
SYNOPSISAlors qu'Ataru Moroboshi, dragueur loser devant l'éternel, vient de se faire jeter par sa petite amie, des extraterrestres débarquent sur Terre dans le but de l'envahir. Étonnamment, dans leur grande mansuétude, ils organisent une épreuve qui pourrait permettre à la race humaine d'échapper au pire. Le deal est simple : si avant dix jours un Terrien réussit à attraper les petites cornes de la princesse Lamu, la Terre sera épargnée. Naturellement, le sort désigne ce pauvre Ataru qui, contre toute attente, est parvenu à remporter le duel. Malheureusement pour lui, suite à un fâcheux malentendu, Lamu accepte de devenir sa femme ! AVISAprès une attente interminable, l'un des plus grands classiques du manga comique débarque en France, dans une édition compactée au possible, afin d'éviter, entre autres, un délai de parution trop insupportable pour les fans d'Urusei Yatsura. En effet, la série de Rumiko Takahashi compte au total, malgré ses quelques 300 pages par opus, pas moins de 18 volumes reliés (contre 34 dans la première édition). Voilà qui nous promet encore quelques bonnes années de patience avant d'assister à la conclusion de ce best-seller japonais.
En toute logique, la plupart des inconditionnels d'Urusei Yatsura le sont devenus grâce au dessin animé diffusé à la fin des années 80 dans le Club Dorothée, rebaptisé pour l'occasion Lamu, et qui, pour information, n'a jamais été doublé dans son intégralité. Mais ça c'est une autre histoire... La présente édition française du manga devrait sans aucun doute faire le bonheur des fans de la belle Oni au bikini tigré, et ce, malgré les 25 ans qui la sépare du premier chapitre publié au Japon. En effet, bien que le look vieillot des dessins de Takahashi peut surprendre les plus exigeants (et les jeunes lecteurs), et c'est plus ou moins normal, compte tenu des énormes progrès artistiques de l'auteur engrangés dans la suite de sa carrière, il devient tout à fait secondaire après quelques pages feuilletées, tant l'enchaînement naturel des situations et des gags parvient à dynamiser l'ensemble. C'est d'ailleurs ce côté très vivant qui donne tant de consistance aux protagonistes de la série et à leurs relations. Certains sont irrésistibles, Lamu évidemment, mais aussi la mère d'Ataru qui est le reflet même de la face cachée des (anciennes) femmes au foyers japonaises, n'hésitant pas à brandir son couteau de cuisine à la moindre occasion (!). La seule "ombre" au tableau vient certainement des nombreuses références folkloriques nippones, sur lesquelles ce manga semble énormément se baser, qui peuvent poser quelques problèmes de compréhension pour nous autres, lecteurs occidentaux. Mais avouez tout de même qu'il aurait été dommage de passer à côté de cet excellent moment de distraction à cause de ce "petit" détail !
Si chacune des histoires que comporte ce premier tome se lit de manière très fluide, ce n'est pas grâce à leurs dessins. Bien que manquant d'équilibre, le trait grossier de Rumiko Takahashi peut cependant trouver ses admirateurs. Ce sera peut-être moins évident quant à la vétusté de certains cadrages qui aujourd'hui ressortent très mal. L'effet est d'autant plus renforcé par la petitesse du format qui n'aide en rien l'appréciation du travail de l'auteur. Ce n'est évidemment qu'un début, et gageons que le graphisme saura s'affiner par la suite.
En bref, Urusei Yatsura est un excellent manga, vieux certes, mais qui est relativement essentiel pour qui veut appréhender plus en détail l'immense travail de Rumiko Takahashi. Les gags et le comique de situation instaurés par l'auteur de ce titre seront une bonne source d'inspiration de nombreux autres mangaka actuellement très connus. ADAPTATION FRANÇAISEGlénat publie ce manga dans son édition bunko, autrement dit dans un petit format (105 x 150), ce qui n'aide pas vraiment à apprécier la mise en page (déjà pas extraordinaire) de l'œuvre. Enfin, il faut dire tout de même que cette version française semble avoir bénéficié d'un bon travail de traduction / adaptation, ce qui n'était pas évident compte tenu de la réputation de la série quant à ses jeux de mots. On note tout de même quelques interjections qui disparaissent de manière inexplicable (constaté via une planche de l'édition originale). Le lettrage est quant à lui plutôt bon (quelques ratés quand même) et les onomatopées sont traduites sur leur côté, ce qui est une bonne chose. On relève quelques bizarreries parfois comme le cri de "P'tit Bibi" qui change, alors qu'il reste toujours le même en japonais. L'encrage est de bonne qualité, même si ça manque un brin de piqué, le papier d'un bon grammage et la reliure se manipule bien. Prix "convenable" pour le nombre de pages proposé (plus de 300). Sens de lecture japonais.
DU MÊME AUTEUR

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RYO14/05/2005 |
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