
SYNOPSISDébarquant de nulle part, le fringuant Karasawa s'est pourtant très vite imposé à Shinjuku Kabuki-cho, l'un des quartiers chauds de Tôkyô. Après avoir pris de force un club de "taxi boys" (gigolos), ce dernier continue son ascension dans la voyoucratie et attire tout naturellement la colère du haut banditisme japonais et de la police qui, pour le moment, sont impuissantes face à lui. Malgré toute la pression qu'il subit, l'homme tatoué au dos d'une grue devient plus puissant de jour en jour. Avec une efficacité redoutable, il parvient à se sortir des pires traquenards et force le respect d'un grand nombre de personnes... AVISAvec Heat, les deux spécialistes des yakuza sont de retour ! On ne change pas une équipe qui gagne, le scénariste de Sanctuary et Hokuto no Ken, Buronson, reste ainsi à son poste phare, tandis que Ryôchi Ikegami (Crying Freeman, Strain) s'attèle à mettre en images de son trait photo réaliste cet excellent manga sur le milieu mafieux.
Les amateurs de Sanctuary seront ravis d'apprendre que Heat conserve les principaux ingrédients qui constituent la qualité de ce premier. Ainsi, encore une fois, on retrouve un héros emblématique qui n'a peur de rien et qui en impose grâce à sa classe naturelle. Bref, un parfait macho dans son rôle d'indestructible homme de pouvoir qui pour réussir n'hésite pas à employer la manière forte : distribution de coups de poing pour les hommes et de coups de rein pour les femmes. Les situations tendues d'opposition entre clans reprennent également du service, pour des moments de lecture très haletants. La seule chose qui ne semble pour le moment pas se mêler à cette intrigue malsaine, c'est la présence de politiques véreux, dont on pouvait découvrir les agissements de manière alternée à travers le captivant Sanctuary. En somme, dans ces deux premiers tomes, les auteurs dépeignent la méthode radicale de faire d'un homme que rien ne semble pouvoir arrêter. Inutile de dire que cette "perfection" est susceptible de faire s'évader, voire fantasmer le lecteur en proie à des sensations fortes, ce qui en soi n'est déjà pas si mal.
C'est dans un graphisme exceptionnel que Karasawa fait montre de sa force, planche après planche. Ryôchi Ikegami réussit une fois encore un très bon rendu dans les scènes d'action, paradoxalement au fait que ses dessins soient tous assez réalistes dans la forme (les visages), donc assez figés, ce qui va de pair avec la plupart des décors tirés de photographies. Les diverses séquences s'articulent dans un cadrage parfois assez complexe (multitude de cases), mais également très dépouillé lorsque l'action l'exige.
Ces deux premiers volumes de Heat sont sans surprise si l'on connaît un tant soit peu l'univers que sont capables d'instaurer Buronson et Ikegami. Sans surprise, certes, mais d'un intérêt indéniablement élevé, grâce à une histoire dans le fond très amorale (rackets, chantages), même si jonglant avec les codes d'honneur de la pègre japonaise : les yakuza. Ça n'en reste pas moins une lecture tout à fait divertissante et vivement recommandée... à un public adulte, ça va sans dire. ADAPTATION FRANÇAISEL'édition signée Kabuto s'en sort d'une bien belle façon sur tous les plans. Rien à redire sur la qualité matérielle de l'ouvrage : bon papier, quoiqu'un peu "transparent", bon rendu des planches (pas parfaite), reliure souple, etc. Côté editing, c'est également très bien, le lettrage bénéficie d'une des plus belles polices pour manga et les onomatopées, complètement refaites, ne gâchent en rien les dessins de l'artiste, car elles sont finalement assez petites. La traduction n'a pas l'air de souffrir d'incohérence, le naturel des phrases est là. Sens de lecture original conservé (de droite à gauche).
DU MÊME AUTEUR

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RYO14/09/2005 |
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