plus la sensation que le sujet en toile de fond n'est que prétexte à des affrontements violents sans réelle importance sur l'avancement de la série, comme le prouve par exemple celui avec la dénommée Tozzi, bien qu'il ait amené à l'introduction de nouveaux personnages, à l'avenir prometteur, mais encore une fois interrompu par la trop courte durée de vie du manhwa. Manque de succès flagrant ? Arrêt prématuré ? Si c'est le cas, c'est bien dommage tant le potentiel de Knight Gunner n'était pas si insignifiant qu'il peut le laisser transparaître.
Du côté du graphisme, comme on l'a évoqué un peu plus haut, il rappelle celui de Chonchu (et un peu Berserk), avec cependant une moins bonne maîtrise morphologique. Le résultat reste malgré tout très agréable à regarder, même si un abus de reprises de dessins est flagrant. Vous verrez ainsi, avec un peu d'attention, des cases avec illustrations grossies dont les traits sont plus épais, mais également le cas inverse. L'auteur n'hésite d'ailleurs pas à copier et coller des éléments d'une planche antérieure sur une autre quelques pages plus loin (retenez par exemple bien la dernière case de la dernière page du 1er volume). L'effet Togashi est décidément vraiment très contagieux ! Et paradoxalement, le dernier volume est moins abouti visuellement (!) que le premier qui dévoilait un dessinateur plein de fougue. Bizarre, vous avez dit bizarre...
En bref, ce manhwa a du potentiel, mais qui a été finalement gâché par une fin trop brutale (ouverte), sauf si l'on considère le début de l'œuvre d'une façon "différente", après la lecture du dernier tome. À cause de ça principalement, on ne peut pas dire que Knight Gunner fasse partie des titres qu'on retiendra du catalogue de la bande dessinée coréenne. Si une suite est éventuellement prévue, alors peut-être... ADAPTATION FRANÇAISEEn guise de bonus Tokebi se propose de nous résumer brièvement le thème des Croisades, ce qui n'est pas inutile en soi. Maintenant concernant l'édition proprement dite, on ne peut pas dire que les défauts manquent à l'appel. Ainsi, on s'aperçoit que la reliure bouffe trop les marges intérieures des pages, ce qui sucre pas mal les textes de certaines bulles. On est alors obligé d'écarteler l'ouvrage plus que de nécessaire. Autre mauvais point : l'impression. En effet, si l'ensemble est tout à fait correct, on se rend compte que l'encrage est tout de même bien trop maculé lors de certains passages, ce qui est assez désagréable à l'œil. L'autre cas est également présent, à savoir que le trait du dessin disparaît le temps de quelques pages. Des problèmes de scan subsistent également au niveau du tramage... trop apparent. Le lettrage est sinon plutôt bien réalisé (sauf à de rares moments), et la traduction semble correctement faite, malgré quelques incohérences dues ou non à celle-ci (on le note par exemple quand le cardinal Serguei dit "Il se nomme Yle, si je me souviens bien", alors que quelques pages plus tôt, il évoque son nom comme si de rien n'était).
DU MÊME AUTEUR

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RYO14/10/2004 |
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