
SYNOPSISUnico est une petite licorne qui apporte le bonheur éternel à celui qui l'apprivoise. En ce moment, c'est la belle Psche qui en bénéficie, si bien que Vénus, la déesse de la beauté, en vient à la jalouser. Elle décide alors d'écarter l'animal fantastique de la jeune fille en ordonnant à Zéphyrus, l'esprit du vent, de l'emmener loin dans le temps, à une époque où il ne pensera plus du tout à son ancienne maîtresse. Ainsi, à cause d'un caprice divin, Unico est transporté à travers les siècles, dans diverses époques où, à chaque fois, inexorablement, il est condamné à oublier le moindre de ses faits et gestes. AVISUnico, manga créé au milieu des années 70, n'est vraisemblablement pas l'œuvre la plus connue de la bibliographie d'Osamu Tezuka. Et c'est un tort, car, à travers ce premier tome où trois récits complets tiennent le haut du pavé, on s'inclinera une fois de plus devant l'apparente simplicité des histoires du maître qui, comme d'habitude, sous-tendent plus que ce qu'elles ne suggèrent.
Identifiable à une sorte de spectateur témoin de la vie, à un moment donné de l'axe du temps, le personnage d'Unico s'efface à chaque fois pour mettre en valeur la personnalité et l'individualité des protagonistes. Le panel est diversifié, puisque ça va du petit indien idéaliste à la petite chatte capricieuse, en passant par la douce princesse fataliste. Néanmoins, il ne faut pas croire que chacun de ces instants de vie soit raconté sans une certaine "continuité". Il existe en effet une chose en commun inhérente à tous les êtres vivants présentés ici, un sentiment que le texte de narration décrit à merveille au début de l'ouvrage, celui de l'amour. Unico est certes d'apparence un titre plutôt gentillet, mais il réussit tout de même entre les lignes à placer quelques messages simples mais ô combien importants, voire essentiels, pour tous, et en particulier pour le jeune lecteur à qui il s'adresse en priorité, comme le prouve la dose de cruauté calibrée des séquences, la présence de nombreuses scènes comiques cartoonesques (running gag) et le style graphique très mignon opté pour la petite licorne. L'idée du voyage dans le temps donne de plus un cachet supplémentaire à la magie générale qui se dégage de ce "conte" illustré.
Une histoire simple ne veut pas forcément dire une réalisation simplifiée. Une chose étonnante frappe lorsqu'on ouvre ce premier volume d'Unico : le cadrage. Sa particularité vient du fait que chacune des cases d'une planche dispose d'une espèce de prolongement qui donne l'illusion d'un fond perdu permanent. Le rendu est très original et même franchement réussi, car inédit en manga. Côté graphisme, on salue le travail soigné de Tezuka, les détails ne se font pas rares et tout a été colorié, d'où l'absence de trame et cette impression de remplissage constant.
Le mot de la fin sera le suivant : Unico est un manga agréable à lire, et qui plus est pas très long, il devrait sans trop de problème satisfaire les inconditionnels du maître et intéresser les lecteurs occasionnels en général de par son accessibilité et son universalité. Certes, ce n'est pas du très grand Tezuka, mais ça reste une œuvre recommandable. ADAPTATION FRANÇAISESoleil Manga a eu l'autorisation d'éditer la version scannée en noir et blanc d'Unico, ce qui est relativement regrettable. On passe évidemment à coté des couleurs (et on n'échappe pas au tramage apparent lié à la numérisation), mais on s'en sort pour moins cher, ce qui n'est pas si négligeable que ça. Hormis ce détail de taille, le reste est de qualité, comme l'attestent le lettrage bien choisi, les onomatopées conservées (sauf rares cas), la reliure agréable et le papier très correct utilisé pour cette édition française. La traduction a l'air elle aussi très bien tournée, ce qui ne gâche rien. Ce manga est à apprécier dans son sens de lecture d'origine : de gauche à droite. Oui, oui, vous avez bien lu : de gauche à droite.
DU MÊME AUTEUR

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RYO17/04/2005 |
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