
SYNOPSISAprès la mort de son seigneur lors de la bataille d'Adachigahara, Miyamato Usagi est devenu un rônin, autrement dit un samurai sans maître. Il erre depuis sans réel but, proposant ses services de garde du corps aux plus offrants. Il croise un jour le chemin du jeune seigneur Noriyuki, qui est victime de perpétuelles agressions orchestrées dans l'ombre par le fieffé seigneur Hikiji, celui-là même qui est à l'origine de la situation actuelle d'Usagi. À la tête de puissants guerriers, comme les ninja Neko, Hikiji n'a pour autre ambition que de prendre la place du shôgun... AVISBien que ce ne soit pas à proprement parler un manga, et ce en dépit du fait que son auteur soit né au Japon, Usagi Yojimbo ("yôjinbô" pour les puristes japonisants) est donc une bande dessinée américaine, ou comic strip, débutée au milieu des années 80 par le talentueux Stan Sakai. Il met en scène une galerie de personnages animaliers anthropomorphes calqués pour ainsi dire sur de véritables "célébrités" du Japon féodal. Le plus évident est bien entendu Miyamoto Musashi, le plus célèbre bretteur de l'Histoire japonaise, qui donne donc en ce qui nous concerne Miyamato Usagi (l'ordre nom puis prénom est volontairement laissé tel quel, car cette appellation est la plus répandue), le héros de cette série.
Constitué de plusieurs histoires plus ou moins indépendantes les unes des autres, cet ouvrage n'est cependant pas à lire dans le désordre, puisque subsiste malgré tout une intrigue principale tournant autour de celui qui semble être à première vue le grand méchant à abattre : Hikiji (le seul personnage à l'apparence humaine). Ceci mis à part, on sera confronté à des récits complets amusants, ayant souvent pour objectif d'introduire de nouveaux personnages dont le rôle est de consolider le riche univers d'Usagi Yojimbo. Là encore, on a droit à de superbes références culturelles nippones (Zatôichi, Kozure Ookami, etc.), en plus d'un cadre historique tout à fait passionnant qu'est celui du Japon d'Edo. Mais si l'alchimie prend si bien, c'est avant tout grâce au ton employé par l'auteur, ni tout à fait sérieux, ni vraiment d'un comique absolu (les morts ne sont pas rares dans Usagi Yojimbo), mais aussi grâce à son coup de crayon d'une remarquable efficacité.
Si on sent dans les tout premiers volumes que le style graphique est encore hésitant en termes de proportion (les personnages sont au départ assez tassés), on s'apercevra bien vite que Sakai trouve aisément ses marques par la suite, et offre ainsi un cinquième volume d'une grande maîtrise, que ce soit pour le cadrage mieux agencé ou la complexité des planches, dont les arrière-plans regorgent d'ailleurs de détails amusants comme l'apparition de personnages appartenant à d'autres séries (Calvin et Hobbes, Groo, etc.). Les combats gagnent également en percussion, et ce pour notre plus grand plaisir. Le character design de Sakai est quant à lui tout en rondeur et reste visuellement accrocheur, avec une variété d'animaux tout à fait acceptable. On note pour finir, histoire de dire quelque méchanceté, que l'auteur n'est pas vraiment très doué pour l'écriture des kanji et autres hiragana, et après tout, c'est normal, puisqu'il n'a jamais été "vraiment" Japonais.
Au fil des années, Stan Sakai est parvenu à créer des personnages attachants, servis dans des histoires tout à fait dignes d'intérêt ayant pour cadre l'Histoire du Japon féodal. Le tout est baigné dans des graphismes originaux et travaillés qu'il serait vraiment dommage d'occulter. En bref, Usagi Yojimbo est une très bonne alternative au manga, avec un rythme d'action différent, mais tout aussi efficace. ADAPTATION FRANÇAISEC'est donc une réédition de cette BD que nous sert Paquet. Le format a rétréci, et devient plus ou moins conforme avec celui des manga (avec en plus l'apparition d'une jaquette). Par la même occasion, le prix aussi devient plus petit, si petit qu'il en demeure à l'heure actuelle le plus bas du marché de la BD "asiatique". La qualité du papier et de l'encrage n'est pas revue à la baisse pour autant, et c'est tant mieux. Le travail de lettrage est d'un très bon niveau, tout comme la traduction d'ailleurs, même si on note quelques petites erreurs de ponctuation, (rares) fautes d'orthographe et d'adaptation ("shogunate", accents laissés sur les noms, puis enlevés (ex : les tokage), etc.). Autre point plus ligitigieux : le chapitre manquant du quatrième volume. En effet, selon le site officiel d' Usagi Yojimbo, il existe un chapitre intitulé "The Battle of Adachigahara Plain", qui nous en apprend plus sur l'origine de la cicatrice d'Usagi. L'éditeur va-t-il nous l'ajouter dans un futur volume ? Car pour l'instant, pas de trace de lui dans le volume 5... Edit : Le fameux chapitre manquant a été publié dans une version "de luxe" du tome 4 d' Usagi, ce qui fait qu'il n'apparait pas dans l'édition originale de la série. Et comme les contrats avec Fantagraphics (l'éditeur US) n'incluent pas les éléments hors-série, Paquet n'a pas pu le publier.
DU MÊME AUTEUR

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RYO27/07/2005 |
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