C'est bientôt l'été dans la préfecture de Merino, et ça, Tosachi le sent mieux que personne ! Comme chaque jour, cette véritable petite boule d'énergie part en direction de l'école avec ses amis de toujours. Entre Dorimi, la studieuse déléguée de classe, Chika le grognon et Merino la jeune fille ailée, l'animation ne manque de bercer le quotidien de la bande. Mais un beau jour, un garçon dénommé Shû débarque à Merino, ce qui provoque chez Tosachi un étrange pincement au c?ur. Serait-ce ce qu'on appelle l'amour ?
Mari Okazaki réussit avec
12 mois un manga très frais qui, loin d'être inoubliable, demeure une lecture intéressante, disposant de plus d'un graphisme très personnel et d'un univers décalé joyeusement coloré. En un peu moins de deux volumes (à cause des histoires annexes intitulées
Une nuit de printemps et
12 heures), l'auteur nous convie à nous immiscer dans la vie de jeunes gens découvrant ce doux sentiment incontrôlable qu'est l'amour.
La chose qui surprend de prime abord en lisant les premières pages de ce manga, c'est l'univers loufoque dans lequel évoluent les personnages. Cette loufoquerie est en partie provoquée par l'apparence très
kawaii de certains d'entre eux, s'approchant pour ainsi dire un peu de l'ambiance du
Dr Slump d'Akira Toriyama. Excepté ce petit détail qui apporte un plus non négligeable à la série (la drôlerie), la suite des événements nous rappelle toutefois qu'on a bien affaire à du shôjo manga, avec une Tosachi amoureuse de son beau gosse venu d'ailleurs, et du développement de ce sentiment étrange qu'elle découvre pour la première fois au plus profond de son être, tout au long des mois qui s'écoulent. Outre le portrait des différents protagonistes, parfois atypiques, de l'histoire, dévoilant comme à l'accoutumé son lot de fêlures utiles à l'appréhension de certains mécanismes comportementaux,
12 mois offre également à ses lecteurs une forte impression de plénitude, grâce à sa poésie environnante reposante, grandement aidée il faut le dire par sa jolie réalisation.
En effet, si le graphisme de la mangaka n'est pas forcément du goût de tout le monde, il y a tout de même une chose que chacun se doit de reconnaître : le détail apporté aux planches du manga (l'encrage de l'herbe par exemple n'a pas dû être une partie de plaisir). Les visages des personnages ne sont pas en reste et sont globalement expressifs et d'un bon rendu, bien plus que dans
Déclic amoureux. Enfin, le cadrage, volontairement éclaté, même s'il peut paraître difficile à suivre, reste adéquat compte tenu de l'ambiance du récit.
En bref, ce manga signé Mari Okazaki en enchantera plus d'un de par son côté onirique réjouissant et ses personnages attachants. Ça peut sembler banal à dire, mais assez vrai. La série est de plus très courte, il serait donc vraiment dommage de se refuser ce petit bol d'air pur si joliment illustré. Les deux chapitres annexes sont quant à eux de très bon bonus.
L'édition française continue son uniformisation en ce qui concerne la jaquette des œuvres d'Okazaki. Ça vaut ce que ça vaut, mais au moins l'impression de l'illustration est nette cette fois-ci. Pour ce qui est du travail d'editing, pas de reproches particuliers à émettre, si ce n'est cette "manie" d'omettre les points dans les phrases, et de systématiquement placer les ponctuations finales à la ligne, isolées (la patte Delcourt ?). La traduction semble très bien convenir et les différentes clés de compréhension de fin d'ouvrage sont plus que bienvenues pour aider le lecteur désireux d'en savoir plus sur tout ce qui a trait au Japon. Matériellement parlant, la qualité reste égale à elle-même chez Delcourt : le papier est un peu faiblard et l'encrage très correctement réparti. Sens de lecture "japonais".