
SYNOPSISLe motorball est un sport de patinage extrême pratiqué par des cyborgs qui doivent se battre pour une balle métallique sur des circuits où la vitesse est reine. Snev est un coureur de motorball qui avait tout pour devenir un grand champion. Mais un jour, un accident grave le fait perdre confiance en lui, et depuis, il est surnommé "le roi du crash". Ce blocage a eu des conséquences terribles pour lui et son écurie puisqu'il n'arrive désormais plus à terminer une seule course. Son coéquipier Dolagunov est quant à lui un multiple vainqueur de motorball. Snev sera néanmoins, après avoir été mis sur la touche, rappelé à l'ordre pour offrir au public un spectacle digne du "crasher" qu'il est. Mais est-ce qu'au fond de lui-même Snev a définitivement perdu l'envie de victoires ? AVISLe manga que nous présente là Yukito Kishiro est une œuvre assez peu réjouissante qui raconte le désespoir mais aussi la peur d'un homme qui a tout perdu. De ce point de vue, ça ne diffère pas trop de l'ambiance qui règne dans la décharge de Zalem (Guunm), diront certains. Et ils auront raison. La différence se fait sentir au niveau du style graphique. En effet, comme il le dit si bien lui-même, ses influences artistiques viennent ici de Frank Miller et de Taiyô Matsumoto. Le résultat est plus ou moins réussi pour peu qu'on aime ou non ce style de dessin, à savoir de gros aplats noirs ont été substitués aux trames habituelles qui aident dans la réalisation d'un manga. Le noir joue d'ailleurs une place majeure dans l'univers de Snev, c'est la première chose qui saute aux yeux, l'ambiance sinistre qui règne dans ce monde où rien n'est épargné et où les ténèbres ont tout englobé. Le dessin est donc visuellement assez travaillé, même si pour ma part, je préfère allègrement son style plus personnel qu'il a adopté dans Gunnm. Le héros n'a pas vraiment de charisme, mais c'est fait pour, vous comprendrez quand vous lirez l'ouvrage. Le découpage de l'action est assez peu dynamique et je le déplore, l'auteur a voulu changé de tempo, mais force est de constater que ça n'a pas eu un impact assez fort. Les scènes de crash semblent tous avoir été "filmés" au ralenti, ce qui nous montre en détails les monticules de morceaux éparpillés, mais ça par contre, c'est très bien fait contrairement à l'effet de vitesse. Le scénario est quant à lui plutôt bon (la fin est assez classique mais bien racontée), on ne se perd pas dans 36 000 trames différentes, normal me direz-vous, le manga tient en une seule reliure de 125 pages à peine. Bref, en lisant cette histoire, on a l'impression qu'on s'éloigne de l'univers du manga, on a l'impression aussi que Kishiro a voulu s'essayer à un nouveau genre pour lui : la bande dessinée occidentale, chose qu'il a dans un certain sens réussi à faire de par la mise en page générale des planches. Néanmoins, le côté "manga" ressort facilement grâce, par exemple, aux traits de vitesse adéquatement mises en place dans les courses de motorball.
Pour résumer, il s'agit d'une histoire qui raconte le côté sombre mais aussi la gloire éphémère de la vie d'un homme. Et il est vrai aussi que c'est une sorte de poème comme le dit Kishiro, un one-shot qui nous place dans un univers à la fois noir mais aussi très triste. L'auteur est à n'en pas douter un grand mangaka, mais pour une raison que je ne m'explique pas, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher à cette œuvre qui est très atypique des productions que l'on a l'habitude de côtoyer dans les manga. À lire pour satisfaire sa propre curiosité. ADAPTATION FRANÇAISEGlénat, après Gunnm, s'attaque à une nouvelle œuvre de Kishiro ! L'adapation du point de vue extérieur se différencie largement de la VO. Ici on a affaire à une reliure cartonnée type BD franco-belge avec, il est vrai, un format un peu plus petit. La couverture est la même que dans la version américaine (préférons-lui la version japonaise). Bien entendu, le sens de lecture est occidentalisé, le lettrage est impeccable, les onomatopées sont faites de mains de maître, ce sont celles de la version de Viz. Pour vous en convaincre, petit extrait : "SHEEEOOMM", et puis de tout façon, ça se voit, on reconnaît le style de celui qui a travaillé pour Gunnm chez Viz également. L'encrage est quant à lui bien réparti sur le papier couché que nous offre cette édition décidément de très bonne qualité si l'on fait abstraction de la couverture qui est plutôt passable qu'autre chose.
DU MÊME AUTEUR

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RYO20/02/2002 |
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