
SYNOPSISDans la famille Nohara, ils sont trois : le papa, la maman et le petit Shinnosuke, qu'on appelle affectueusement Shinchan. À cinq ans seulement, ce dernier ne rate pas une occasion de se distinguer en faisant les pires des bêtises, ce qui lui vaut des fessées bien déculottées de la part de sa mère. Que ce soit à la maison, dans les magasins, ou même à l'école, le garnement mène en toute circonstance la vie dure pour celui qui se retrouve face à lui. Sacré Shinchan ! AVISGrâce à Shinchan, Yoshito Usui est parvenu à créer une véritable bouffée d'air frais dans le monde de la bande dessinée japonaise. En témoignent les enchaînements de gags non-stop que regorge chacun des deux volumes présentement disponibles en France. Gros carton au Japon, la série en est déjà à une quarantaine de tankôbon sortis, et s'est vue décliner entre autres en dessin animé, film d'animation et même jeu vidéo.
Dotée d'un graphisme très simplifié, mais dont le style se révèle au final très accrocheur, la série peut d'emblée faire penser qu'on a affaire à un manga pour tout petits, mais la réalité est toute autre. En fait, ce n'est qu'à moitié vrai, car si le personnage central de Shinchan est foncièrement l'archétype du parfait sale gosse qui fait bêtise sur bêtise, rappelant les Titeuf et autre petit Spirou de chez les voisins belges, le fond de chacun des sketchs présentés reflète très bien la mentalité des Japonais des années 90. Ce côté sociologique permet une lecture plus instructive qu'elle ne semblait l'être au départ et, de par certains des thèmes abordés, est plus apte à être appréhendé par des adultes, ou du moins des adolescents. Ainsi verra-t-on en la mère de Shinchan la femme hypocrite et colérique que son fils trouve un malin plaisir à vexer, mais plus généralement, c'est ce côté hypocrite qui est dénoncé explicitement par l'auteur, par l'intermédiaire de son petit héros qui peut se permettre de toute dire, de tout faire, parce qu'il n'est qu'un enfant. Évidemment, la face lubrique de celui-ci ne fait que renforcer cette impression. On ajoute à tout ceci des effets purement cartoonesques, et on obtient un pur moment de bonheur de lecture.
On le disait un peu plus haut, le dessin de Shinchan n'est pas des plus détaillés qui soient. Mais grâce à ce style si particulier, l'auteur s'en sort bien, et parvient, à moindre effort (du moins, semble-t-il), à créer un univers tout à fait approprié, et à atténuer certaines séquences qu'on pourrait juger de "scabreuses". Le cadrage est à l'image du style graphique, à savoir très simplifié et pas vraiment recherché. Mais qu'importe après tout, là n'est pas la force majeure de la série.
Pouvant être lues plus ou moins de manière indépendante les unes des autres, les tranches de vie soulevées dans Shinchan sont salutaires pour les lecteurs de manga. Très drôles, très lisibles, les aventures de ce petit bonhomme à la tête joufflue sauront indéniablement vous conquérir. Une véritable réussite ! ADAPTATION FRANÇAISEPremier constat assez désolant : la version française reprend les noms utilisés dans la version américaine. Ainsi, par exemple, Shiro le chien s'appelle Lucky. L'adaptation a été faite dans ce sens, puisqu'on retrouvera de nombreux noms de vedettes occidentales (et non plus japonaises) que l'esprit mal placé de Shinchan évoque à chaque fois. C'est un peu dommage, mais ça ne gâche pas pour autant l'humour et le ton général de l'œuvre. Côté matériel, hormis le papier qui est un peu trop économique, l'ensemble est très convenable. On note toutefois que les pages peintes sont plutôt mal passées à la numérisation, puisque les contours manquent de netteté. Le sens de lecture a été conservé, bonne chose, et le prix est bon marché, compte tenu du faible nombre de pages d'un tome (120 environ). Détail amusant pour finir : les chaussettes du petit garçon sont rouges sur la jaquette du volume 1 français, alors qu'en fait elles sont blanches.
DU MÊME AUTEUR

|
RYO24/03/2005 |
|