
SYNOPSISQuelque part sur terre, dans une vallée inconnue, vit un peuple étrange et maudit : la tribu des vampires. Après s'être dispersée partout dans le monde à cause des humains qui les traquent, elle a presque réussi à se faire oublier et vivre normalement, jusqu'au jour où le jeune Toppei Tachibana, un garçon vêtu de haillons, se rend aux productions Mushi, un studio d'animation, afin d'y décrocher un job auprès du patron des lieux. À la suite de malheureuses circonstances, le secret de Toppei est découvert par un maître chanteur de premier ordre : Rock Makube. AVISDans les années 60, bien avant Nanairo Inko, dont le personnage principal passait son temps à se travestir, Osamu Tezuka a réalisé Vampires, un manga traitant d'une race de vampires d'un genre particulier, bien loin de ce qu'on peut voir dans les œuvres y faisant référence. Tout ce qu'on peut vous dire, c'est que vous risquez bien d'en perdre votre latin, tellement l'idée est saugrenue. On vous le ressasse partout : Tezuka s'est vraiment essayé à tous les thèmes existants, même si cette fois-ci le résultat n'est pas vraiment à la hauteur.
Dans ce premier volume d'une relative médiocrité, on retrouve avec surprise, dans la peau d'un personnage pivot de l'histoire, l'auteur lui-même dans son propre rôle de mangaka ! Une fantaisie amusante qui risque d'être plutôt bien accueillie. Seulement, force est de constater que ça s'arrêter là, car même si le dynamisme de la mise en scène de Tezuka fait encore son effet ici, grâce à des codes graphiques qu'il a rénovés au fil du temps, on avouera sans trop de peine que certains procédés narratifs sont on ne peu plus mal fichues, avec des gags qui tombent bien souvent à l'eau. Pourtant, retrouver les personnages emblématiques du maître, comme Rock ou Geta par exemple, est évidemment un plus qui comblera peut-être pour certains lecteurs les lacunes de la mise en page approximative de l'ensemble. Quoiqu'il en soit, l'essentiel, c'est-à-dire le génie, répond absent, pire, le plaisir de lecture n'atteint pas son degré d'intensité comme dans la plupart des titres du "Dieu du manga". Alors oui, passé le personnage principal faiblard qui sert la cause des vampires, on relève la cruauté égoïste de Rock, le fameux donneur du coup de pied dans la fourmilière, mais suffit-il à faire pour autant de cette série une "bonne" série ? Ça se pourrait bien, puisque c'est principalement grâce à lui qu'un certain suspense est entretenu et qu'on souhaite malgré tout connaître le fin mot de l'histoire. Fin mot qu'on n'aura de toute évidence pas, puisque la série reste inachevée dans sa deuxième partie.
Même si techniquement c'est vraiment très moyen, voire raté, on prend en compte l'ancienneté de l'ouvrage et "pardonne" (plus ou moins) de fait le résultat obtenu, bien qu'on devine que les standards d'esthétisme d'un manga sont différents d'une époque à une autre. Le cadrage est de plus très aléatoire et on sent que l'auteur se cherche encore.
On le tient enfin, le Tezuka moyen. C'était à ce demander s'il n'arrivait jamais à l'auteur de faire du bas de gamme parfois. Certes il y a eu un certain Le Roi Léo auparavant qui rentre dans la même catégorie, mais Vampires fait à ce titre encore moins bien. Les rebondissements trop prévisibles peu convaincants et le thème fantastique mal appréhendé que propose ce titre font de lui ratage partiel. Espérons que la suite soit d'un meilleur acabit, même si le doute persiste avec force. ADAPTATION FRANÇAISEAsuka continue sa lancée dans sa collection "Tezuka" en proposant avec Vampires un ouvrage de bonne constitution, avec notamment un papier d'un très bon toucher. Si la reliure est un poil trop rigide, on constate avec joie que la netteté du rendu des planches est au rendez-vous, même si quelques pages à l'encrage un peu pâle sont présentes. La traduction a l'air fidèle, à quelques interjections près (constaté comparativement à une planche originale sur le site officiel de l'auteur), les onomatopées sont laissées en l'état, ainsi que le sens de lecture du bouquin.
DU MÊME AUTEUR

|
RYO05/03/2005 |
|