
SYNOPSISTetsunosuke Yamabuki est un jeune policier plein de fougue venant juste d'être embauché au sein du commissariat Fujimi. Alors qu'il pensait être affecté à la brigade criminelle, il se voit proposer un poste à la circulation. Rien de bien glorieux d'apparence, d'autant que ses collègues de travail ne semblent pas vraiment très accueillants à son égard, mais la réalité est toute autre, puisque sous cette banale couverture se cache en réalité des membres de la "Brigade de la Mort", une organisation secrète composée de super flics au-dessus de tout reproche et dont la tâche est de faire régner la justice à tout prix. Tetsunosuke va devoir passer une difficile épreuve avant de pouvoir l'intégrer... AVISHideki Ôwada est un auteur qui ne devrait pas rester inconnu très longtemps en France, puisque sort ce mois-ci le premier volume de deux de ses séries : Heaven Eleven et Keishicho 24. Ça tombe bien, cette dernière est justement celle qui nous intéresse aujourd'hui. Et le moins qu'on puisse dire d'emblée, c'est que c'est du grand n'importe quoi... comme on les aime !
On le devine à la vue de la première de couverture, ce manga se veut drôle. L'histoire démarre d'ailleurs très fort dès la deuxième page, montrant le commissaire Takamine sous son vrai visage, ce qui génère par la même occasion une situation inattendue qui fera par la suite office de running gag pour le moins réussi. Le ton est donné, et ce sera sensiblement du même acabit tout le long de ce premier volume riche en rebondissements. Comparable dans une moindre mesure à Flic à Tokyo de Keiichi Suzuki, Keishicho 24 propose également, dans d'énergiques séquences, des clichés relatifs au métier de policier (japonais), comme la course-poursuite avec le ministre outrepassant ses droits ou encore l'entrée en scène du hautain aspirant. Tout est bien évidemment poussé à la caricature et l'exagération, mais là encore, l'objectif premier n'est de toute évidence que de distraire purement et simplement le lecteur. C'est un succès. De plus, l'auteur ajoute à tout son joyeux bordel une nouvelle couche de surréalisme avec la "Brigade de la Mort", dont vous imaginez aisément l'ampleur du champ d'action à la lecture du synopsis ci-dessus. Ça fait peur, pas vrai ?
Si cette série est agréable à lire, c'est également grâce à sa réalisation. Bien qu'on ne puisse pas dire que le character design de Hideki Ôwada fasse des étincelles, on lui reconnaît en revanche un sens pratique du découpage et un certain talent dans le rendu du dynamisme des planches. De plus, de par la nombreuse utilisation des trames autocollantes, chacune d'entre elles semble très remplie, malgré parfois un vide apparent au niveau des décors. Rusés, ces mangaka...
Ce premier volume de Keishicho 24 tient éveillé tout le long de ses 200 pages, et c'est déjà pas mal. Même si les situations sont drôles et bien agencées, il manque malgré tout un petit quelque chose qui en ferait un super hit en puissance, comme l'a été par exemple GTO, le manga de Tôru Fujisawa mettant également en scène un héros casse-cou prêt à tout pour aller jusqu'au bout de ses convictions. Qui a dit le charisme du personnage central ? ADAPTATION FRANÇAISEL'édition française proposée par Kurokawa s'en sort globalement plutôt bien. Le lettrage par exemple a été fait sans anicroche particulier. Contrairement aux autres titres publiés par l'éditeur, les onomatopées ne sont pas retouchées cette fois-ci, on a simplement droit à une traduction près des originales (avec un certain effort d'harmonisation dans le style). Sûrement une exigence de l'auteur. Les retouches graphiques des panneaux sont correctes, même si un peu grossières parfois ("Brigade de la Mort" par exemple). La traduction quant à elle semble convenir, avec une adaptation en français parlé très convenable. Sens de lecture japonais, reliure souple, papier de bonne qualité, pages couleurs en début d'ouvrage et encrage relativement bon viennent clore cette partie de la chronique.
DU MÊME AUTEUR

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RYO14/10/2005 |
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