
SYNOPSISLes Ikeda ont un sérieux problème : leur fils vient d'agresser physiquement une jeune fille avec sa bande de copains. Ils tentent d'étouffer l'affaire pour que le père puisse être élu sans problème. De son côté, Rie veut perdre sa virginité. Elle hésite à vendre son corps à un riche gastro-entérologue. Une "chance" qui ne risque pas de se reproduire d'après son amie. La chance, c'est justement ce que n'ont pas eu Tetsuya et M. Machida, l'un pour avoir côtoyé un malade mental, l'autre pour avoir touché 100 millions de yens après la mort de sa jeune épouse... AVISPrécédé de Happy people, Shin happy people, qui a été rebaptisé Imbéciles heureux ! dans l'édition française, est comme l'a été sa "prequel" une sorte de critique acerbe de la société japonaise, telle que le perçoit Eishô Shaku, l'auteur de ce manga. À travers quelques récits complets, ce premier tome nous met en contact avec des faits de la vie quotidienne qui, de par leur réalisme séquentiel, parviennent à décontenancer le lecteur attentif. Toutefois, à cause d'un amas trop important d'actions et d'une narration rapide, un manque de crédibilité émane des histoires de cet ouvrage, ce qui est sans doute voulu, compte tenu du côté caricatural qui ressort des planches du mangaka. Dans ce lot hétérogène, on retiendra le chapitre sur le fils criminel, un cas aberrant où les immondices gratuites de l'homme sont mises en avant, bien qu'un semblant d'explication ait été évoqué concernant ce comportement brutal. On relèvera également l'histoire assez juste du jeune marié que la presse à scandale accule pour le meurtre de sa femme qu'il n'a pas commis. Les enchaînements sont rudement menés, on y montre du doigt la puissance de ce genre de média, et l'impact causé sur les cibles un tantinet faibles et fragiles.
Alors que chacun des récits est sujet à une étude sociologique poussée, on s'étonne de trouver une bizarrerie dans Imbéciles heureux ! : un chapitre très court de 10 pages, "Rue du parc", qui met en scène un côté surnaturel de l'ouvrage. Les dessins y sont plutôt poussés (beaucoup de gros plans), à tendance réaliste, mais manque encore de fraîcheur, comme c'est le cas dans la réalisation globale de cette œuvre. Le style graphique est particulièrement percutant et démonstratif, dans le sens où les visages sont visiblement calqués à partir de véritables tronches, mais l'ensemble n'est pas esthétiquement d'une beauté... apparente, dirons-nous. Le découpage et le cadrage sont eux aussi à mettre dans la case "peut mieux faire".
En bref, ce manga dégage quelque chose d'attractif, malgré son lot d'imperfections, un besoin de voir le monde comme on le voit rarement (enfin, normalement), à travers de la méchanceté, du sadisme et de l'inconscience que le peuple japonais n'est pas seul à pratiquer. À lire ne serait-ce que par pure curiosité. ADAPTATION FRANÇAISEL'édition française signée Akata et Delcourt semble très fidèle à son homologue japonais, ne serait ce que pour le format utilisé (B6). Pour continuer sur le côté matériel, on dira que le grammage papier est correct, l'encrage par contre n'est pas assez prononcé sur certains aplats, mais ça reste satisfaisant. En ce qui concerne l'intérieur, le choix de refaire les onomatopées reste, à titre personnel, vraiment toujours aussi discutable, même s'il faut avouer que le rendu ici est plutôt bon, même constat quant au travail de lettrage, ce qui fait toujours plaisir à voir. La traduction a l'air encore une fois à la hauteur, on ne décèle pas d'incohérence, l'adaptation a bien joué son rôle. À noter un petit bonus de fin sur l'auteur et sa carrière. Sens de lecture japonais.
DU MÊME AUTEUR

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RYO10/10/2004 |
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