
SYNOPSIS1998. Dans les régions montagneuses de Roumanie, une petite équipe de spécialistes du paranormal se dirige vers ce qui semble être un véritable antre de démons, responsables de meurtres atroces recensés dans les journaux de ces derniers jours. Aussitôt arrivés sur les lieux, le professeur Do et son staff se font attaquer par des monstres sortis des entrailles de la terre ! La situation tourne au tragique jusqu'au moment où Millenear, une exorciste de renom, fait son entrée en scène. Cependant, malgré tous ses pouvoirs, elle n'arrive pas à contenir le nombre grandissant de créatures, c'est alors que grâce à un drôle de hasard, Deshtat, un vampire de plus de 350 ans, ressuscite? AVISManhwa de longue haleine, puisque comptant déjà 19 tomes à ce jour, Rebirth de Kang-Woo Lee mêle, avec plus ou moins de réussite, surnaturel et scènes d'action où les effets visuels tiennent une place d'honneur sur le reste. Attention, ça va saigner dans les chaumières.
Démarrant sur un flash-back des plus classiques (archi vu et revu, serait-on tenté de dire), où le héros fait face à son ennemi juré, qui au passage a tué sa bien-aimée, bien des siècles auparavant, l'histoire reprend ensuite dans une époque contemporaine, dans un lieu mythique pour son ambiance horrifique : la Roumanie. Si rien d'exceptionnel ne se dégage pour le moment de ce premier opus, avec ses personnages typés (un héros plutôt anti-héros qui n'a pas l'air de faire dans le sentimentalisme et des filles un peu cruches) et son style graphique banal, on appréciera tout de même la narration très simplifiée de l'auteur, grâce à qui la lecture de ce tome 1 se retrouve grandement accélérée, à défaut d'être inoubliable en soi. L'intrigue est elle aussi très claire, puisqu'elle est essentiellement axée sur la vengeance que veut assouvir Deshtat, revenu après plus de 300 ans de "sommeil". De l'action, beaucoup d'action pour cette fois-ci, avec des pouvoirs magiques "à la mode" et des monstres bien vilains comme il faut. Est-ce que ça va suffire pour autant à en faire un bon titre par la suite ? Rien n'est moins sûr.
Si le graphisme du dessinateur est assez spécial, notamment en ce qui concerne les visages de ses protagonistes (gros yeux), on peut tout de même lui reconnaître le mérite de ne pas s'économiser dans la réalisation de chacune de ses planches. Le remplissage n'est certes pas tout le temps du meilleur goût, le cadrage est de plus parfois un peu inattendu (et mal rendu), mais l'ensemble sent tout de même bon l'odeur du travail acharné, ce qui est bon signe pour la suite des événements. Enfin, les commentaires de l'auteur de fin de volume sur sa façon de dessiner les personnages féminins sont criants d'honnêteté et d'humour, ce qui est assez rare pour être signalé.
Même s'il n'effectue pas ce qu'on pourrait appeler un démarrage des plus réussis, Rebirth demeure malgré tout un titre réalisé avec un soin certain. Évidemment, les mauvaises langues diront que ce n'est qu'une sorte d'ersatz de Devil Devil et autre Bastard !! des cousins nippons, mais qu'importe après tout, puisque ce n'est que partiellement vrai. Le manhwa de Kang-Woo Lee a tout de même une personnalité propre. ADAPTATION FRANÇAISETokebi propose une édition plutôt honnête pour cette version française. Si le maculage d'encre est parfois un peu trop forcé, le reste de la qualité matérielle tient la route (papier, reliure, etc.). Il faudrait tout de même dire à l'adaptateur graphique de ne pas toujours systématiquement harmoniser la police indiquant le numéro du volume avec celle employée pour le logo-titre, ça lasse, à force. Autre fait notable, on constate que l'auteur se nomme simplement "Woo", alors que si l'on regarde bien dans l'édition coréenne (un exemple sur le rabat de couverture), on verra que son nom complet y est inscrit : Kang-Woo Lee. Ce qui est étrange, c'est qu'il s'agit là d'une demande de l'éditeur coréen. Un choix pour le moins suprenant, mais qui a été respecté par Tokebi. Le lettrage reste quant à lui à l'image des autres manhwa de l'éditeur français, à savoir très bien fait, la traduction a l'air elle aussi à la hauteur, on n'en dira pas autant des onomatopées, trop grosses pour la plupart, comparativement à celles d'origine. Le manhwa se lit de gauche à droite, comme chez nous.
DU MÊME AUTEUR

|
RYO16/04/2005 |
|