
SYNOPSISKayoko Shigeta, 24 ans, est une fille qui n'aspire qu'à une chose dans la vie : trouver le grand amour. Allant de désillusion en désillusion, elle fait un jour la rencontre d'un beau garçon dans une boîte de nuit, le DJ de service, et tombe littéralement en transe devant lui. Elle découvre un peu plus tard qu'il est loin d'être aussi "idéal" qu'elle se l'imaginait au départ. Pourtant, son envie obsédante d'avoir un petit copain sur la durée va l'emporter sur la raison. Elle va ainsi vivre une période avec un certain nombre de compromis. Mais pour combien de temps encore ? AVISDans ce manga plein de rebondissements concocté avec minutie par Moyoco Anno, une nouvelle venue au sein des mangaka à voir leurs œuvres publiées en France, notre héroïne s'appelle Kayako et a un sérieux problème : trouver un petit copain stable. Si le parti pris de montrer une fille qu'on jugerait de premier abord comme dévergondée, ou plus simplement naïve et volage, est ici clairement revendiqué à travers des séquences où les dialogues "ordinaires" entre jeunes gens se mêlent à bon nombre de sentiments comme la jalousie, l'envie, la haine et évidemment l'amour, ce n'est pas aussi simple qu'on pourrait le penser. En effet, à la lecture de ce premier épisode de Happy Mania, une chose apparaîtra clairement aux yeux du lecteur : la détresse affective de Kayako. Une détresse qui découle d'un besoin absolu de trouver tout ce qui est "branché" et qui correspond en surface à l'idéal d'esthétisme qu'elle se fait des hommes. Reflet sans aucun doute d'une jeunesse japonaise mal dans sa peau que la superficialité attire inéluctablement. Et en ça, le personnage de Kayako est plutôt émouvant, dans le sens où ses rêves de jeune fille prennent encore le devant dans son esprit, et qu'elle est réduite ici par la gent masculine comme étant avant tout un simple objet sexuel. Pour pallier un peu cette mauvaise image du "mâle ne pensant qu'à tirer son coup", Anno introduit le dénommé Takahashi, dont la gentillesse n'a d'égal que l'amour qu'il porte pour sa collègue de travail. En partie grâce à lui, les gags parsemés dans ce manga font mouche et réussissent à bien détendre l'atmosphère assez cloîtrée dans laquelle évoluent les protagonistes de cette série.
C'est dans un style graphique furieusement "déformé" que ce premier volume nous est présenté. Autant le dire simplement, c'est assez moche et d'une simplicité apparente, il serait assez surprenant d'apprendre que le temps passé par Moyoco Anno pour la réalisation d'une planche soit "très" important. Pourtant, si le cadrage est loin d'être un exemple de rigueur, on note volontiers le dynamisme de l'action que le découpage rapide et les répliques plutôt incisives des personnages parviennent à rendre si vivant.
Happy Mania est un manga disposant d'un graphisme très spécial qui peut faire fuir les moins tolérants d'entre vous. Pourtant, passé ce handicap, on a affaire à un titre intéressant et bien agencé que le modernisme social des années 90 a bien sûr frappé. Une histoire vraiment distrayante et bien écrite qu'on aurait tort de se priver. À conseiller avant tout à un lectorat féminin. ADAPTATION FRANÇAISEL'édition française de ce titre signée de Pika ne souffre de rien en particulier. Le logo-titre très design de la couverture est réussi, de même que tout ce qui touche au côté physique de l'ouvrage, à savoir la reliure, parfaitement souple, ou le papier, d'un grammage suffisant mais dont le toucher est un peu rêche. L'impression est sans faille, le travail de traduction semble tout à fait bien négocié, on relève toutefois une incohérence concernant le nom de l'amie de Kayako : "Fukuda" écrit sur la porte de l'appartement devient "Fukunaga" lorsqu'il est dit par Takahashi. Le lettrage est bon et les onomatopées sont discrètes et bien intégrées dans les planches.
DU MÊME AUTEUR

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RYO06/02/2005 |
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