
SYNOPSIS20XX. Les robots et autres androïdes occupent une place importante dans le monde humain. Créés dans le but de servir au mieux les hommes, ils aspirent aujourd'hui à une liberté totale revendiquée par le "Metal Brain", le front de libération des cyborgs, qui, blasé d'être considéré comme de la carcasse jetable, montre son mécontentement à travers des saccages symboliques. Durant un assaut dans un parc d'attraction, le jeune Gun et ses parents sont pris dans le vif de l'action, si bien que Cher, la mère, trouve la mort de manière brutale. À la suite d'un travail d'introspection de la part du père de l'enfant, elle est ramenée à la vie sous forme de? cyborg. AVISMetal Brain 109 est un manhwa de science-fiction signé Jun-Bum Kim réalisé de 1989 à 1992. Il raconte la triste histoire d'une famille déchirée à cause d'une guerre provoquée par la folie des hommes, une guerre qui les opposent aux robots qu'ils ont eux-même construits. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auteur prend parti pour les machines, et il le prouve tout au long des 700 pages qui composent son œuvre, en montrant que ces dernières ont transcendé l'esprit logique que leurs créateurs leur ont attribué. Les cyborgs peuvent-ils aspirer à un niveau de vie égale à celui de leurs créateurs ? Beaucoup dans le domaine se sont risqués à mettre en avant cette question insidieuse, mais le manhwaga le fait ici avec énormément de talent, notamment en ce qui concerne le narration. Fluide est entraînante, celle-ci captive de bout en bout tant les événements s'enchaînent de façon continue. Petit bémol toutefois lors de certaines transitions un peu occultées, où le lecteur devra de temps en temps revenir un cran en arrière pour assimiler le changement de scène.
Bien qu'à teneur résolument grave et sérieuse, Metal Brain 109 est également parsemé à outrance de saynètes censées détendre et faire rire la galerie. Pas franchement indispensables en soi, elles constituent toutefois une preuve de la créativité de Jun-Bum Kim, notamment lors des séquences avec les robots à tête d'appareils électroménagers. C'est beaucoup moins probant concernant les apparitions de la petite GG ou de l'agent Huls, mais comme dirait l'autre, il en faut pour tous les goûts.
Si l'auteur a véritablement un don pour raconter une histoire, il l'a indubitablement aussi pour l'art de dessiner. Avant tout commentaire, rappelons tout de même que cette série date de plus de 15 ans maintenant. Évidemment, les graphismes dévoilés dans le premier volume ne sont pas encore très convaincants, particulièrement durant les premiers chapitres, mais s'améliorent grandement par la suite, pour trouver un bon équilibre dans le dernier volume. Même si ça reste assez peu visible, il ne fait aucun doute que le manhwaga a subi l'influence d'Ôtomo et de Takezaki dans son travail, surtout au niveau de certaines expressions des personnages. Les mechas sont quant à eux réalisés avec un bon soucis du détail, et le découpage des scènes est lui aussi d'un grand dynamisme. On pourra tout de même reprocher quelques cadrages un peu surfaits et moins bien maîtrisés, mais ça reste minime comparé à l'ensemble des planches.
Qu'obtient-on en bout de course ? Tout simplement un excellent manhwa, avec une histoire au thème classique bien ficelée qui parvient à créer son lot de compassion, tout comme son lot d'indignation. Les personnages ont chacun une consistance travaillée et la réalisation est d'un bon niveau. Bref, une lecture conseillée à tout le monde, malgré une violence apparente et un dénouement très ouvert. ADAPTATION FRANÇAISETokebi réalise une adaptation en trois tomes de ce manhwa, contrairement à l'édition coréenne où quatre albums ont été nécessaire. On constate que les couvertures sortent un peu de l'ordinaire, même si le choix est discutable. Même constat pour les onomatopées qui sont toutes de style "guerrier", alors que certaines scènes ne s'y prêtent vraiment pas. Ceci étant, on observe avec joie que tout le côté matériel est d'un bon niveau, que ce soit le grammage papier, la reliure souple ou l'encrage, il n'y a rien à redire. Pour jouer un peu les rebelles, on citera tout de même le fait qu'il subsiste quelques pages au scan manqué (où le tramage est un peu trop visible pour être parfait) et que les marges intérieures de certaines autres manque d'aération, d'où la difficulté de lire quelques bulles. Le sens de lecture coréen (comme en France) et le faible nombre de volumes sont un argument de plus pour les plus réfractaires.
DU MÊME AUTEUR

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RYO05/10/2004 |
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